Union des Locataires de Saint-Gilles asbl

CORONAVIRUS

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SUITE AUX MESURES DE CONFINEMENT EN BELGIQUE, NOS PERMANENCES SONT SUSPENDUES JUSQU’À NOUVEL ORDRE.

NOUS PRIVILÉGIONS LE TÉLÉTRAVAIL ET RESTONS DISPONIBLES VIA MAIL OU TÉLÉPHONE (mail fortement conseillé)

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En cette période particulière prenez soin de vous. Protégez-vous et protégez les autres. L’équipe de l’ULSG.

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19 mai 2020

La haie de déshonneur continue: des internautes modifient leur photo de profil pour soutenir le personnel soignant

https://www.lesoir.be/301759/article/2020-05-19/la-haie-de-deshonneur-continue-des-internautes-modifient-leur-photo-de-profil

La haie de déshonneur continue: des internautes modifient leur photo de profil pour soutenir le personnel soignant
D.R.

Une centaine de membres du personnel soignant de l’hôpital Saint-Pierre ont formé une haie de déshonneur pour accueillir la Première ministre samedi. Ils ont profité de la venue de Sophie Wilmès pour affirmer leur mécontentement sur la gestion de la crise du coronavirus par le gouvernement.

Dans un message publié sur Facebook, la ministre fédérale de l’Energie Marie-Christine Marghem (MR), depuis lors recadrée à ce sujet par son président de parti, avait jugé la démarche des soignants « ridicule et politisée », et comparé ceux-ci à des « enfants qui n’ont pas ce qu’ils veulent ».

Coronavirus en Belgique: Sophie Wilmes a visité plusieurs hôpitaux de Bruxelles

Mais sur la toile, plusieurs internautes ont lancé un mouvement de soutien au personnel soignant : ils ont changé leur photo de profil Facebook pour une photo prise de dos. « Suite à la Haie de déshonneur pour Sophie Wilmès faite par le personnel de l’hôpital Saint-Pierre, je tourne moi aussi le dos au gouvernement en signe de protestation face à la situation des soins de santé, aux projets de réquisition du personnel et face à tous les manquements de ce gouvernement concernant leur gestion déplorable de la crise corona », peut-on par exemple lire sous la photo de profil d’une internaute.

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18 mai 2020

Les images du personnel soignant tournant le dos à Sophie Wilmès font le tour du monde

https://www.lesoir.be/301543/article/2020-05-18/les-images-du-personnel-soignant-tournant-le-dos-sophie-wilmes-font-le-tour-du

Les images du personnel soignant tournant le dos à Sophie Wilmès font le tour du monde
D.R.

Samedi, la Première ministre Sophie Wilmès a visité les hôpitaux Chirec-Delta et Saint-Pierre samedi pour témoigner de son soutien au personnel des soins de santé. L’accueil fut plutôt froid à l’hôpital, pour ne pas dire davantage, à l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles. 

Des membres du personnel de l’hôpital bruxellois ont organisé une haie d’honneur, le dos tourné, à Mme Wilmès et à sa délégation. Selon la CGSP, une centaine d’infirmiers, médecins, aides logistiques, personnel de nettoyage, administratifs, pompiers… ont pris part à cette action symbolique.

Les réactions internationales

SkyNews l’arrivée de Sophie Wilmès s’est déroulée « dans un silence assourdissant. »

La séquence s’est même propagée jusqu’au Japon où la chaîne de télévision internationale NHK World a diffusé la séquence.

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10 mai 2020

« C’est du papier à cigarette », Laurence dénonce la qualité des masques qu’elle a achetés au supermarché (vidéo)

https://soirmag.lesoir.be/299810/article/2020-05-09/cest-du-papier-cigarette-laurence-denonce-la-qualite-des-masques-quelle-achetes

C’est rassurée que Laurence a déposé sa boîte de masques jetables sur le tapis roulant d’une caisse de supermarchés. En ayant déboursé une trentaine d’euros pour 50 masques, Laurence se sent protégée à « moindre » coûts.

Mais qu’elle ne fut pas sa surprise en découvrant, une fois de retour chez elle, la qualité de ces fameux masques : « C’est du papier à cigarettes. Je ne sais pas si vous voyez, on voit vraiment au travers, ça ne ressemble à rien », confie-t-elle à RTL Info.

https://www.rtl.be/info/video/745334.aspx

Mais qu’elle ne fut pas sa surprise en découvrant, une fois de retour chez elle, la qualité de ces fameux masques : « C’est du papier à cigarettes. Je ne sais pas si vous voyez, on voit vraiment au travers, ça ne ressemble à rien », confie-t-elle à RTL Info.

Sur l’emballage, on lit pourtant que ces masques sont bien des masques chirurgicaux. Après avoir effectué quelques recherches cependant, Laurence apprend qu’il ne s’agit en réalité que de masques anti-poussières. « J’ai fait une petite recherche sur internet, puis j’ai trouvé que c’étaient des masques anti-poussières et non chirurgicaux, qui pouvaient protéger contre un microbe quelconque. C’est scandaleux. Nous sommes une fois de plus pris pour des pigeons. »

Pour reconnaître un masque de qualité, le consommateur devra être attentif à une série de critères cités sur le site de RTL info :

– Qu’ils soient de deux couleurs, afin de pouvoir connaître l’intérieur et l’extérieur, quand on le pose et qu’on le met sur le visage.

– Il faut également vérifier qu’il y ait la petite bandelette métallique, qui permet d’ajuster correctement le masque sur le nez.

– L’épaisseur du masque est également importante.

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02 mai 2020

"BUSINESS AS USUAL!!!"

Deux infos croustillantes à mettre en parallèle et qui éclairent bien la situation...

https://www.lesoir.be/298327/article/2020-05-02/coronavirus-la-belgique-exporte-des-masques-malgre-la-penurie-nationale

https://www.7sur7.be/belgique/saisie-de-5-000-masques-chirurgicaux-mis-illegalement-en-vente-a-tubize~a3edfe07/

Coronavirus: la Belgique exporte des masques malgré la pénurie nationale

Malgré les pénuries sur le plan national, la Belgique a accordé 284 licences depuis le 15 mars pour exporter des masques buccaux, des lunettes de protection et d’autres équipements de protection vers des pays hors de l’UE, révèle De Tijd samedi.

Une interdiction d’exportation des « équipements médicaux de protection individuelle » est en vigueur dans l’Union européenne depuis le 15 mars. Ce n’est que si un État membre donne son autorisation explicite qu’un tel envoi de masques buccaux ou d’autres protections peut traverser la frontière européenne.

En Belgique, le Service public fédéral Economie a été habilité à accorder ces licences d’exportation. Selon l’enquête du Tijd, 284 licences ont été délivrées depuis le 15 mars. Cela signifie qu’en moyenne six envois ont été exportés chaque jour depuis lors.

Plusieurs motifs

Selon la porte-parole du SPF Economie, Chantal De Pauw, la majorité, soit 116 licences, ont été délivrées sur la base « d’obligations contractuelles et commerciales ». Pour le reste, 103 permis ont été délivrés dans le cadre de l’« aide humanitaire », 56 concernaient des envois « intra-entreprise » et les neuf autres licences correspondaient à des « dons ou expéditions à des parents ».

Les détails des 284 envois, tels que les quantités, les entreprises qui étaient encore autorisées à exporter et les pays vers lesquels ils ont été envoyés n’ont pas été communiqués.

Monaco, par exemple, aurait toutefois réussi à acquérir de « nombreux » masques buccaux via la Belgique, à en croire le journal, citant une déclaration du ministre monégasque de la Santé Didier Gamerdinger d’il y a deux semaines. Il avait expliqué que la principauté ne parvenait plus à trouver des masques en mars et qu’elle avait mis en place un approvisionnement sécurisé. Il y aurait eu quelques-uns provenant de France, mais « beaucoup de Belgique ». D’après De Tijd, Monaco a déjà commencé à distribuer gratuitement des masques buccaux à ses habitants il y a deux semaines.

Saisie de 5.000 masques chirurgicaux mis illégalement en vente à Tubize

Une saisie de 5.000 masques chirurgicaux mis illégalement en vente a été opérée jeudi à Tubize, a-t-on appris vendredi auprès du parquet du Brabant wallon.

Des policiers de la zone de l'Ouest brabançon et des agents du Service public fédéral Economie ont mené une enquête conjointe, relative à la vente de divers objets, dont des masques chirurgicaux, sur le réseau social Facebook. Se rendant jeudi après-midi au domicile d'un Tubizien né en 1971, les enquêteurs y ont découvert 5.000 exemplaires qu'ils ont aussitôt saisis.

Le quadragénaire ne disposait d'aucune autorisation de commerce et se trouvait en infraction au regard de l'article 2 de l'arrêté ministériel, précise la porte-parole du parquet brabançon. Le suspect pourrait être condamné à payer une amende de 25.000 euros.

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Les experts planchent sur un plan de reconfinement

https://www.7sur7.be/belgique/les-experts-planchent-sur-un-plan-de-reconfinement~a581f214/

Le Groupe d’experts en charge du déconfinement (GEES) consécutif à l’épidémie de coronavirus travaille déjà à un plan de reconfinement, confie samedi sa présidente Erika Vlieghe dans les colonnes du Soir. Elle espère toutefois qu’il ne devra pas servir.

La cheffe du service des maladies infectieuses de l’hôpital universitaire d’Anvers estime qu’un rebond du coronavirus viendra. “Toute la question est de savoir quelle sera son ampleur. Il ne faut pas forcément l’attendre pour l’automne, il pourrait aussi survenir pendant l’été. Ce sera notre tâche d’être vigilants et de freiner l’enthousiasme de rouvrir la société trop rapidement. On a vu à quoi la première vague ressemblait. Il faut être préparés pour une deuxième, même si on va essayer de ne pas en arriver là.”

Il se pourrait donc que la Belgique puisse à nouveau être confinée. Les experts travaillent d’ailleurs déjà sur un plan de reconfinement, en espérant qu’il ne serve pas. “Mais un rebond n’arrivera pas d’un jour à l’autre: on le verra venir. Il est aussi possible qu’il y ait un rebond à un endroit précis, qui nécessitera une approche spécifique. Bref, il y a de très nombreux scénarios. Certains pays qui ont déconfiné de manière plus ou moins enthousiaste ont dû faire marche arrière, comme le Japon, Taïwan, Singapour.”

“Des mesures plus drastiques à la chinoise sont possibles”

Yves Van Laethem, infectiologue au CHU Saint-Pierre et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, confirme qu’un deuxième confinement pourrait être envisagé. “Si les choses redémarrent fort, un confinement et des mesures bien plus drastiques à la chinoise sont possibles”, prévient-il dans les journaux du groupe Sudpresse. “Je pense que, si les gens voient à nouveau une hausse de décès et les hôpitaux qui se remplissent, ils respecteront les nouvelles mesures.”

La question des vacances est par ailleurs encore à l’examen, dit Erika Vlieghe. “L’été, on pourrait imaginer de prendre des vacances dans notre pays. Mais cela doit aussi s’organiser. On ne peut pas envoyer tout le monde sur la plage ou dans les Ardennes en même temps.”

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29 avril 2020

Un médecin urgentiste : "je ne supporte pas les gens qui applaudissent les soignants"

https://www.levif.be/actualite/belgique/un-medecin-urgentiste-je-ne-supporte-pas-les-gens-qui-applaudissent-les-soignants/article-opinion-1267195.html

Depuis mercredi, les Belges sont appelés à applaudir, tous les soirs à 20 heures, le personnel soignant, en première ligne dans la lutte contre la propagation du coronavirus. Face à ce soutien populaire, un médecin urgentiste liégeois a voulu pousser un "coup de gueule".

Un médecin urgentiste : "je ne supporte pas les gens qui applaudissent les soignants"© Belga

Je pense que je suis aigri, en mode lendemain de garde (24h d'affilée en ayant peu dormi). Mais globalement je ne supporte pas les gens qui applaudissent : les hôpitaux n'ont pas attendu le Covid-19 pour être dans la galère, en surbooking permanent.

Les services d'urgences n'ont pas attendu non plus d'être surchargés, en manque de personnel (infirmier.es surtout), dans des locaux vétustes ou sous-dimensionnés. Que Saint-Pierre doive faire la manche pour avoir des respirateurs, c'est une honte totale !

On est où ? MSF va débarquer ? Une bonne partie des gens qui applaudissent, votent chaque année pour les connards qui diminuent les budgets, font des hashtags #keepsophie en oubliant qu'elle a été ministre du Budget d'un gouvernement qui a retiré plusieurs milliards d'euros dans les soins de santé.

Et soi-disant, ils ont peur parce qu'on risque nos vies ?! Les gens qui font des pauses et des boulots stressants par manque de moyens ne meurent pas d'infection. Ils meurent de leur boulot aux cadences infernales en perdant 10-15-20 ans d'espérance de vie.

Donc merci quand même pour vos applaudissements, mais ça fait des années que le personnel hospitalier travaille dans des conditions de merde et se nique la santé en faisant son job du mieux possible.

La prochaine fois que vous voyez des manifestations pour refinancer les soins de santé, soutenez-nous.

Et quand vous retournerez glisser un bulletin dans l'urne, réfléchissez-y à deux fois!

Antoine Dumont médecin assistant aux urgences à Liège, cosigné par Mathilde Dumont infirmière SIAMU aux urgences à Bruxelles

PS : Si vous applaudissez à 20h, pensez aussi à tous les travailleurs de la grande distribution, les crèches, les éboueurs, eux ils n'avaient pas signé pour ça à la base et ils sont très mal payés.

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27 avril 2020

[FEUILLETON] "L'injuste destin du Pangolin" : Le roman-feuilleton d'un confinement (quarante-et-unième jour)

https://www.rtbf.be/lapremiere/emissions/detail_entrez-sans-frapper/accueil/article_feuilleton-l-injuste-destin-du-pangolin-le-roman-feuilleton-d-un-confinement-quarante-et-unieme-jour?id=10490368&programId=8521

Entrez sans Frapper vous propose un roman-feuilleton sous forme de cadavre exquis, intitulé "L’injuste destin du Pangolin". Chaque jour, un chroniqueur différent (Adeline Dieudonné, Myriam Leroy, Sébastien Ministru, Eric Russon et Jérôme Colin) vous livre son épisode. 

L'injuste destin du Pangolin - Épisode 29_RTBFbe_2020_04_27_14_07 from ULSG on Vimeo.

Episode 29

L’injuste destin du pangolin – Vendredi 24 avril - Le quarante-et-unième jour.

Léa a dit à Antoine : Coupe la musique s’il te plait... Ca commence...
Antoine s’est exécuté.

Le conseil national de sécurité était prévu à 17 heures. Antoine et Léa se sont installés devant la télévision. Ils ont regardé, hébétés, les journalistes remplir un espace vide durant une heure. Puis deux. Puis trois. Las, ils ont craqué et ont fait l’amour. Après avoir joui, ils ont jeté un coup d’oeil à la télé. Thomas Gadisseux expliquait que le conseil attendait probablement la fin d’une série flamande pour débuter la conférence de presse.

Elle lui a demandé comme elle l’avait déjà fait la veille : "Dis, tu voudrais vivre avec moi après tout ça". Et comme la veille, il lui avait dit : "Tu le sauras plus tard, il faut savoir patienter dans la vie".

En bas de l’écran, une caméra fixe montrait des voitures allemandes garées dans la cour du palais d’Egmond. Antoine s’est énervé. “T’as vu ces connards avec leurs phares et leurs moteurs allumés... On leur a dit pour le climat ? “

C’est vrai. En 2020, l’image avait quelque chose de vulgaire.

Il a enchaîné : “Et pour qui ils se prennent à nous faire attendre comme ça”. La question méritait en effet d’être posée. Dans tous les autres pays du monde, lorsqu’il devait s’adresser au peuple, le chef de l’Etat fixait un rendez-vous et apparaissait comme par magie à l’heure dite sur le petit écran. Partout dans le monde, oui. Mais pas chez nous. Non, chez nous, comme si de rien n’était, le conseil faisait, à sa guise, attendre onze millions de personnes. Il y avait deux explications possibles à cela : soit ils ne savaient pas que nous existions. Soit ils le savaient mais ils s’en foutaient parce que c’étaient eux, les élus. Et pas nous.

Antoine s’est demandé : quelle image ont-ils d’eux-mêmes, ces gens-là, pour s’octroyer le droit de faire attendre 11 millions de personnes ?

Les membres du comité sont enfin arrivés et se sont installés en rang d’oignon. La photo était banale. Il y avait de toute évidence une carence en charisme.

La première ministre, fardes à la main, a dit : Bonsoir mesdames et messieurs... Puis, elle a commencé à déballer son discours.

- Y’a rien qui te choque, a dit Antoine ?

- Non ! A part sa coiffure, rien, non...

- Mais elle ne s’est même pas excusée ! Elle a fait attendre 11 millions de personnes pendant plus de 5 heures. Elle a pris les médias en otage. Elle arrive et elle n’a pas un mot à ce sujet ! Moi au moins, si j’arrivais en retard comme ça, si j’avais fait patienter les gens cinq heures trente, je m’excuserais. Je dirais, je sais pas moi : excusez moi de vous avoir fait patienter... Alors que moi, j’ai pas Bac + 7. Je suis garagiste, moi. Mais je sais ça. Que quand on fait attendre quelqu’un, on s’excuse. Et quand on fait attendre onze millions de personnes, on s’excuse d’autant plus.

Et puis, il a ajouté : quel pays fait une communication de cette importance à 22h35 ? A part nous ?

Léa n’a pas relevé. Alors, il a répondu à sa propre question :

- A part nous, aucun.

Léa, ça lui plaisait, qu’Antoine s’énerve comme ça sur tout. Elle en était incapable. On lui avait appris depuis toute petite à ne pas rouspéter. A bien se tenir dans le rang. A obéir sans broncher. Alors, s’indigner était une éventualité qui ne lui passait jamais par la tête.

Et puis, il y a eu les annonces. Les trois phases.

La phrase malheureuse sur le kayak.

L’impasse malheureuse sur le confinement des aînés, les maisons de retraite, les pauvres.

La priorité malheureuse donnée à l’ouverture des magasins plutôt qu’à la fête de nos mamans.

Mais c’est normal, a dit Léa. Tu t’imagines tous ces commerçants ? Ils sont en train de crever. Il faut que les gens travaillent s’ils veulent mettre à bouffer sur la table à la fin du jour.

Antoine le comprenait. Mais il enrageait de tant de froideur. De contrôle. D'absence absolue d’empathie. Dans un discours qui aurait pourtant dû en déborder.

- De toute façon, y’ a toujours des trucs qui vont pas avec toi !

- Oui ! Parce que c’est le cas, Léa, y’a des trucs qui ne vont pas. Tu sais c’est quoi le problème ?

Le problème, c’est d’avoir une voiture de société et de laisser tourner le moteur alors qu’on en crève.

Le problème, c’est d’arriver cinq heures en retard et ne pas même avoir l’élégance de s’excuser.

Le problème, c’est l’inélégance.

Le problème, c’est de savoir dire le mot kayak, mais être incapable de parler des maisons de repos.

Le problème, c’est d’avoir menti sur les masques et de désormais dire à la population qu’un bandana fera l’affaire. Sans avoir le courage d’avouer qu’on a menti.

Le problème, c’est le manque de courage. Le problème, c’est le mensonge.

Le problème, c’est d’annoncer l’ouverture des merceries parce que l’Etat est incapable de subvenir aux besoins de sa population. Mais sans l’avouer. En le dissimulant.

Le problème, c’est leur incapacité à accepter qu’ils sont eux aussi faillibles.

Le problème, c’est d’annoncer 10.000 tests par jour, de ne jamais atteindre ce chiffre et oser sans sourciller annoncer que nous arriverons bientôt à 25.000.

Le problème, c’est la démagogie.

Le problème, c’est quand on vit dans un monde où l’on croit que tout le monde sait ce que B to B veut dire.

Le problème, c’est le vase clos.

Le problème, c’est l’électoralisme. C’est ce besoin carnassier, dès qu’on a connu le pouvoir, de vouloir le garder.

Le problème, c’est la carrière. Qui empêche tout.

Le problème, c’est de ne pas savoir que ça n’existe pas, chez nous, des classes de 48 mètres carrés.

Le problème, c’est d’oser appeler “rentrée des classes”, une rentrée qui n’en est pas une puisqu’elle ne va concerner qu’une infime partie des élèves, un jour ou deux par semaine.

Le problème, c’est de préférer ouvrir Vanden Borre plutôt que célébrer la fête des mères.

Le problème, c’est la vulgarité.

Le problème, c’est oser dire que l’on va reculer la fête des mères d’une semaine pour qu’on puisse acheter des fleurs.

Le problème, c’est de croire que la Fête des mères c’est acheter des fleurs. Et ignorer que c’est avant tout prendre la personne la plus chère du monde dans les bras et lui susurrer à l’oreille combien tu l’aimes.

Le problème, c’est le costume. Quand on voit à l’oeil nu que pour certains, il est trop grand.

Le problème, c’est la communication. C’est s’offrir en spectacle pour mimer l’unité alors qu’en réalité, on se déchire.

Le problème, c’est le spectacle.

Le problème, c’est la dissimulation.

Le problème, c’est de penser sans profondeur, puis de parler avec autant d’assurance.

Le problème, c’est d’avoir oublié ou de n’avoir jamais su comment les autres vivent...

Léa écoutait Antoine. Il y a eu un silence. Elle a dit : On peut réécouter de la musique ?

- Laquelle, a demandé Antoine ?

- Celle de tout à l’heure...

(il remet la musique)

Celle-là ?

Oui !

C’est quoi ?

C’est la musique d’un film...

Ah oui... lequel ?

...

- Le mépris !

 

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Carte blanche: le Laboratoire hospitalier universitaire de Bruxelles «consterné par la gestion gouvernementale des tests»

https://www.lesoir.be/297269/article/2020-04-27/carte-blanche-le-laboratoire-hospitalier-universitaire-de-bruxelles-consterne

Carte blanche: le Laboratoire hospitalier universitaire de Bruxelles «consterné par la gestion gouvernementale des tests»
Photo News.

Monsieur le Ministre De Backer,

Fin 2019, un virus inconnu émerge à Wuhan, Chine. Rapidement identifié comme une nouvelle souche de Coronavirus, il déclenche en quelques semaines une épidémie en Asie puis une pandémie mortelle à l’échelle planétaire.

Début mars, la crise sanitaire touche toute l’Europe. Tandis qu’en Allemagne, 90 laboratoires dépistent le Covid-19, la Belgique centralise cette recherche sur un unique centre de référence à l’UZ Leuven. Devant l’ampleur de la crise, quelques laboratoires de biologie clinique développent, sans autorisation, le test diagnostique par PCR. Ces initiatives locales seront bénéfiques : dès le 17 mars, le confinement est décrété par le gouvernement et le laboratoire de référence, débordé, ne peut plus répondre aux demandes qui émanent de toutes les provinces.

A ce moment, sans être informés de la finalité, les laboratoires du pays sont consultés sur leur capacité d’analyse présente et future. On comprendra par la suite que cette enquête vise à développer une stratégie de dépistage plus large ; que la « Task Force Testing » conclut, sans revenir vers eux, que les laboratoires de biologie clinique ne peuvent répondre aux besoins (2) et décide de miser sur l’utilisation d’une méthode ancienne remise en lumière par l’UNamur. Libre des contraintes d’approvisionnement en réactifs commerciaux mais peu automatisée, cette technique est déployée – avec difficulté – sur différentes plateformes académiques pleines de bonne volonté mais sans expérience en médecine de laboratoire de masse. Comme on pouvait s’y attendre, ces laboratoires n’atteindront jamais les capacités de test promises dans les communiqués.

Labos en sous-capacité

Quelques jours plus tard, début avril, on apprend incidemment mais avec stupeur que les principales industries pharmaceutiques du pays vont être impliquées dans le diagnostic. Des fournisseurs annoncent à leurs clients – des laboratoires médicaux et de recherche – que leurs appareils à PCR vont être réquisitionnés et mis à disposition d’une nouvelle structure de dépistage massif. Vous annoncez alors dans la presse des chiffres impressionnants : 10.000, 20.000, 100.000 tests journaliers qui seront réalisés par ce consortium composé de 2 laboratoires universitaires (UZ Leuven et ULiège) et 4 partenaires industriels (Biogazelle, GSK, J&J et UCB). Alors que notre laboratoire est à même de réaliser 1.000 tests par jour, les demandes émanant de nos 5 hôpitaux partenaires (CUB Hôpital Erasme, CHU Saint-Pierre, CHU Brugmann, Institut Bordet, Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola) et des Hôpitaux Iris Sud (Baron Lambert, Etterbeek-Ixelles, Bracops), plafonnent à 250, en raison des critères cliniques trop stricts émis par Sciensano.

Mi-avril, le pic épidémique est atteint dans notre pays. Alors que 150 laboratoires allemands effectuent plus de 50.000 tests quotidiens et que les décès dans les maisons de repos belges se comptent chaque jour par centaines, les tests réalisés en Belgique plafonnent à 6.000. Cependant, les laboratoires de biologie clinique de tout le pays restent, comme le nôtre, en sous-capacité, malgré leur implication. Nous apprenons dans les médias que la cause serait principalement due à des problèmes pré- et post-analytiques (réalisation et transport des frottis, encodage, inactivation du virus) (3). Cette constatation nous atterre car ces étapes sont précisément le coeur de métier des 205 laboratoires de biologie clinique du pays qui disposent, au contraire des industries pharmaceutiques, d’une expertise technique et logistique en la matière.

Absence de considération, manque de transparence

Il ne fait aucun doute que si l’on s’était appuyé sur ces laboratoires qui constituent un réseau décentralisé similaire à celui qui fait merveille en Allemagne plutôt que sur une énorme structure pour part sans expérience aucune en médecine de laboratoire, la capacité de dépistage en Belgique dépasserait largement cette cible des 10.000 par jour depuis longtemps. En effet, selon nos estimations, leur capacité journalière actuelle est de 14.000 tests. On peut imaginer qu’elle aurait été décuplée si votre soutien avait été placé à cet endroit plutôt que dans la construction de novo d’une structure parallèle. Il n’est pas trop tard pour réévaluer les apports de ces laboratoires dans la gestion future de la crise.

Monsieur le Ministre De Backer, sans nier l’énergie que vous déployez dans la lutte contre cette crise sanitaire, nous déplorons à la fois votre absence de considération pour les professionnels de santé qualifiés et reconnus que nous sommes, mais également votre manque de transparence et de communication en dehors des médias.

Nous abordons aujourd’hui la phase cruciale d’un déconfinement progressif où d’autres analyses de biologie clinique, les tests sérologiques, vont avoir une importance primordiale. Malheureusement, nous constatons déjà les mêmes travers dans votre gestion de cette nouvelle étape. Aussi nous permettons-nous d’insister vivement sur la nécessité de consulter les professionnels de terrain sans imposer de vision monolithique et de respecter, pour le bien de tous, notre expertise, notre indépendance et notre liberté médicale.

(1) Ir. Jean-Pierre Bousmanne, Françoise Brancart, Ing. François Bry, Dr. Brigitte Cantinieaux, Pr. Francis Corazza, Pr. Frédéric Cotton, Pr. Anne Demulder, Maud Dresselhuis, Pr. Béatrice Gulbis, Pr. Marie Hallin, Pr. Delphine Martiny, Olivier Roels, Ir. Nathan Ubfal, Pr. Olivier Vandenberg, Dr. Sigi Van Den Wijngaert, Ir. Jacques Vanderlinden

(2) CQFD (Ce Qui Fait Débat) – La Première RTBF – 21/04/2020 (www.rtbf.be/auvio/detail_cqfd-ce-qui-fait-debat?id=2626896)

(3) C’est pas tous les jours dimanche – RTL-TVI – 19/04/2020 (www.rtlplay.be/cest-pas-tous-les-jours-dimanche-p_8455/emission-du-19-04-20-c_12614515)

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23 avril 2020

Marolles : audacieux coup de filet ou violent abus policier ?

http://www.pave-marolles.be/marolles-audacieux-coup-de-filet-ou-violent-abus-policier/

Les médias n’en ont pas parlé. Et pourtant, il semble qu’un coup de filet de toute première importance ait eu lieu ce dimanche 19 avril dans les Marolles. Une vidéo postée sur Instagram et visionnée près de 50.000 fois témoigne qu’un déploiement policier digne d’un film hollywoodien s’est déroulé ce jour-là. Nous avons voulu en savoir plus.

Nous sommes rue des Tonneliers, dans la cité de logements sociaux Hellemans. Un homme est plaqué au sol, deux policiers assis sur lui, pendant que plusieurs de leurs collègues, munis de matraques, tiennent les voisins et les passants à l’écart. Par terre, un sac et une touffe de cheveux arrachés. Sur la vidéo, il manque le début de la scène, mais le plaquage au sol dure environ 5 minutes, alors que l’homme n’oppose aucune résistance. Finalement, il est menotté, mis à l’abri des regards, puis embarqué dans un fourgon. A cet instant, on dénombre pas moins de 29 agents et deux chiens policiers présents pour mener à bien cette arrestation. La plupart d’entre eux n’ont pas de gants et un seul est doté d’un masque.

Une autre vidéo, filmée au même moment depuis la place du Jeu de Balle, montre l’arrière-scène de cette opération : dans la rue de la Rasière, perpendiculaire, une dizaine de fourgons et voitures de police sont mobilisés et bloquent la voirie. « Ils sont arrivés toutes sirènes hurlantes », commente la personne qui a filmé, « ils sont restés 5-10 minutes maximum avant de tout remballer et de repartir aussi vite qu’ils étaient arrivés ». Il ne manque que l’hélicoptère et les autopompes pour parfaire le spectacle. 

On s’interroge sur ce qui a pu motiver un tel déploiement : le démantèlement d’une cellule terroriste tapie dans l’ombre, d’une importante cache de stupéfiants, d’un réseau de pédophiles, d’un laboratoire clandestin de chloroquine…? Sur les vidéos disponibles, il manque en effet le début de l’opération qui nous permettrait de comprendre pourquoi l’événement a pris une telle envergure. 

Alors, sur les réseaux sociaux, la scène suscite des réactions diverses. D’un côté, les commentaires rageurs de ceux qui y voient la parfaite illustration des situations disproportionnées et abusives vécues quotidiennement par des jeunes Bruxellois de quartiers populaires. De l’autre, les réflexions dubitatives de ceux qui supposent que l’homme devait être traqué de longue date ou avoir commis un délit grave, suscitant une précipitation telle que les forces de l’ordre en ont oublié l’importance d’enfiler leurs masques de protection et de respecter les gestes barrières. Car sinon, comment expliquer que des policiers prennent le risque de créer des attroupements, d’attiser la haine et la violence, à l’heure où les travailleurs sociaux sont absents du terrain, et une semaine à peine après qu’un contrôle de routine ait abouti à la mort du jeune Adil (19 ans) et à des émeutes à Anderlecht ? Comment expliquer que la police persiste à se comporter de la sorte, comme si elle n’avait pas pris conscience que dans le contexte actuel, une simple allumette suffit à embraser les quartiers denses dans lesquels la tension est particulièrement palpable ? Comment justifier que des policiers s’en prennent ainsi à des locataires sociaux pour qui le confinement est particulièrement étouffant, alors qu’à Woluwe-Saint-Lambert certains de leurs collègues s’affichent ostensiblement en train de danser avec des habitants qui ne respectent pas la distanciation physique ?

Dérapage

Pour en savoir plus, nous avons retrouvé la sœur de l’homme qui a mobilisé tant de policiers pour son arrestation. Elle s’appelle Olga, et son frère Kezy est âgé de 20 ans. Selon elle, il est environ 17 heures ce dimanche quand Kezy sort pour fumer une cigarette juste devant l’appartement familial situé au rez-de-chaussée de la rue des Tonneliers, l’une de ces ruelles privatives de la cité Hellemans peu fréquentées si ce n’est par ses habitants. Kezy ne sort jamais loin, et seulement à des horaires précis : il porte depuis décembre un bracelet électronique qui doit lui être retiré ce jeudi 23 avril. Vers 17h15, un véhicule de police s’arrête rue de la Rasière, quatre agents en descendent et encerclent Kezy pour le contrôler. Mais sa carte d’identité est restée à l’intérieur. Embrouille, coup de poing au visage de Kezy, altercation, plaquage au sol, sac jeté à terre, arrachage de cheveux. Les agents, se rendant compte qu’ils sont “dans un quartier chaud”, appellent du renfort. Les vidéos nous montrent la suite… 

Kezy est ensuite emmené au commissariat central de Bruxelles. La police refuse à sa famille de l’accompagner et justifie son intervention musclée par le refus de coopérer de Kezy. “J’ai dit que ce n’est pas normal qu’ils aient arraché des cheveux de mon frère, ils m’ont répondu que ça peut arriver, que les cheveux s’attachent aux équipements des policiers.” 

Deux à trois heures plus tard, Kezy est libéré et rentre à la maison. Dans l’intervalle, des vidéos de l’opération ont été postées sur les réseaux sociaux et visionnées des dizaines de milliers de fois, bien qu’Instagram ait bloqué la possibilité de les partager.

Les étonnants allers-retours de la police

Mais revenons au témoignage d’Olga, car l’histoire n’est pas finie. Dans la soirée de dimanche, poursuit-elle, une autre patrouille de police procède à un contrôle beaucoup moins spectaculaire dans la cité Hellemans. Deux agents viennent alors voir Kezy et lui expliquent que son tort a été de rester statique devant son appartement lorsqu’il fumait sa cigarette, et qu’en période de confinement il faut être mobile lorsqu’on est dans l’espace public. Confirmant que l’opération s’inscrivait dans l’application des règles de confinement, ils ajoutent toutefois réprouver la tournure qu’a pris le contrôle, et précisent à Kezy qu’il est en droit de porter plainte.

Le lendemain, vers midi, deux autres agents se présentent à l’appartement familial. Kezy est absent, il est parti faire un tour dans la limite du périmètre et des horaires qui lui sont autorisés. Les policiers disent à sa famille qu’ils sont venus lui présenter des excuses, puis repartent. De retour chez lui, Kezy discute avec sa famille et décide d’aller porter plainte. Vers 14 heures, il part vers l’hôpital pour y faire constater les séquelles du contrôle de la veille : coup à la joue, plaies à la tête, douleur à la cheville. Mais il revient un quart d’heure plus tard, essoufflé et anxieux : “il nous a dit avoir rencontré des policiers qui l’ont menacé de lui retirer son bracelet électronique et de l’envoyer à la prison de Saint-Gilles.” Et de fait, une patrouille de police ne tarde pas à arriver, une nouvelle fois, parmi laquelle les deux agents venus quelques heures plus tôt « présenter leurs excuses ». A l’intérieur de l’appartement, Kezy téléphone aux agents du Centre de surveillance électronique chargés de vérifier ses déplacements via son bracelet. Ceux-ci lui disent n’avoir constaté aucun écart de sa part et ne rien lui reprocher. Mais pendant ce temps, les policiers ont grimpé sur le balcon et donnent des coups dans la porte de l’appartement. Kezy se laisse donc arrêter.

Un jour plus tard, à l’heure d’écrire ces lignes, sa famille ignore encore où il a été emmené et pour quelle raison.

Gwenaël Breës


Mise-à-jour : un article de « L’Avenir » publié ce mardi évoque le sujet. On peut notamment y lire la réaction de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles, qui confirme que l’épisode s’est déroulé « dans le cadre d’un contrôle du respect des mesures Covid-19 ». L’important déploiement de fourgons est justifié par « la venue de plusieurs personnes qui voulaient s’immiscer dans l’intervention ». Les vidéos de l’opération montent pourtant qu’il n’y a que quelques voisins autour des policiers, que certains filment la scène mais ne font manifestement preuve d’aucune violence physique.

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21 avril 2020

Pour un confinement durable de l’économie

https://www.lalibre.be/economie/decideurs-chroniqueurs/pour-un-confinement-durable-de-l-economie-5e9ea3ee9978e21833a0f4d7

Pour un confinement durable de l’économie

Publié le 21-04-2020 à 09h52 - Mis à jour le 21-04-2020 à 09h52

Une chronique signée Paul Yves Poumay - Economiste - Art World Institute ASBL

Les politiciens de tous bords et de tous lieux nous expriment leurs vœux sincères pour un retour rapide « à la normale » … mais la normale ne se définirait-elle pas par un arrêt partiel des activités économiques humaines plutôt que par la reprise effrénée d’une croissance impossible dans un monde fini ? 

Le confinement nous a appris à redéfinir les activités essentielles et les priorités, pourquoi ne pas approfondir ces réflexions sur le long terme ? 

Aujourd’hui, si le COVID-19 préoccupe l’humanité entière, il pourrait aussi devenir notre meilleur allié pour changer la société. En un bref espace-temps, nos relations aux autres, à la nature et au quotidien ont été profondément modifiées. 

Cet arrêt partiel de l’économie mondiale, totalement inimaginable il y a peu de temps encore, permet d’envisager tant d’améliorations fondamentales : climat, pollution, gaspillage, sur prédation, … L’homme doit entamer un nouveau dialogue avec son environnement et se préoccuper prioritairement de toutes les injustices sociales au niveau mondial.

Même la petite Greta n’a plus besoin de sortir dans la rue pour manifester son indignation. Sans aucun média, un virus microscopique se charge du travail.

Poser la question serait certainement y répondre mais nous avons aujourd’hui le choix … faut-il sauver l’économie « système construit par une minorité, pour une minorité mais s’imposant à tous » ou plutôt l’humanité avec la terre et ses composantes « la source de nos vies » ? Par crainte de la mort, même les plus grands supporters du capitalisme choisissent le confinement pour conserver la vie. Bien sûr, la pandémie touche brutalement et sévèrement notre société mais elle représente surtout une opportunité unique pour redessiner l’organisation mondiale. Il n’est pas question de sauver un pays ou un continent mais bien le monde ! Quand l’élite pense et écrit que pour sauver l’Europe il faudrait ceci ou cela, cette élite propage encore une pensée bien archaïque face à la mondialisation qui affecte notre civilisation. 

Ecouter des économistes renommés se gargariser d’idéologies bienpensantes et aspirer à ce que le covid19 induise un changement de société pour, dans la même foulée, espérer que la population travaillera en juillet et en aout afin de rattraper le déficit de croissance lié au confinement, synthétise parfaitement l’incapacité intellectuelle à changer le cadre de pensée dominant qui ramène invariablement la société au capital, à l’endettement et à la croissance. La solution ne viendra probablement pas de ceux qui dirigent actuellement le système ! 

Par l’absurde, pour répondre en termes économiques au problème de la dette générée par l’inactivité liée au confinement, cherchons la réponse : quel est le coût réel de production de la création de cette monnaie-dette ? D’après la banque centrale à Frankfort, produire 500 milliards d’euros en coupures de 500 euros coûterait environ 100 millions d’euros. Si le capitalisme nous apprend à tout exprimer en fonction du coût de production, faisons de même avec la monnaie. Produire de l’argent ne coûte presque rien mais c’est son usage et sa répartition qui posent des problèmes. 

L’homme s’est écarté du retour annuel des saisons et du rythme de la nature en consommant plus que ce que la terre ne produit. En effet, « grâce » à l’argent, sans aucune valeur intrinsèque, ses mirages consuméristes et son pouvoir d’agir, certains hommes sont capables de tout détruire. L’argent, même et peut-être surtout en période de pandémie, permet des absurdités absolues. Pensons à l’avion chargé de masques à destination de la France et qui finalement s’est envolé vers les EU pour répondre à la quête de profits d’opérateurs isolés. Ce profit, mobile dominant du capitalisme, prévaudrait donc sur le respect des engagements et le bien commun. 

Puisque l’homme semble incapable d’utiliser l’argent avec raison, il faudrait ajouter à cet élément un « limitateur » individuel. En effet, quelle que soit la fortune dont une entité pourrait faire usage, rien et certainement pas l’argent, ne devrait autoriser celle-ci à détenir plus de droits qu’une autre pour détruire ou exploiter le bien commun aux motifs de croissance, de profits divers ou d’emplois, … 

J’en reviens à des idées déjà évoquées que sont le contingentement avec la déclaration annuelle de CO2 ainsi qu’à l’équivalence universelle de la monnaie. Pour le contingentement, nous devrions tous être limité au fait de notre existence et non de nos fortunes diverses quant à nos droits de consommations. En créant le compteur de CO2, celui-ci enregistrerait le comportement individuel de chaque individu qui devrait introduire sa déclaration annuelle de CO2 plutôt qu’une déclaration de revenus que l’ingénierie fiscale permet aux plus fortunés d’éluder. Quant à l’équivalence universelle de l’argent, la mondialisation étant un fait, il est intellectuellement insupportable d’accepter que l’argent puisse disposer de plus ou moins de valeur selon l’origine de son émission… sauf à penser que des vies seraient plus importantes que d’autres. 

L’épisode Covid-19 devrait calmer durablement l’activité humaine. Si l’homme n’interprète pas les signaux de la nature, celle-ci se chargera de reprendre la main car, comme la mort, la nature ne se préoccupera jamais du pouvoir illusoire d’une monnaie quelconque. 

Chaque vivant en général, qu’il soit migrant, russe, chinois, africain, européen ou américain devrait pouvoir disposer des mêmes droits par rapport à des conditions « minimum » de vie (logement, santé, éducation, nourriture, revenus de base…). 

Tous les besoins réputés non essentiels, créés par des individus mus par le seul profit, où le bien-être d’une personne s’exprimerait par la somme de ses possessions matérielles … tout en permettant une comparaison avec ses pairs (en effet, posséder plus qu’un autre, sans avoir la possibilité de comparer ses possessions, manquerait d’attrait) devraient être strictement limités. La société capitaliste fait rêver de moins-en-moins de gens et, comme après une grosse cuite, c’est la gueule de bois … Voilà ce qui nous attend ! 

Pour moi, chaque individu, quel que soit sa localisation, son statut, sa race, son genre ou sa religion, devrait disposer d’un quota de CO2 incessible et intransmissible. La liberté individuelle permettant à chacun d’utiliser celui-ci comme bon lui semblerait. Toutefois, en choisissant de consommer du CO2 avec un véhicule polluant ou en mangeant des aliments venus de l’autre bout de la terre, il me restera moins de CO2 pour envisager des vacances… 

Imposer une déclaration annuelle de CO2, contraignante, afin de limiter les dégradations actuelles de nos cadres de vies, semblerait une première étape urgente pour rétablir et pérenniser une humanité plus juste et plus durable pour tous. 

Nous vivons grâce à l’eau, l’air, la terre et ses ressources. Après cet épisode viral et son confinement physique, il faudrait confisquer partiellement le pouvoir destructeur lié à l’argent en imposant un confinement économique de longue durée afin d’amorcer l’avènement d’une nouvelle organisation mondiale mieux équilibrée et plus respectueuse de toutes les composantes terrestres afin de créer une société qui procurerait un maximum de bien-être à un maximum de vivants. 

 

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20 avril 2020

COVID-19 : LE PLUS MAUVAIS PRÉSIDENT DE L'HISTOIRE

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Petit traité de confinement à l’usage des réfractaires (de Belgique et d’ailleurs)

https://blogs.mediapart.fr/le-moral-necessaire/blog/060420/petit-traite-de-confinement-l-usage-des-refractaires-de-belgique-et-d-ailleurs

Vu de Bruxelles, le récit de trois semaines où nos vies ont basculé dans une hallucination collective, dans les prémisses d’une société de la « distanciation sociale ». Trois semaines entre « pouvoirs spéciaux », impréparation et gestion criminelle de la crise sanitaire, au bout desquelles la colère, elle aussi, pourrait devenir virale.

Le 5 avril, la famille royale belge envoie ses vœux à la population ("Courage, ensemble nous sommes forts") depuis son domaine de 186 hectares, dont la superficie dépasse celle de certaines communes de la région bruxelloise.
Le 5 avril, la famille royale belge envoie ses vœux à la population ("Courage, ensemble nous sommes forts") depuis son domaine de 186 hectares, dont la superficie dépasse celle de certaines communes de la région bruxelloise.

C’est une image. Celle d’un ermite qui terminait son hibernation, celle d’un auteur plongé dans l’écriture de son livre, d’un étudiant en blocus intensif, ou de n’importe qui d’autre qui se serait accordé quelques jours de retrait du monde, puis qui, sentant l’arrivée du printemps, serait ressorti de chez lui et aurait découvert les rues de Bruxelles ensoleillées, vidées de leur frénésie habituelle, où l’air n’avait jamais été si peu pollué et où le bruit des moteurs avait fait place au chant des oiseaux… Les magnolias étaient en fleurs. Quelques files d’humains aux visages parfois terrifiés et masqués, tapaient le pavé en attendant d’entrer dans les pharmacies ou dans les rares commerces ouverts, où les attendaient des rayons vidés de certains produits de base. Pour le reste, l’espace public était occupé principalement par des groupes sociaux habituellement peu visibles, auxquels des bénévoles distribuaient de la nourriture en tentant vaille que vaille de leur trouver des places dans des centres d’accueil…

C’est à un passé lointain que semblait déjà appartenir ce qui constituait nos existences quelques jours plus tôt... Nous étions alors fin février et les dangers du virus semblaient éloignés, quatre mois après son apparition sur le marché aux animaux de Wuhan. Le 28 février, notre Ministre de la Santé publique qualifiait encore des médecins l’alertant sur le Covid-19 de « drama queens » (« tragédiennes »), même si l’Italie venait de confiner dix villes du nord. Dans les premiers jours de mars, plusieurs pays avaient commencé à interdire les rassemblements de plus de 1000 personnes, puis de 100 personnes. Le 12 mars, confirmant des études publiées deux semaines auparavant, l’Organisation Mondiale de la Santé cessait de parler d’épidémie et décrétait l’état de pandémie. Et d’un coup, tout ou presque a fermé, des écoles aux bars, des cinémas aux lieux publics. Seuls sont restés les magasins d’alimentation et les entreprises « essentielles ». Impossible d’ignorer le mot d’ordre. À la place des habituelles publicités pour des voitures, des vêtements ou des voyages, les bornes publicitaires JCDecaux arboraient des affiches du gouvernement : « #stayhome »« #flattenthecurve »« #jesuischezmoi »« Tous ensemble contre le Covid-19 »

En un temps record, la nécessité du confinement s’est imposée même aux plus sceptiques. Le puissant déni dans lequel s’était enfermé l’État était devenu patent. Face à la logique économique qui cherchait à maintenir un maximum de secteurs en activité, on a été nombreux à défendre le confinement comme un acte de solidarité envers les plus exposés, le prix à payer pour éviter l’engorgement du système hospitalier. Mais les questions et les craintes légitimes, on a eu à peine le temps de se les poser. L’urgence sanitaire pesait de tout son poids dans la balance. Pourtant, ça fait mal d’obéir sans résistance à des mesures inouïes de suspension de nos libertés civiles fondamentales, imposées avec une rapidité et une facilité déconcertantes.

#JeResteàLaMaison... à regarder passivement le désastre ?

Dans un premier temps, on a pensé qu’il s’agirait de faire le gros dos pendant quelques temps, en attendant que ça passe. Le confinement allait durer trois semaines, nous précisait-on. Alors on est resté chez soi, comme un tiers de l’humanité, à réorganiser vaille que vaille son quotidien. Passée la surprise et la panique des boulots tombés à l’eau, des revenus pas assurés, des projets et des rendez-vous annulés, des cyber-réunions censées gérer urgences et incertitudes, de la mise au chômage technique, certains avaient tenté de répondre à la consigne de l’enseignement en ligne ou du télé-travail malgré l’improvisation générale en la matière, et pour certains les enfants dont il fallait s’occuper en même temps.

Le reste avait instantanément suivi : festivals, cinéma, concerts, théâtre, thérapie, yoga, sport, karaoké, apéros… un grand nombre d’activités (sociales, culturelles, commerciales et même militantes) s’était transféré en ligne, dans les mailles notamment des réseaux sociaux et de leurs algorithmes. Les tenants des technologies numériques ne se tenaient plus. Les serveurs saturaient. L’action de Netflix s’envolait. L’argent liquide se voyait banni de certains commerces. Soudain, les opérateurs de télécommunications cartographiaient sans complexe les déplacements des Belges pour vérifier s’ils respectaient bien le confinement. Un de ces opérateurs déploya même une 5G light dans certaines parties du pays, prenant tout le monde de court et imposant une situation de fait accompli censée pousser la Région bruxelloise à adapter ses « normes d'émissions trop strictes »… La « distanciation sociale » était une véritable aubaine, capable de précipiter la société vers le tout-virtuel, et larguant brutalement au passage ceux qui, à défaut d’avoir une connexion internet, un smartphone ou une carte de crédit, se voyaient d’autant plus exclus de l’accès à l’information, aux services et même à la sacro-sainte consommation.

Tout était allé très vite. Pendant la première semaine, bon nombre de confinés, cherchant à dissiper la confusion ambiante et à trouver des prises pour penser les questions posées par le virus, se sont retrouvés les yeux rivés sur des fils d’actualités faisant tourner en continu le compteur des décès. Transformés en scrolleurs éberlués tentant d’opérer un tri dans dans une déferlante incessante d’informations hallucinantes et fragmentées, ils avaient pu voir, par exemple, les États-Unis tenter de mettre la main sur un laboratoire allemand travaillant sur un vaccin puis importer fièrement 500.000 kits de tests d’Italie au moment où la péninsule était devenue le principal foyer mondial de la pandémie ; la République tchèque substituer à l’Italie 650.000 masques de protection transitant par son territoire, tandis que la France et l’Allemagne ne faisaient que refuser de partager leurs stocks avec la péninsule, et que des aides en personnel et en matériel médical y étaient envoyées de Cuba, de Chine et de Russie… Ils avaient pu entendre l’Union européenne se taire dans toutes les langues, pendant que sa Banque centrale débloquait 750 milliards d’euros pour « rassurer les marchés » au lieu de soutenir l’économie réelle. Entendre le président français déclarer martialement l’entrée « en guerre » de nos pays contre le virus, comme s’il s’agissait de traquer un ennemi intérieur, alors que c’était à une guerre logistique qu’on assistait, opposant des pays développés incapables de faire face à la situation, s’entre-déchirant pour obtenir des équipements de protection ou la paternité de médicaments et vaccins.

Une « guerre » capable de provoquer la fermeture des frontières, l’effacement des parlements, l’installation de mesures d’« exception » (dont certains ont immédiatement œuvré pour obtenir la « prolongation illimitée », à l’instar du Premier ministre hongrois)... et qui avait même réussi à doter la Belgique d’un gouvernement après 10 mois d’affaires courantes et de négociations politiques infructueuses ! Certes provisoire, ce « gouvernement Corona » relevait d’une quasi union nationale qui l’avait doté des « pouvoirs spéciaux ». Il avait le soutien d’un très large éventail de forces politiques, à quelques exceptions près dont celle des partis nationalistes flamands (les plus importants du pays en nombre de voix), qui avaient préféré rester en embuscade. Le gouvernement soignait sa communication et avait d’emblée porté au pinacle le personnel soignant, à qui il offrait en guise de gage de confiance une équipe ministérielle composée de professionnels de la « restructuration » des soins de santé. À sa tête : la première femme Première ministre du pays, dont le caractère calme et rassurant plaisait à une partie de la population, même si elle justifiait les coupes draconiennes dans le domaine de la Santé (902 millions d’euros !), lorsqu’elle occupait auparavant le poste de Ministre du Budget, en évoquant le « manque d'efficience » et la « surcapacité dans l'offre » des hôpitaux… Et au poste clef de la Santé : la ministre qui s’employait depuis six ans, avec une dévotion presque touchante, à réaliser méthodiquement « des réformes et des économies, non pas à la hache, mais au scalpel fin » pour « contribuer à l’équilibre budgétaire. » Celle-là même qui déclarait il y a quelques années que « Si les infirmières se plaignent, c’est qu’elles ont du temps libre. »

Un système d’injonctions contradictoires

Si les infirmières n’avaient désormais plus de « temps libre », une bonne partie de la population, elle, faisait l’expérience de sa soudaine abondance. Parfois claquemurés plusieurs jours d’affilée derrière leurs écrans, certains confinés ont tenté de sortir la tête de l’anxiété et du brouillard ambiants ; qui en voulant rattraper leur retard de lecture ou de repos (mais en faisant souvent le constat que le contexte n’y était pas propice) ; qui en trouvant refuge dans la boisson, la nourriture ou le ménage ; qui en s’adonnant à des sessions compulsives de jeux en ligne ou à d’innombrables passe-temps plus ou moins névrotiques ; qui encore en s’impliquant dans des actions de solidarité, comme celle de confectionner artisanalement des masques - ces fameux masques que tout le pays s'affairait à débusquer, qui avaient été massivement utilisés dans les pays asiatiques touchés par l’épidémie, mais dont le gouvernement affirmait ici qu’ils n’avaient « guère de sens pour les personnes non contaminées »

Il fallait aussi s’adapter aux nouvelles réalités du dehors, aux « gestes barrières », à la distance d’1,5 mètre à respecter entre chaque humain... Chercher la logique de nos nouvelles règles de vie, dans ce moment où « Seuls les déplacements indispensables sont autorisés. » Une quête de sens qui s’est avérée vaine, l’État continuant à inciter près d’un tiers des Belges à se rendre à leur travail, même quand le caractère « essentiel » de celui-ci était difficilement perceptible en pareilles circonstances. On entendait, par exemple, des ouvriers s’inquiéter des conditions de promiscuité dans lesquelles ils devaient travailler, tandis qu’ils se faisaient réprimander par la police lorsqu’ils sortaient avec leurs collègues de l’usine. À Bruxelles, des comités d’habitants dénonçaient des situations où des promoteurs immobiliers, bénéficiant toujours de la main-d’œuvre du secteur de la construction, faisaient abattre des arbres en pleine pandémie (ce serait trop bête de laisser passer l’occasion, avant qu’entre en vigueur la période d’interdiction permettant aux oiseaux de nicher). Pendant que des administrations publiques poursuivaient l’examen de demandes de permis d’urbanisme, là où les procédures d’enquêtes publiques censées les accompagner étaient pourtant dénuées de leur sens lorsque les riverains sont confinés...

Quoiqu’il en soit de ces différents poids et mesures, il fallait s’arranger avec notre nouvelle condition d'assignés à résidence et trouver quelques marges de liberté pour ne pas trop vite péter les plombs. Mais tout en nous conseillant de faire de l’exercice physique et en nous autorisant à prendre le métro ou à aller au supermarché, l’État pointait du doigt les « irresponsables » coupables de faire leurs courses trop régulièrement pour des montants trop petits, il sanctionnait ceux qui roulaient à vélo dans des rues désertes (ils s’étaient éloignés de leur quartier), ceux qui goûtaient au plaisir d’un instant isolé sur un banc (ils n’étaient pas mobiles), ceux qui se promenaient à distance socialement responsable (ils n’étaient pas isolés)... En trois semaines, 5600 amendes (de 250 à 4000 euros) avaient ainsi été dressées à Bruxelles pour non-respect des règles de confinement. Comme si sortir n’était pas aussi un besoin essentiel, surtout pour ceux pour qui le confinement est une double peine, ceux qui n’ont pas de résidence secondaire où se planquer, ceux qui se retrouvent reclus dans un appartement exigu, sans terrasse ni lumière du jour, parfois entassés avec famille ou colocataires, dans des espaces pas toujours salubres qui ne sont supportables qu’à condition d’en sortir le plus souvent possible.

Mais de ceux-là, on faisait peu de cas. On leur apprenait que « ce ne sont pas des vacances », qu'il n’était pas question de « profiter de la situation » ni de « donner le mauvais exemple », car « certains n’ont pas encore compris le message ». À Bruxelles, on a vu la police surveiller les parcs avec des drones, intimer par hauts-parleurs la dispersion de groupes qui s'y étaient formés et qui n'avaient en effet pas encore compris le message. On a vu des espaces verts être interdits ou fermés dans des quartiers densément peuplés, là où d’autres restaient accessibles dans des parties de la ville où les jardins privés sont plus nombreux et les espaces de vie plus grands.

Voilà pour les vertus sociales, psychologiques et pédagogiques d'un État qui, quelques jours auparavant, donnait encore à ces « irresponsables » des messages apaisants sur cette « grippe d’un type nouveau, mais doux » et la garantie d’être prêt à y « faire face si nécessaire ».

La gestion de crise : plus ou moins effrayante que le virus ?

Alors, quand on avait la bougeotte, qu’il fallait se rappeler combien le confinement est nécessaire, ou que les indispensables solidarités locales ne nous paraissaient plus être un horizon suffisant face à l’ampleur de la situation, on se replongeait dans les témoignages et les analyses d’infirmières, de virologues, d’épidémiologistes, mais aussi de psychologues, d’économistes… On avait beau être profanes dans certaines matières, s’emparer des savoirs mis à notre disposition nous permettait de ne pas en rester à l’état de stupeur ou de sidération.

Et de comprendre qu’une action politique qui se limite au confinement (ce curieux principe qui suppose qu’il faut suspendre la vie sociale pour protéger la vie humaine), n’était qu’un mode de gestion à la petite semaine, un emplâtre sur une jambe de bois par défaut de prévention et de préparation. Le confinement permettait d’étaler les effets du virus, d’éviter l’asphyxie du système hospitalier, d’aplatir des courbes statistiques, mais pas de lutter efficacement contre la pandémie ni de protéger les plus vulnérables.

On comprenait que les conditions pour desserrer l'étau du confinement étaient de protéger l’ensemble de la population (en premier lieu les plus exposés, dont celles et ceux qui sont envoyés au front de la pandémie), en donnant aux hôpitaux les moyens de traiter plus de patients en même temps (augmenter le nombre de lits en soins intensifs, la production de respirateurs, la formation et l’engagement d’infirmières et de médecins), en investissant dans la recherche et la santé au sens large… et en dépistant massivement la population (et pas uniquement des personnes sévèrement infectées) afin de mettre en quatorzaine les porteurs du virus et seulement eux. Si l’Allemagne était le pays européen avec le plus faible taux de décès dus au Covid-19, c’était, disait-on, parce que le dépistage y a été entamé dès les premiers cas en Italie et qu’un demi-million de tests y étaient pratiqués par semaine. Sans ce type de dépistage, impossible d’avoir une idée claire des besoins sanitaires et d'isoler les porteurs du virus.

Mais la gestion de la pandémie ne prenait résolument pas cette voie-là en Belgique...

Après deux semaines de confinement, et à une semaine de l’expiration de la première échéance, le gouvernement a annoncé devoir en « prolonger » le terme de deux, voire de quatre autres semaines (même si personne n’était dupe de cette échéance : le confinement a duré deux mois dans certaines villes chinoises, et il risque de s’éterniser plus longtemps encore dans certaines parties de l’Italie...). Mais désormais, les règles seraient « appliquées plus strictement » car elles n’avaient « pas été suffisamment respectées ». Agissant comme si la létalité de l’épidémie était en partie imputable à l’incivisme de la population et à son trop grand besoin d’air frais, nos autorités se sont dotées de lois permettant d’infliger des peines allant jusqu’à six mois de prison pour « mise en danger d’autrui » - et on a assisté au retour décomplexé de la délation, notamment sur les réseaux sociaux... Des mesures qui laissent songeur, quand on apprend qu’en Suède, par exemple, le confinement a été basé sur l’information et la recommandation plutôt que sur la contrainte et la répression...

D’autant qu’au palmarès de la « mise en danger d’autrui », le gouvernement belge est loin d’être le dernier de cordée. À l'heure d'écrire ces lignes, au bout de trois semaines de confinement, il invite encore les personnes présentant des symptômes du Covid-19 à rester chez elles jusqu’à ce que leur situation s’aggrave, sans dépistage. Il a été sourd aux alertes de la communauté scientifique, qui décrit les dangers du virus depuis début janvier, et à celles de l’Organisation Mondiale de la Santé parle depuis fin janvier d’une « urgence de santé publique au niveau mondial » en suppliant les États : « Testez, testez, testez tous les cas suspects de Covid-19. » Et nous voilà début avril, en plein « pic pandémique », où infirmières et médecins belges n’ont toujours pas reçu les moyens d'être systématiquement dépistés, ni protégés par des masques, des blouses en suffisance... de sorte qu’outre se mettre en danger, ils sont eux-mêmes devenus vecteurs du virus. Et il en est ainsi pour le personnel soignant, de nettoyage, les travailleurs sociaux, conducteurs de bus, taximans, éboueurs, facteurs, ou encore pour le personnel des supermarchés que le gouvernement a généreusement autorisé à travailler dans des horaires élargis pendant que les syndicats demandaient de les réduire.

La pénurie des produits permettant de tenir le virus à distance (gel hydro-alcoolique, gants en latex, masques chirurgicaux) a conduit le gouvernement, au bout de dix jours de confinement, à décider qu’ils ne seraient plus accessibles que sur prescription ! Dans la foulée de cette gestion managériale menée de mains de maîtres, un ministre s’est vu déléguer « la task force en charge de l’approvisionnement des dispositifs médicaux », d’où son surnom de « Ministre des masques ». Une désignation surréaliste censée mettre fin aux scandales à répétition de la pénurie de masques : stocks disparus dans des hôpitaux, commandes annulées sans raison apparente, des millions de masques arrivés de Shanghai qui n’étaient pas les bons, conflit avec une entreprise turque qui annula la livraison de dix millions de masques, sans oublier la révélation de la destruction en 2018 d’une importante réserve (six millions de masques, conservés dans de mauvaises conditions) sur décision de la Ministre de la Santé... qui avait alors trouvé plus judicieux de faire des économies que de la renouveler.

Au point que, sans l’assumer bien sûr, cette politique a rapidement mené à opérer un tri entre des catégories de la population qui ont accès aux soins hospitaliers, et d’autres jugées non prioritaires. Premières victimes de cette sélection : les personnes âgées et particulièrement celles, quasiment laissées à leur sort, qui résident dans des maisons de repos, faisant de ces lieux des foyers de contagion (en trois semaines, une maison de repos bruxelloise sur deux a été considérée comme atteinte par l’épidémie). D’autant que le port préventif du masque y a été décrété non prioritaire pour le personnel extra-hospitalier... lequel, à défaut de dépistage, est considéré comme non contaminé ! Cela a, sans surprise, conduit à observer un « absentéisme grandissant » du personnel, et le gouverneur de la Province du Luxembourg à lancer ce vibrant appel : « Vous avez l'âme d'un volontaire ? Vous voulez agir en cette période de crise ? Vous avez des disponibilités ? Le contact avec les personnes âgées vous intéresse ? Alors inscrivez-vous ! »

Car ce que les autorités ne font pas, les citoyens, eux, le peuvent... « Nous avons besoin de vous. » Pendant que l’État compte les sous, il met à contribution la générosité et le dévouement de la population, dans une sorte de réplique de la charité à l’anglo-saxonne. Courtisée de toutes parts, la voilà appelée à faire don de ses réserves de masques (ou à les confectionner bénévolement), la voici sollicitée par les collectes de fonds... Tel l’appel aux dons lancé par le principal hôpital public bruxellois pour acquérir des respirateurs nécessaires à l’ouverture d’une unité supplémentaire de soins intensifs, ou celui de plusieurs hôpitaux académiques cherchant à perpétuer ses activités de recherche mises en danger par leur mobilisation contre la pandémie…

À la décharge du gouvernement belge, reconnaissons qu’il n’a pas l’apanage de ce manque d’anticipation effarant et criminel (parce qu’en parfaite connaissance de cause) face à la pandémie, ni de la propension à distribuer plus volontiers des amendes que des masques ou des tests de dépistage. La même incurie et les mêmes mécanismes s’observent dans de nombreux pays. Ainsi, la France, sixième puissance économique mondiale, qui a décrété l’état d’urgence et entend faire respecter par ses citoyens de ne pas sortir plus d’une heure par jour dans un rayon d’un kilomètre autour de chez eux, la France donc, qui a la capacité de mettre en place de telles mesures, dit ne plus avoir celle de produire des kits de tests ni du matériel de protection comme des masques ou des gants... Pour en arriver là, le terrain a été bien labouré par trois décennies de pactes européens, de non régulation de l’industrie pharmaceutique, de coupes dans les budgets de la santé et de la recherche, d’exploitation du personnel hospitalier, de découragement des étudiants en médecine, de privatisations et de délocalisations empêchant aujourd’hui de produire des équipements de première nécessité…

« L’après » est déjà là

Face à cette situation qui s’aggrave de jour en jour, qui agit comme un révélateur et accentue les injustices sociales, les raisons de mécontentement et d'inquiétude sont nombreuses. Au terme du confinement, combien de morts dans les hôpitaux, les maisons de repos, les prisons, les centres fermés pour sans papiers... ? Quel impact sur les nombreuses personnes atteintes d’autres pathologies qui n’auront pas été soignées pendant cette période ? Combien de crises psychologiques, de dépressions, d’internements, de féminicides ou de suicides dans les foyers ? Combien de faillites, de nouveaux pauvres et de vies brisées par la récession économique qu’on nous annonce très rude ? Et on frissonne à la perspective d’un déconfinement organisé avec le même brio...

Au terme de trois semaines de confinement, alors que le « Financial Times » prend en « exemple » la gestion belge de la crise (!), des velléités de grèves surgissent de partout... Parmi les éboueurs de la région bruxelloise, qui dénoncent l'absence de mesures de sécurité, la pression de travail croissante et le manque de respect de leur direction. Parmi les travailleurs des supermarchés, qui déplorent leur deuxième victime du Covid-19, même sentiment de mépris et de mise en danger : des actions de débrayage sont menées dans certaines grandes surfaces. Parmi les médecins généralistes, furieux de la gestion de l’épidémie par les autorités, qui dénoncent l’absence de « réponse claire et transparente sur les moyens de protections ». Parmi les hôpitaux, où neuf établissements publics et privés bruxellois évoquent d’une même voix la possibilité d’un débrayage du personnel, tant ils sont excédés de travailler « avec des moyens qui ne sont pas dignes de ce siècle », de se sentir méprisés eux aussi par un gouvernement qui leur délivre les stocks de matériel au compte-goutte, à force de formulaires administratifs à remplir tous les trois jours... en ce compris médicaments, blouses et seringues qui viennent à manquer ! Des menaces de grève surgissent même au sein de la police : censée « accompagner la population » dans l'application des injonctions contradictoires du gouvernement, celle-ci se plaint de subir en retour « une augmentation des actes hostiles envers les agents ». Et du côté des familles de personnes contaminées, certaines menacent de plaintes en justice pour obtenir un lit en soins intensifs. Il n'y a pas que la maladie qui est virale, la colère aussi.

Le champ des combats à mener aujourd'hui et dans les prochaines semaines est immense, alors que nous sommes atomisés, réduits à trépigner sur des balcons trop exigus pour se faire entendre. Pour l'instant, rares sont les revendications des mouvements sociaux qui ont été suivies d’effets (partiellement, celle de réquisitions d’immeubles et d’hôtels pour loger des personnes laissées à la rue…). Des idées font néanmoins leur chemin pour changer le cours inégalitaire du confinement, comme celle d’une grève des loyers.

Mais ce que nous réserve « l’après » est probablement plus vertigineux encore. Sans doute serions-nous bien inspirés de nous y projeter sans attendre. Sans placer d’espoirs démesurés dans une potentielle prise de conscience collective qui serait telle que les rapports de force se trouveraient renforcés à la levée du confinement et permettraient d’obtenir des avancées sociales et écologiques.

D’abord, parce que le confinement ne va pas « vaincre » le virus, contrairement aux propos hypocrites de certains ministres. Et rien ne le fera désormais, à moins d’une immunisation collective ou de la production d’un vaccin, c’est-à-dire pas avant un an ou deux (et à condition que le virus ne se répande pas à nouveau après avoir muté). Lorsque nous sortirons du confinement, ce sera donc graduellement et dans un monde où il faudra composer avec la « distanciation sociale ». Les modélisations sur lesquelles se base l’actuel confinement envisagent même la possibilité que ce type de mesure se reproduise dans les mois à venir…

Ensuite, parce que si ce virus a en quelque sorte infligé une débâcle et une crise sans précédents à une mondialisation qui s’était crue jusque-là tout permis, il est aussi annonciateur d’autres virus qui arriveront de plus en plus vite à nous, par le biais de la déforestation ou de l’urbanisation effrénées. La crise actuelle doit probablement être moins envisagée comme une parenthèse de court ou de moyen terme, que comme un saut vers une société où les rapports humains vont se redéfinir.

Enfin, parce que les hautes sphères de l’État ne vont ni prendre leurs responsabilités, ni remettre en question ce qui a mené à une situation aussi grave. « C’est une fatalité qui ne dit rien de notre système », a osé le président du parti libéral (celui de la Première ministre)... ajoutant, au prix d’une brillante contorsion de l’esprit, voir dans le confinement la preuve que « la décroissance est un appauvrissement généralisé ». Au terme de cette première période de confinement, le gouvernement belge n’a toujours procédé à aucune réquisition de matériel vital. Point de plafonnement des prix non plus, ni d’allocation de pandémie ou de gel des charges mensuelles. Pas d‘impôt de crise à l’horizon, et ne parlons même pas de la socialisation des secteurs vitaux. Tout juste une partie des travailleurs de la santé s’est-elle vu proposer une prime unique de 1450 euros. Quant au refinancement structurel de l’hôpital public, il s’est résumé à un milliard d’euros… sous forme d’avance de trésorerie ! L’électrochoc dont certains avaient annoncé qu’il allait ressusciter l’État social n’a manifestement pas été encore assez violent.

S’il est un endroit où on peut faire confiance aux pouvoirs politiques, financiers, industriels, c’est dans leur capacité à rebondir. Ils ne vont pas attendre qu’on soit sortis de notre captivité, qu’on ait pleuré nos morts et que les infirmières aient à nouveau du « temps libre », pour nous inviter à un grand débat démocratique et à des ateliers participatifs sur la société de demain et l’abandon du capitalisme... Ils préparent déjà nos esprits aux concessions qu’ils voudront imposer. Ils avancent, calculettes en têtes et algorithmes pleins les yeux, pour tirer profit de la situation. Bientôt, ils nous vendront des masques et des flacons de gel coloriés, customisés, parfumés, des applications pour se déplacer sans croiser de personnes infectées. Ils désinfecteront les rues à grandes doses de liquides toxiques. Pendant quelques semaines, ils feront des commissions d'enquête pour se rejeter les responsabilités entre eux, et se flatteront d’avoir obtenu l’une ou l’autre démission ; ils nous passeront en boucle des statistiques qui ignorent la majorité des personnes infectées et omettent de faire la distinction entre les victimes du virus et celles de la gestion politique de l'épidémie ; ils nous parleront de l’exceptionnalité et de l’imprévisibilité de la situation, sans aucune forme d’excuses ou d’auto-critique ; ils gloseront sur l'indispensable refinancement des hôpitaux en chantant les louanges des partenariats publics-privés… Et nous en serons quittes pour le « changement de paradigme » qui remettra à plus tard les changements profonds à entreprendre face au réchauffement climatique, qu’ils minimiseront jusqu’à la prochaine catastrophe. Au contraire, ils préparent déjà le retour en force de la croissance, des industries fossiles, du secteur aérien, et ils redoubleront d’efforts pour accélérer l’emballement de l’activité productive, furieux qu’elle ait pu être perturbée et ralentie par un malheureux pangolin (ou une chauve-souris). On les entend déjà dire qu'il n'y a pas d'alternative, que c’est le prix de la relance de l’économie. L’austérité accrue, qui en sera le corollaire, frappera de plein fouet des secteurs que la crise sanitaire a relégués au rang de « non-essentiels » (social, culturel...). Ils diront faire prévaloir l’intérêt général en accouchant de « plans de relance », en débloquant des fonds insuffisants pour aider le secteur non-marchand, les indépendants et petites entreprises endettés, mais ils ne remettront en cause ni le paiement des loyers ou des crédits, ni le paiement de la dette publique, ni les dividendes que les gros actionnaires continueront à encaisser. En cela, la figure de la « guerre » a au moins le mérite de nous donner la couleur de leurs intentions : il y aura des perdants et des vainqueurs. Leur « retour à la normale » sera celui du business as usual capitaliste, boosté par un coup d’accélérateur productiviste, inégalitariste et totalitaire.

Au terme de trois semaines de confinement, nous avons déjà un avant-goût prononcé de ce que la société de la distanciation nous réserve. Les problématiques de « l’après » sont en germe dans celles d’aujourd’hui. Elles nous confrontent parfois à des contradictions difficiles, dont l’une s’immisce au cœur même de nos revendications actuelles. Car, si l’on en revient au dépistage massif, pierre angulaire d’une approche de la pandémie qui éviterait le confinement de la population, il nous mène directement à des dispositifs renforcés de contrôle des individus. En effet, les pays qui sont pris en exemple pour avoir circonscrit la propagation du virus en procédant au dépistage massif (Corée du Sud, Singapour, Taiwan...) ont eu recours corollairement à des techniques de géo-localisation, de traçage technologique des malades et des personnes susceptibles d'avoir été en contact avec eux. Certains pays ont été jusqu’à permettre à l’ensemble de la population de suivre les déplacements de ceux-ci sur Internet, créant un climat de stigmatisation et de surveillance délétère.

Le dilemme est cornélien, voire orwellien, tant il paraît être sans issue pour nos libertés, déjà fort étriquées avant la crise. Car on devine sans peine dans quel sens les États et le marché voudront orienter le curseur entre liberté et sécurité sanitaire. Sous couvert d’état d’urgence sanitaire, ils tenteront de maintenir les mesures « provisoires » récemment mises en place, comme ils l’ont fait en d’autres temps après les attentats. Ils verront dans la « distanciation sociale » une formidable opportunité d’accélérer l'avènement du tout-numérique, de restreindre durablement la possibilité de se rassembler (manifestations politiques, espaces publics, lieux publics), d’adapter la « gouvernance » et la consommation à des comportements sociaux basés sur la peur et l’individualisme qu’ils pensent déjà ancrés en nous. Et ce n’est pas dépeindre un tableau excessivement sombre, qui surévaluerait le cynisme et la perversité ambiants, que de se demander jusqu’où certains voudront s'inspirer du régime chinois, de plus en plus explicitement vanté pour sa gestion de la crise.

À nous de démentir ce scénario en retrouvant le plus vite possible la possibilité de nous rassembler, de nous embrasser, de nous serrer dans les bras. En sélectionnant les savoirs et les expertises qui nous permettront de nous adapter sans tomber dans la peur et la paranoïa. En cultivant la prudence, le soin, le renforcement de notre immunité. En instaurant des rapports sociaux, qui devront peut-être être plus distants, mais qui ne passeront ni par l’accumulation frénétique de produits de base, ni par l’évitement du regard des autres. Et puis, en retournant à la figure de tous ceux qui ont réellement « mis en danger la vie d’autrui » l’abjection qu’ils nous inspirent. En envoyant balader leur monde agonisant, avec autant de force qu’ils n’ont d’indécence, d’incompétence, de vénalité. Il faudra trouver par quels bouts attraper le monstre, tentaculaire, et le faire vaciller. Et ce ne sera assurément pas « au scalpel fin » qu’il faudra s’y prendre…

• Gwenaël Breës

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15 avril 2020

Carte blanche: «La Belgique est désormais le deuxième pays le plus affecté par le coronavirus dans le monde»

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Carte blanche: «La Belgique est désormais le deuxième pays le plus affecté par le coronavirus dans le monde»

La Belgique est désormais le deuxième pays le plus affecté par le coronavirus dans le monde ! Personne n’en parle, et pourtant avec 3.903 décès liés au coronavirus*, soit 337 par millions d’habitants, elle dépasse l’Italie (329 décès par millions d’habitants) et seule l’Espagne (374) reste plus endeuillée, du moins pour l’instant. Proportionnellement, cela fait dix fois plus que les 36 décès par million d’habitants de l’Allemagne voisine !

Depuis une semaine, le nombre de décès annoncé en Belgique était bien supérieur aux chiffres de nos voisins français et se rapprochait dangereusement de ceux de l’Italie et de l’Espagne. Nous voici donc au-delà de l’Italie qui a pourtant fait la une des médias dans le monde entier.

Au niveau international, l’ampleur de la tragédie qui se joue en Belgique reste cachée par la taille modeste du Royaume. Le nombre de décès liés au coronavirus est supérieur aux chiffres officiels des décès survenus en Chine (qui sont probablement bien inférieurs à la réalité), mais avec 3.903 décès, en termes absolus nous restons loin de la France (14.400), de l’Italie (près de 20.000) ou des États-Unis (plus de 22.000 décès). La situation belge est bien plus préoccupante lorsqu’on considère les chiffres relatifs, qui donnent une bien meilleure idée de l’impact du virus, mais sont bien moins relayés dans les médias. Pourtant, dans le Royaume, le ton des experts et des médias belges se veut rassurant : les nouvelles hospitalisations baissent et l’occupation des unités de soins intensifs est stable.

Comment expliquer dès lors des chiffres aussi alarmants (et le silence relatif autour d’eux) ?

Il faudra du recul pour évaluer l’ampleur de la tragédie, et plus encore pour expliquer ces chiffres et pointer les facteurs qui ont amplifié l’impact de l’épidémie dans notre pays plus qu’ailleurs. Ce n’est pourtant pas se précipiter que d’évoquer dès à présent quelques pistes, non exhaustives, qui contribuent cependant à mieux appréhender la réalité que reflètent ces chiffres, voire ce qui nous y a menés.

De meilleures statistiques

Une première explication tient aux chiffres eux-mêmes et à la manière dont le comptage est opéré. Dans notre pays, les décès dont les médecins soupçonnent qu’ils sont liés au Covid -19 sont comptabilisés, même si les personnes n’ont pas été testées. C’est sans conteste cette manière de comptabiliser les décès qui permet d’avoir une meilleure représentation de l’ampleur de la pandémie et donc d’évaluer les moyens à mettre en œuvre pour la contenir. La plupart des pays, dont la France et l’Italie, se refusent pourtant à intégrer les cas des personnes décédées qui n’ont pas été testées. Les tests disponibles étant largement insuffisants, de nombreuses personnes décèdent du Covid sans jamais avoir été testées et ne sont donc pas reprises dans les statistiques nationales, contrairement à ce qui se fait en Belgique. La valeur comparative des statistiques nationales portant sur l’impact de ce nouveau virus doit donc être relativisée. Il n’empêche, si des chiffres plus précis nous diront probablement que d’autres pays comptent proportionnellement davantage de décès liés au coronavirus qu’ils ne l’affirment aujourd’hui, la Belgique reste dans le peloton de tête des pays les plus durement touchés à la mi-avril.

Parmi les facteurs régulièrement avancés, la densité de la population figure parmi les facteurs qui ont facilité la propagation du virus. Or notre pays est l’un des plus densément peuplé d’Europe (374 habitants au km²). Ce n’est cependant qu’une explication très partielle car le Land allemand voisin (Nordrhein-Westfalen) compte une densité bien plus forte (526 habitants au km²) mais bien moins de décès liés au coronavirus que notre pays (545 décès pour 18 millions d’habitants). Et si certains pointent la densité de la population à New York, parmi les facteurs qui expliquent les ravages du virus dans cette ville, comment expliquent-ils que le CoVid-19 n’a fait que quatre victimes à Hong Kong ?

La tragédie est ailleurs

Une seconde explication, bien plus tragique, du hiatus entre le ton plutôt rassurant dans les médias et la terrible réalité des chiffres tient au fait que nombre d’experts, de médecins, de médias et de décideurs politiques se sont focalisés sur un indicateur qui n’était pas le bon pour refléter l’ampleur de la pandémie : celui des hospitalisations et du taux de saturation des unités de soins intensifs. Depuis une semaine, ces indicateurs sont à la baisse et pourtant le nombre de décès ne cesse d’augmenter, et dans des proportions effrayantes. Certes, cet écart s’explique en partie par le délai entre l’entrée à l’hôpital et le décès des patients. Mais on devrait alors avoir assisté à une stabilisation ou une décrue du nombre de décès. Or c’est tout le contraire qui se produit et une autre explication se fait jour depuis début avril.

Depuis les premiers jours, les experts, les médias et les responsables politiques belges suivaient de près les indicateurs liés aux hospitalisations et à l’occupation des lits de soins intensifs. Il s’agissait d’éviter à tout prix que ne se reproduisent dans notre pays les cas si tragiques des hôpitaux lombards ou de l’est de la France où des médecins devaient choisir quels patients pouvaient avoir accès aux soins intensifs et peut-être être sauvés, et lesquels ne le seraient pas. La situation reste sérieuse dans les hôpitaux belges mais les débordements massifs des unités de soins intensifs ont été évités. Nous sommes probablement au pic de l’épidémie (ou en tout cas à un « plateau ») et le taux d’occupation des unités de soins intensifs n’a jamais dépassé 54 %. Mais alors que tous les regards étaient braqués sur ces indicateurs et sur nos hôpitaux, c’est ailleurs que se déroule la tragédie, à huis clos, derrière les murs des maisons de repos. Les chiffres ont tardé, mais ils sont aujourd’hui sans équivoque : 43 % des décès (soit 1687 personnes au 13 avril) liés au coronavirus ne se produisent pas dans les hôpitaux mais dans les maisons de repos et de soin.

La société belge a décidé que les vies de ces aînés confinés comptaient bien moins que celles des « actifs », voire qu’elles ne comptaient pas, comme le suggère le fait que ces décès n’ont été comptabilisés que tardivement dans les statistiques nationales, longtemps restées limitées aux décès à l’hôpital. C’est une tragédie humaine, sociale et éthique qui nous pose d’innombrables questions. Comment ce secteur n’a-t-il pas mieux été préparé à l’arrivée de l’épidémie alors qu’on savait depuis janvier que le virus affectait particulièrement les personnes âgées ? Quelle est la proportion de ces décès qui auraient pu être évités s’ils avaient bénéficié de soin dans les hôpitaux ? Quels moyens et quelles énergies ont été accaparés pour éviter à tout prix le débordement de nos hôpitaux auraient pu sauver des vies s’ils avaient été alloués à des maisons de repos ? Combien de personnes âgées atteintes du coronavirus a-t-on maintenues dans les maisons de repos malgré l’aggravation de la maladie alors que l’accès aux soins dans les hôpitaux aurait pu les sauver ?

Avec les résidents des maisons de repos, nous avons aussi oublié les personnes qui les soignent et les nourrissent. Elles ont souvent travaillé sans aucune protection et sont aujourd’hui nombreuses à être infectées par le coronavirus. Comme le résumait un médecin urgentiste, le nombre de contaminations au coronavirus parmi le personnel des maisons de repos bruxelloises est « dramatique ». Ceux qui se font tester « sont quasiment tous positifs ». En continuant courageusement à travailler malgré leur état, elles ont en outre transmis le virus dans les maisons de repos mais aussi autour d’eux. Elles ont fait preuve de courage et d’humanité. Elles paient aujourd’hui un prix très lourd pour avoir assumé seules, et souvent sans protection, la responsabilité de toute la société face à nos aînés. Elles ont également contribué à transmettre malgré elles le virus aux pensionnaires qu’elles visitent et soignent. Et la situation est loin d’être réglée. On refuse aujourd’hui encore des masques aux personnels des maisons de repos sous prétexte qu’un cas n’a pas encore été identifié dans leur établissement, comme vient de le dénoncer le syndicat ACV. Preuve que les responsables politiques n’ont pas encore compris que c’était là que se jouait la tragédie du coronavirus en Belgique. Une situation d’autant plus intolérable que, contrairement aux effets d’annonce, les tests de dépistages massifs et systématiques dans les maisons de repos prendront plusieurs semaines.

Notons cependant que la Belgique n’est pas le seul pays concerné par cette tragédie. Les informations qui parviennent avec beaucoup de retard sur la situation des établissements pour personnes âgées en France, Espagne, Italie et dans bien d’autres pays laissent penser que le nombre de décès officiels y est encore davantage sous-évalué qu’en Belgique.

Un démarrage retardé par l’absence de gouvernement fédéral

Un troisième ensemble d’explications relève de l’importance de la gestion politique d’une telle épidémie. En Belgique comme ailleurs, la pandémie révèle et accentue les problèmes et les limites des sociétés et des régimes politiques. Un nombre si élevé de décès indique des problèmes majeurs dans la manière dont le système de santé et de soin est organisé dans notre pays, mais aussi plus généralement de l’organisation politique et sociale de notre pays. Les problèmes d’efficacité et de coordination des politiques publiques ne sont pas neufs, mais ils se traduisent cette fois par des centaines, et probablement des milliers, de décès supplémentaires par rapport à des pays comparables.

Le contraste avec notre voisin allemand, où 128.000 cas sont recensés mais avec moins de décès qu’en Belgique (3.022 pour 83 millions d’habitants, soit 36 décès par million d’habitants) montre que l’efficacité de la gestion politique et publique de cette pandémie peut être déterminante. En Belgique, nous payons probablement aujourd’hui l’absence de gouvernement et les embrouilles au niveau fédéral d’avant le 17 mars. Le nombre de morts un mois plus tard reflète le manque d’efficacité et de coordination qui régnait entre les huit ministres en charge de la santé au niveau fédéral, régional et communautaire face à l’épidémie qui s’annonçait. Notre pays n’était pas en mesure de profiter des semaines qui ont précédé l’arrivée massive du virus pour se préparer et constituer des stocks de matériel de protection et de réactifs pour les tests. Une situation politique à laquelle une majorité de Belges s’étaient habitués au point de s’en accommoder s’est révélée dramatique lorsque notre pays a été mis à l’épreuve par la pandémie et se traduit probablement aujourd’hui en centaines de morts additionnels. Le coronavirus a frappé notre pays alors que nous manquions non seulement de tests, mais aussi de matériel de protection de base pour le personnel soignant. Combler ce retard et trouver des masques et des réactifs pour les tests au cœur de la crise est d’autant plus difficile que dans la « bataille globale  » pour obtenir du matériel de protection, la taille et l’influence internationale limitée de notre pays sur la scène internationale ne facilite guère les choses, alors que les pays s’empoignent pour parvenir à acheter des masques, des gants ou des réactifs. C’est également au niveau du nombre de tests que notre pays a pris du retard, ce qui est préoccupant quand on sait à quel point cette mesure est essentielle pour réduire la propagation du virus.

La tragédie belge

Notre pays a des atouts pour limiter l’impact du coronavirus, à commencer par un état social qui facilite le confinement et garantit une couverture sociale et un accès aux soins à tous, des hôpitaux publics de qualité et une société moins inégalitaire que bien d’autres pays. Les chiffres du nombre de décès par habitants nous montrent que, proportionnellement, bien plus de familles belges ont perdu l’un des leurs que ce n’est le cas dans des pays comparables. Certes, ces chiffres doivent être relativisés lorsqu’il s’agit de comparaisons internationales. Ils attestent cependant de l’ampleur de la tragédie qui place notre pays parmi les plus affectés au monde.

Le moment venu, il faudra en analyser les causes. Celles-ci ne peuvent être réduites à des responsabilités politiques individuelles. Un bilan approfondi demandera davantage de recul et une réflexion dans laquelle les acteurs politiques mais aussi les citoyens et les acteurs associatifs devront avoir un rôle, aux côtés des médecins et infirmiers, des épidémiologistes et biologistes, mais aussi des chercheurs en sciences sociales, car l’impact de ce virus ne relève pas que de la biologie, il est aussi (et peut-être avant tout) social et politique.

A ce stade, il est malheureusement déjà un constat indéniable : dans notre pays, le principe de l’accès aux soins de santé pour tous a été nié à une partie de la population, invisible car enfermée dans des maisons de repos. C’est inconcevable pour une démocratie avancée dans laquelle l’État social devait protection à ces personnes vulnérables. C’est inconcevable dans une société où, comme l’a rappelé la chancelière Angela Merkel dans son allocution du 18 mars, le sens même d’une communauté démocratique tient dans l’affirmation que « chaque vie compte ». C’était inconcevable en Belgique et les chiffres nous montrent que c’est pourtant arrivé au cours des quatre dernières semaines, dans des proportions dramatiques.

Les chiffres concernant l’épidémie du coronavirus ont été repris du site www.worldometers.info/coronavirus le 13 avril 2020 à 15 heures.

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06 avril 2020

Le coup de gueule de Bouli Lanners, en colère contre la gestion belge du coronavirus: «Vous mentez sur tout»

https://soirmag.lesoir.be/292422/article/2020-04-05/le-coup-de-gueule-de-bouli-lanners-en-colere-contre-la-gestion-belge-du

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Il a le sang chaud, Bouli Lanners. Quand il a quelque chose sur le cœur, il s’exprime et ne prend habituellement pas de pincettes. L’acteur belge n’a pas dérogé à la règle. Dans son viseur : l’intervention du ministre du Budget au JT de la RTBF. David Clarinval en a pris pour son grade, tout comme le reste du gouvernement belge visiblement, qui, aux yeux de Bouli Lanners, n’assume pas et ne parle pas vrai au peuple belge.

>Bouli Lanners au « Soir » : « On n’est plus dans la dictature de l’agenda »

Si l’acteur de 54 ans a l’habitude des coups de gueule, celui-ci le touche très directement, lui qui a annoncé être atteint du coronavirus même si ses symptômes n’étaient pas graves. « Je viens de regarder le JT et là, j’ai vu le minitre du Budget Clarinval qui nous balance des chiffres pour nous expliquer les conséquences économiques que va avoir la crise sanitaire », entame-t-il, comme l’épingle RTL. « Et il base tous ses chiffres sur une reprise du travail le 19 avril. On lui demande ‘vous êtes sûrs que ça va reprendre le 19 avril ?’ et le mec répond ‘écoutez, je ne suis pas virologue, je n’en sais rien, je pense que ça va reprendre le 19 avril’ ».

>Guérie du Covid-19, Pink critique le gouvernement américain vis-à-vis de la pandémie

« Tu dis la vérité maintenant »

Bouli Lanners hausse la voix : « Mais tout le monde sait bien que ça ne reprendra pas le 19 avril. Tout le monde sait bien que le confinement va continuer, alors arrêtez de nous prendre pour des cons. Vous avez menti sur tout. Vous avez menti sur les masques, sur les tests, vous avez envoyé des centaines de personnes au casse-pipe dans les hôpitaux, qui sont là sans protection. Il y a des gens qui meurent dans les hôpitaux, des gens qui souffrent ».

>Coronavirus : en plein confinement, il s’offre une session de ski freeride dans son salon (vidéo)

Il continue de plus belle, sans redescendre dans les tours : « On joue tous le jeu, on respecte tous les règles. On est tous confinés chez nous, du jour au lendemain. Et vous, vous continuez à passer à la télé en nous prenant pour des cons et en mentant ? Mais ça suffit maintenant, non ? Roosevelt il a fait le New Deal en tablant sur l’intelligence des gens. Vous, vous nous prenez pour des cons. Vous ne vous en sortirez jamais, vous n’êtes que des bouffons et vous me cassez les coui****. Maintenant, vous assumez. Quand tu vas au JT, quand tu vas aux infos, et que t’es ministre, t’assumes, et tu dis la vérité maintenant ».

Le discours de Bouli Lanners a le mérite de ne pas comporter une once de langue de bois. À chacun d’en apprécier ou non la forme. Toujours est-il que les chiffres officiels ont été publiés ce dimanche 5 avril : en Belgique, on compte désormais 1.447 morts à cause du Covid-19.

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30 mars 2020

«Madame Wilmès, comment anticipez-vous la circulation du virus sur le moyen terme?»

https://plus.lesoir.be/291085/article/2020-03-30/madame-wilmes-comment-anticipez-vous-la-circulation-du-virus-sur-le-moyen-terme

«Madame Wilmès, comment anticipez-vous la circulation du virus sur le moyen terme?»
Belga
Par Daniel Murillo, gynécologue, chef de Clinique Adjoint au CHU St-Pierre (Bruxelles); Caroline Watillon, militante professionnelle en santé sexuelle et reproductive*

Vendredi dernier, après la réunion du Conseil National de Sécurité, Sophie Wilmès a annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 19 avril. Objectif ? Combattre le Covid-19 comme un seul homme ! Aucune nouvelle mesure n’a été annoncée, si ce n’est un renforcement de la répression : les personnes qui ne respecteront pas les règles du confinement seront sanctionnées d’une amende (1) perceptible sur le champ. Aujourd’hui, nos libertés sont à nouveau restreintes et les gouvernements nous disent : population, vous serez responsable de l’échec ou du succès collectif. L’Etat nous confine mais que fait-il pour l’humain à l’heure où l’élan solidaire est essentiellement civil, associatif et citoyen ?

Alors que l’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aux Etats de veiller en priorité aux besoins des populations vulnérables, c’est la société civile qui, et encore bien plus que d’ordinaire, pallie l’incompétence de nos dirigeants en colmatant les brèches, comme elle le peut, avec des bouts de ficelle. Chez nous, les compétences politiques restent morcelées, entremêlées et dispersées, entre les différents niveaux de pouvoir, si bien que l’élaboration d’une réponse proactive, globale, cohérente et efficace semble impossible. En dehors du confinement, de la répression et de quelques promesses financières, c’est comme si le gouvernement n’avait qu’un plan a minima et à court terme, de gestion de la crise sanitaire.

Enfermés mais productifs

Voiture de police à la personne assise dans l’herbe : « vous devez rester en mouvement, il est interdit de s’asseoir » (Bois de la Cambre, 28 mars 2020). Quel curieux début de printemps que celui de 2020 où les bancs publics sont cadenassés : interdiction de s’asseoir, ici ou là. On nous dit de faire du sport et de nous aérer, mais nos corps doivent rester en unités conformes à nos « silos de confinement » évoqués par la première ministre. Presque schizophrénique, la Belgique nous enferme tout en nous incitant à toujours produire et travailler. Par ailleurs, le discours médiatique et politique pousse à l’intensification du contrôle social, incite à la délation et joue sur le sentiment de peur de la population. Pourtant, si le risque de contagion est certes important – avec un taux de reproduction du virus évalué à 2,79 – (2) et que le taux de mortalité est considérable pour les personnes âgées et/ou fragilisées, il reste relatif pour l’ensemble de la population. En date du 29 mars 2020, il est de 4 % en Belgique.

Des modèles de lutte

L’OMS, quant à elle, ne préconise pas le confinement de toute une population mais un dépistage à grande échelle et la quarantaine des personnes positives. Alors, comment les autres pays gèrent cette crise sanitaire ? La Corée du Sud s’est fait remarquer par un dépistage massif, de l’ordre de 20.000 tests par jour, une communication transparente de la part du gouvernement et la responsabilisation de la population. Là, pas de quarantaine ni de confinement mais la politique du dépistage de masse. Résultat : contrôle de l’épidémie et un taux de mortalité inférieur à ceux rencontrés ailleurs. Taïwan et le Japon suivent la même stratégie et l’Allemagne a adopté une politique semblable. La forte volonté politique, les moyens et les réquisitions des gouvernements font de ces pays des modèles de lutte contre la maladie.

Priorité au « testing »

Depuis le début, L’OMS martèle le message : « test, test, test ». Pourtant, aujourd’hui en Belgique, nous nous trouvons dans l’impossibilité de tester le plus grand nombre par manque de réactifs (!). Aussi, nous sommes obligés de prioriser le testing : d’abord, le personnel de santé et les malades, laissant ainsi de côté le pourcentage de personnes peu symptomatiques (3), ce qui entraîne une sous-évaluation importante de l’épidémie. Aussi, le virus continue à se disséminer, masqué et sans contrôle, malgré le confinement.

Avant nous, d’autres ont interpellé la manière dont la crise sanitaire est gérée et la nécessité de faire plus et mieux. 

Quel plan de mobilisation ?

Alors dites-nous, Madame Sophie Wilmès, pendant que nous apprenons à vivre autrement, que nous renonçons à nos libertés fondamentales et aux rapports humains tels que nous les connaissions, quel est votre plan à moyen et à long terme ? Car oui, pour protéger les populations vulnérables et ne pas saturer les hôpitaux, nous sommes prêts au confinement ! Mais comment se positionne le gouvernement sur la possibilité d’un dépistage plus systématique et sur la question des besoins immédiats – comme les équipements de sécurité – des professionnel-le-s du social et de la santé ? Après des années de nivellement des soins de santé par le bas, vous entendez en faire une priorité mais avec quels moyens ? Où sont les plans de réquisition des entreprises, usines, laboratoires et de la main-d’œuvre, pour produire localement le nécessaire à une gestion efficace de la crise : masques, respirateurs et tests de dépistage ?

« Nous devons aller plus loin »

La Belgique est-elle devenue à ce point délocalisée que nous n’ayons plus aucun contrôle sur ce qui se produit sur notre territoire – à part la bière ? Quelles sont vos dispositions pour les personnes les plus précarisées ? Le confinement étant par définition un moyen d’action temporaire, comment allons-nous gérer sa levée alors qu’elle risque d’être caractérisée par un rebond de l’épidémie  ? Comment anticipez-vous la circulation du virus sur le moyen terme ? Enfin, comment ferons-nous face à l’inévitable crise économique majeure à venir ? Ce sont là les questions qui nous importent à nous, membres de la société civile et travailleuses et travailleurs de la santé et du social ; celles que les journalistes auraient dû vous poser lors de la conférence de presse du 27 mars 2020, en lieu et place des « combien de temps pouvons-nous passer dans les espaces verts ? ».

Nous laissons la conclusion au Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé dans son allocution du 26/03 au sommet du G20, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus : « Des restrictions drastiques des interactions sociales et de l’activité économique ont été imposées dans nombre de vos pays, avec la fermeture des écoles et des entreprises et le confinement des populations. Ces mesures atténueront l’épidémie, mais n’en viendront pas à bout. Nous devons aller plus loin. Nous devons immédiatement constituer et élargir un vivier d’agents de santé qu’il faut former et déployer afin de détecter, tester, isoler et traiter chaque cas, dont il faut également chercher les contacts. Ce n’est pas une option, c’est une obligation. (…) Réorientez la force industrielle de vos nations pour contribuer à cet effort. Catalysez la production mondiale pour qu’elle se concentre sur les outils dont nous avons besoin maintenant pour sauver des vies. »

*Carte blanche cosignée par 342 signataires issus du monde médical, thérapeutique, hospitalier et de la société civile.

(1) Sanctions : amende de 26 à 500 euros, voire emprisonnement de huit jours à trois mois.

(2)  C’est 2 fois plus que la grippe mais 4 fois moins que la rougeole

(3)  30 % des cas sont asymptomatiques.

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10 mars 2020

Coronavirus: "Tout est sous contrôle!"

Corona

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16 décembre 2019

Occupation collective d’un immeuble vide place De Brouckère

https://www.lalibre.be/regions/bruxelles/occupation-collective-d-un-immeuble-vide-place-de-brouckere-5df74598f20d5a0c4608d29d

5df693cef20d5a0c4605adb6

Mathilde de Kerchove

Publié le lundi 16 décembre 2019 à 09h51 - Mis à jour le lundi 16 décembre 2019 à 09h53

Un collectif mène depuis ce samedi une action pour dénoncer le mal-logement.

Depuis ce samedi, un collectif bruxellois mène une action coup-de-poing près de la place De Brouckère, en occupant temporairement un immeuble vide depuis plusieurs années. Les militant.e.s veulent dénoncer le mal-logement et les inégalités.

Sur la façade de l’immeuble, sont accrochées des pancartes aux différents slogans et déclaration. "En Europe, 11 millions de logements vides contre 4,6 millions de personnes sans-abri : la précarité et l’inégalité ne sont pas des erreurs du système, elles en sont les fondements", peut-on lire sur l’une d’elles.

L’action du "Collectif Éphémère des Pères et des Mères Noël en Colère" (CEPEMENE) vise à dénoncer l’incohérence "des politiques de plus en plus atomisantes, des dynamiques privées et discriminantes qui ne font que ruiner la planète et creuser les inégalités en renforçant les rapports de domination". L’immeuble qu’ils occupent appartient au groupe allemand Allianz et n’est plus utilisé depuis plusieurs années. Selon le collectif, "cette société a réalisé en 2018 plus de 130 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 7,7 milliards de bénéfices", énumère le communiqué.

Par cette action, les militants dénoncent également la loi antisquat votée l’an dernier qui, selon eux, "criminalise l’occupation des bâtiments vides et représente en cela une atteinte majeure au droit au logement".

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16 octobre 2019

[ALMK] Projet de Cohésion sociale en péril

Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg

(ALMK)

PCS-Hunderenveld & PCS- Machtens

54, boulevard du Jubilé, 1080 Bruxelles

Tel/fax :02/410.29.65

E-mail : associationdeslocataires@hotmail.com

______________________________________________________________________________________________

Madame, Monsieur,

Nous avons le plaisir de vous inviter à une table ronde organisée le 24 octobre 2019 et intitulée:

Projet de Cohésion sociale en péril

&

Libertés des “locataires sociaux” en danger!

A la lecture de l’argument ci-joint vous pourrez saisir combien votre présence ce jour peut-être importante, vous y trouverez également l’ensemble des informations pratiques.

Nous espérons pouvoir vous y rencontrer,
Bien cordialement,
Le secrétariat

PDF : PCS2409def

Projet de Cohésion Socialeen péril

&

Libertés des «locataires sociaux» en danger !

«Combattre une injustice, c'est bien; combattre ce qui la rend possible, c'est mieux. Or, l'affrontement instruit.»
(Jean-Claude MILNER, La politique des choses.)

Après plus de 18 ans d'existence, le Projet de Cohésion Sociale-Hunderenveld1 (PCS-H), situé à Berchem Sainte-Agathe, est, aujourd'hui, mis en péril. Et mis en péril par une Société de Logements Sociaux dont le Comité Directeur s'est unilatéralement autorisé, en juillet 2019, à évaluer négativement le PCS-H en une seule et unique phrase2 : «divergence d'interprétation et de mise en œuvre des finalités du PCS et de ses objectifs généraux au sein de [la SLS]». D'où sa décision à l'égard du PCS-H : «Notre collaboration prendra donc fin à la date du 31 décembre 2019.» Ce Comité Directeur s'est donc permis d'évaluer le travail social du PCS-H et de procéder à son élimination en une seule et unique phrase !...C'est inouï !... Du jamais vu !... Même dans le secteur privé, le secteur où l'Argent – et non le Social - est aux commandes, on ne s'autoriserait pas une telle iniquité !3..

Ainsi donc, l'orientation sociale du PCS-H ne concorderait pas avec celle de la SLS. C'est probable. En vérité, c'est certain ! C'est en effet parce qu'elle ne concorde pas qu'existe cette entité, extérieure à la SLS et autonome, qu'est le PCS-H. En ce sens, la volonté obscure de la SLS est évidente : Faire du PCS-H son pur et simple instrument. Mais n'anticipons pas. Quelle est donc l'orientation du PCS-H ? Tout d'abord, quelques rappels. Premièrement, il n'y a de PCS qu'en tant qu'il y a une foncière injustice sociale. Aujourd'hui, cette injustice s'exprime, entre-autre, sous cette forme : L'impossibilité pour un très grand nombre d'habitants bruxellois à faire face aux montants de loyers exorbitants du secteur-locatif-privé. D'où la ruée de ces habitants vers les portillons des SLS. Tout PCS (et SLS) doit donc à cette injustice sociale son éclosion dans la Cité. Deuxièmement, et plus important, il n'y a de PCS qu'en tant qu'il y a des habitants ou, plus précisément, pour reprendre le philosophe J-C. Milner4, des Corps-parlants. En effet, avant d'être un «locataire social», tout habitant (tout humain) est, avant tout, un Corps-parlant. Et qu'est-ce qu'un Corps-parlant ? C'est un Corps qui, du fait d'habiter la Parole, parle, donc, pêle-mêle : pense, désire, demande, écoute, se plaint, réclame, lit, étudie, écrit, peint, regarde, étudie, chante, fantasme, hurle, habite, voyage, veut, aime, travaille, souffre, rouspète, crie, critique, consomme, agit, s'émerveille, étreint, embrasse, boit, mange, etc. On nous accordera que cette liste interminable de ce que «fait» un Corps-parlant témoigne en faveur d'un Corps, fondamentalement, troublé par un «manque». Et un «manque» soit «matériel» (désir d'un logement spacieux ou d'un emploi), soit «immatériel» (demande d'amour ou de reconnaissance). Et puisque derrière tout «manque matériel», il y a toujours un «manque immatériel» qui cherche à se satisfaire (un logement spacieux pour se «sentir mieux» ou un emploi pour être «socialement reconnu»), alors tout Corps-parlant est un Corps causé par un «manque immatériel». D'où cette question : ce «manque immatériel» peut-il donc être «comblé» ? Tout Corps comblé, par définition, en n'ayant plus besoin de parler, de demander ou de désirer, est un Corps mort ou réduit à l'état de «chose». Tout PCS fait donc face à des Corps-parlants (vivants) qui endurent ou souffrent, corps et âme, un «manque immatériel» qu'aucun objet du monde n'est donc apte à satisfaire. D'où, troisièmement, il n'y a (donc) de PCS qu'en tant qu'un «manque immatériel» - structural - gouverne chaque habitant ou Corps-parlant. Certains lecteurs pourraient rire de ce concept de «manque immatériel». Pourtant, sans lui point de Corps-parlant. Un Corps ne parle en effet qu'en tant qu'il demande ou désire, donc qu'en tant qu'il «manque». Le «manque» fait le Corps-parlant. (Lors de la Table Ronde, l'occasion s'offrira à nous d'étayer cette vérité, aujourd'hui, sordidement perdue ou oubliée.)

Si l'injustice sociale et le «manque» forment ainsi des malaises structuraux qui causent, traversent, divisent, lestent et déchirent la parole et le corps et des habitants et des travailleurs sociaux du PCS, alors cette orientation sociale du PCS s'impose, de fait : Celle de se faire le «partenaire» des habitants, pris un par un ou collectivement, afin de rendre ces malaises, (plus) humains ou (plus) vivables. En tant qu'êtres assujettis à ces malaises, les travailleurs sociaux du PCS se doivent donc de n'adopter aucune position de surplomb ou la position d'un Autre qui évaluerait ou jugerait des hommes, femmes et enfants à l'aune de ses propres «valeurs», «critères», «normes» ou «idéaux» - valeurs, critères, normes ou idéaux sous lesquels se devraient donc, impérativement, de se ranger ces hommes, femmes et enfants au risque d'être, ignominieusement, traités de «sous-développés».Ils ne s'exceptent donc pas du «Malaise dans la civilisation» dont ces hommes, femmes et enfants souffrent et témoignent.

Or l'orientation de la SLS est tout autre. Elle est celle de produire des «locataires sociaux durables». Autrement dit, la SLS désire que ses «locataires sociaux» soient verts et respectueux de l'environnement5. D'où ce seul et unique grief entendu à l'égard du PCS-H6 : «D'autres PCS ont des activités telles que «Potager» ou «Actions-propreté» et vous (PCS-H) ?» Nous ? Nous suivons, fidèlement, les paroles des habitants qui, c'est un constat, témoignent moins de vertes préoccupations que de sombres afflictions. La SLS, assurément, pense que les habitants qui occupent ses logements lui appartiennent, corps et âme, ne sont donc que des «locataires sociaux». En d'autres mots, elle pétrifie leur être, vivant et aux identités multiples, qu'à ce seul et unique stigmate : «locataire social». Et elle escompte, du coup, que leur vie ne gravite plus qu'autour de ce seul et unique stigmate. D'où le Travail-Social-Communautaire (TSC) qu'elle entend comme un travail social susceptible d'aliéner les habitants aux objectifs ou normes «comportementales», «environnementales» et «durables», qui sont les siennes. Le rêve sordide de la SLS est ainsi que l'unicité de chaque Corps-parlant puisse se noyer dans l'Un, présumé, de la Communauté des «locataires sociaux». Si ce rêve se réalise et propage, alors les libertés des «locataires sociaux» seront en danger. Toute réelle liberté d'un Corps-parlant est en effet sous cette condition : La possibilité offerte à ce Corps-parlant de préserver son «opacité», «intimité», son «droit au secret» ou encore son «pouvoir de déconnexion» de toute Communauté (sociale, familiale ou autre).

Résumons donc ainsi l'hiatus qui oppose, fondamentalement, le PCS-H à la SLS : Alors que le PCS-H souhaite être un réel «partenaire» des habitants face aux malaises structuraux (individuels ou collectifs) dont ils pâtissent, la SLS, elle, s'évertue à plutôt vouloir réduire ces habitants à des «choses» (à des «locataires sociaux»), par définition, «mutiques et dociles».

Si la SLS a donc décidé d'éliminer le PCS-H, c'est pour une raison très simple : Le PCS-H, fidèle donc aux habitants et aux malaises, privés et sociaux, qui les déterminent, n'est pas une «chose», «mutique et docile». En clair, la SLS vise l' «assassinat» de tout travail social qui se respecte. L'ALMK fera ainsi tout ce qui en son pouvoir pour que cet assassinat soit manqué.

1. En Région Bruxelloise, il y a 32 Projets de Cohésion Sociale (PCS). Fruit d'un partenariat entre la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB), d'une ou de deux Sociétés de Logements Sociaux,d'une asbl œuvrant à l'Insertion Sociale et, parfois, d'une Commune, le Projet de Cohésion Sociale vise, par excellence, l'écoute des habitants de certaines cités de logements sociaux à Bruxelles. C'est de cette écoute seule que peuvent en effet naître des «projets communautaires» respectueux des soucis et desiderata des habitants.
2. Non étayée par des arguments ou des faits.
3. A l'heure où ces lignes s'écrivent, nous espérons encore que la SLRB (cf. note 1) – Société de tutelle de la SLS - n'entérine pas une telle décision – injuste et intolérable. Un éventuel entérinement serait en effet très lourd de conséquences pour l'avenir des PCS existants.
4. Jean-Claude Milner, Pour une politique des êtres parlants, Verdier.
5. Bien entendu, certains applaudiront cette orientation. Ils oublieront non seulement que les préoccupations politico-médiatiques «dominantes» ne sont pas, nécessairement, celles des «dominés» ou des «minorités», mais aussi, voire surtout que le travail social digne de se nom se doit d'adopter «la langue» ou les «soucis» qu'il entend et non pas la langue ou les soucis qu'on (SLS, politique...) lui demande ou somme d'entendre.
6. Unique grief entendu lors de la rencontre du 4 juillet 2019 avec le Comité Directeur.

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PROGRAMME DE LA TABLE RONDE DU 24 OCTOBRE 2019 :

Projet de Cohésion Sociale en péril

&

Libertés des «locataires sociaux» en danger !

13h45': Accueil;

14h00': Ouverture par le Président de l'ALMK, Jonathan MANGEZ;
14h15': Le PCS : De l'injustice sociale au malêtre structural des habitants. Ou de l' «im-possibilité» de toute cohésion sociale possible, par BEN MERIEME Mohamed, assistant social à l'ALMK;
14h45' : Débat;
15h15': Pause-café;
15h30': PCS et politique ascendante, par VANHOOLANDT David, travailleur social et coordinateur au PCS-H et coordinateur du PCS-Machtens;
16h00': Témoignages d'habitants;
16h45': Débat.
17h00': Programme «politique» à venir de l'ALMK et clôture par le Président de l'ALMK;
17h15': Drink.

 

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02 octobre 2019

Autrement – L’occupation temporaire des bâtiments à Bruxelles

 

Autrement - L'occupation temporaire des bâtiments à Bruxelles | BX1

Face aux bâtiments vides qui s'accumulent en Région bruxelloise, de nombreuses initiatives voient le jour pour occuper temporairement ces bâtiments. Avec quel objectif ? Comment assurer la viabilité de ces occupations temporaires ? On en parle dans Autrement, avec Frederik Serroen (membre de l'équipe du BMA bouwmeester maître architecte), Karine Seront (directrice de la FéBUL ...

https://bx1.be

 

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02 août 2019

Déclaration de politique générale prononcée par le Ministre-Président - jeudi 18 juillet 2019 (extrait)

(…) Le droit à un logement décent, de qualité, à un prix raisonnable est, sans conteste, la priorité de ce gouvernement.

Le Gouvernement n’entend pas opposer locataires et propriétaires ou opérateurs publics et secteur privé. A l’inverse, le Gouvernement entend se positionner comme partenaire de la relation locative pour améliorer les conditions de location à Bruxelles et répondre à cet enjeu urbain.

Avant toute chose, le Gouvernement entend mettre en place un Plan d’urgence pour la politique sociale du logement avec un objectif clair : apporter une solution concrète à 15.000 ménages bruxellois en attente d’un logement social. Ce plan sera concrétisé dès les premiers mois de la législature et aura pour objectif d’accompagner chacune de ces familles en proposant une solution adaptée à leurs besoins.

La Région a pour ambition de rénover les logements sociaux, de les remettre en état et de réduire la consommation d’énergie et les charges demandées aux locataires.

La Région entend également produire rapidement du logement social. Au-delà de la production de logements prévue par le Plan régional du Logement et l’Alliance Habitat, le Gouvernement élaborera une stratégie d’acquisition-rénovation pour augmenter le nombre de logements sur le marché locatif social. A cet effet, un appel public sera lancé d’ici l’été 2020 pour acquérir des logements existants ou en cours de production.

Le Gouvernement établira un périmètre de préemption généralisé sur l’ensemble du territoire régional. Parallèlement, le Gouvernement prévoira un régime de procédures accélérées sur le plan urbanistique et révisera la réglementation relative aux charges d’urbanisme en vue de privilégier la création de logements publics et sociaux. Dans les communes où la part de logements sociaux est inférieure à l’objectif de 15% et où les indices socio-économiques sont plus élevés que la moyenne régionale, les charges d’urbanisme seront obligatoirement consacrées à la création de logements sociaux ou à finalité sociale. Pour les projets impliquant au minimum 25% de logements publics, des procédures accélérées sur le plan urbanistique pourront être prévues.

Enfin, le Gouvernement veillera à rendre pleinement opérationnelle l’allocation-loyer afin d’offrir une meilleure couverture. Le Gouvernement soutiendra également les ménages en attente de logement social en développant l’offre de logements en AIS.

Ce plan d’urgence doit associer les différents acteurs institutionnels bruxellois. A cet effet, le Gouvernement définira, à travers un contrat liant chaque commune à la Région, des objectifs partagés. L’élaboration et le suivi associeront largement les opérateurs publics du logement, ainsi que le secteur associatif et immobilier. Une analyse des opportunités de socialisation de logements publics moyens ou communaux sera réalisée.

Outre ce plan, le Gouvernement cherchera à répondre aux enjeux propres au secteur locatif privé en s’appuyant sur une logique conventionnelle et de gestion paritaire, entre bailleurs et locataires.

Le Gouvernement évaluera la mise en œuvre de la réforme du bail et proposera les modifications nécessaires afin de lutter contre les loyers abusifs. Au travers de protocoles d’accord avec les institutions concernées (administrations publiques régionales et fédérales, secteur bancaire), une base de données centralisée permettant d’avoir une image fidèle du marché locatif sera mise en place. Cette base de données servira à assurer une plus grande transparence du secteur immobilier. La grille de référence des loyers sera déterminée sur la base de ces données complètes, et sa publicité sera renforcée.

En parallèle, le Gouvernement proposera la création d’un Fonds public de garantie locative qui aura pour ambition de centraliser et mutualiser, à terme, l’ensemble des garanties locatives constituées, tant pour les logements publics que pour les logements privés. Le modèle de gestion de ce fonds sera paritaire et associera bailleurs et locataires. Dans l’intervalle, le mécanisme actuel de constitution progressive des garanties locatives, organisé par le Fonds du Logement, sera renforcé en partenariat avec les CPAS.

Enfin, en matière de régulation du marché locatif, le Gouvernement établira, en concertation avec les représentants des bailleurs et des locataires, une politique de conventionnement des logements dont les loyers sont conformes à la grille de référence. L’objectif est de réserver l’ensemble des aides publiques aux logements privés mis en location par des bailleurs conventionnés.

Pour la mise en œuvre de cette politique, le Gouvernement triplera les moyens mis à disposition de la Direction de l’inspection régionale du logement (DIRL), afin d’améliorer, en concertation avec les communes, la lutte contre les logements insalubres et les marchands de sommeil.

Le Gouvernement entend également concrétiser l’accès à la propriété de logements à prix modérés et répondant aux standards environnementaux les plus élevés. Le Gouvernement étudiera l’implémentation de nouveaux mécanismes de dissociation du foncier et du bâti lors de la création d’une partie des nouveaux logements acquisitifs, de manière à réduire encore le prix d’achat pour les ménages, tout en pérennisant la maîtrise foncière publique.

En matière de politique fiscale, et afin de faciliter l’accès à la propriété, la rénovation durable du bâti, et le maintien de la classe moyenne à Bruxelles, le Gouvernement évaluera les régimes de droits d’enregistrement et de droits de succession pour mieux cibler leurs effets. Le régime d’abattement sera revu en lien avec l’évolution des prix de l’immobilier. Par ailleurs, dans les mêmes conditions que celles de l’abattement, les droits d’enregistrement de 1% sur la constitution d’une hypothèque pour les primo- acquisitions seront supprimés. Un régime fiscal favorable en ce qui concerne les droits d’enregistrement sera instauré pour les propriétaires qui acquièrent une nouvelle habitation propre et unique en Région bruxelloise, afin d’ancrer la classe moyenne sur le long terme. Le Gouvernement entend également moderniser et simplifier le régime des droits de succession afin de mieux le faire correspondre aux évolutions des structures familiales. Dans ce cadre, les situations des personnes non parentes, des cohabitants de fait, et du saut de génération seront analysées.

De manière générale, la révision de ces différents régimes fiscaux sera envisagée pour favoriser la rénovation durable du bâti. Pour appuyer ces réformes, la Région reprendra le service des droits de succession et des droits d’enregistrement de l’Etat fédéral. (…)

LIRE LE TEXTE COMPLET DE LA DÉCLARATION

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18 février 2019

Critique inactuelle de "l'idéologie écologiste"

https://www.levif.be/actualite/belgique/critique-inactuelle-de-l-ideologie-ecologiste/article-opinion-1093661.html

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Aujourd'hui, des ouvriers aux patrons, des chômeurs aux retraités, des militants de l'extrême gauche à ceux d'extrême droite ou des élèves de maternelle à ceux de l'université, tout le monde l'est : écologiste. Chacun trie en effet, soigneusement, ses déchets ménagers afin que ceux-ci soient recyclés; prend son sac "biodégradable" pour faire ses courses; mange ou rêve à manger "bio" ou "végan"; pense aux transports en commun, au vélo ou à la trottinette électrique pour se déplacer en ville; projette même de s'acheter une voiture électrique; est contre les centrales nucléaires; est contre la pollution; est pour les énergies renouvelables; isole son habitation pour éviter toute déperdition énergétique; envisage, une fois mort, son humusation... . L'idéologie écologiste fait assurément consensus. Toute critique, même timide, à son égard, constitue donc une réelle hérésie. Les bûchers n'existant heureusement plus, nous prendrons, du coup, le risque de la critiquer. Et la critiquer non pas par pur caprice, mais du fait qu'elle s'accompagne, à nos yeux : 1/ d'un déni radical de l'exclusion sociale; 2/ d'une légitimation/renforcement du Technocapitalisme existant dont cette idéologie, pourtant, ne cesse de se plaindre et 3/ d'une vision de l'Homme réellement nihiliste.

Que l'on comprenne bien que notre critique va donc porter non pas sur le(s) parti(s) politique(s) dits "écolos", mais sur l'idéologie écologiste, désormais, généralisée.

Notre critique de l'idéologie écologiste comporte quatre volets - loin d'être exhaustif.

Premier volet. L'idéologie écologiste part du principe que tous les êtres humains - du moins, d'une certaine contrée territoriale - ne se soucieraient plus de la satisfaction de leurs besoins les plus immédiats : se loger, se nourrir, se chauffer, s'habiller ou se soigner. À ses yeux, ces humains disposeraient donc de suffisamment de revenu que pour être écologistes. Or même si la réalité sociale, aux injustices et inégalités persistantes, ne cesse pas de lui donner continuellement tort, force est de constater que l'idéologie écologiste est devenue, malgré tout, hégémonique. Le pauvre, cet être sans le sou, est, aujourd'hui, en effet politiquement, médiatiquement et socialement sommé, donc contraint, de jouer au riche, soit donc d'être écologiste. Un pauvre peut ainsi vivre dans la misère sociale la plus crue, loger dans un taudis, payer un loyer qui phagocyte l'ensemble de son allocation de chômage ou être déprimé de ne pas pouvoir assumer les diverses charges financières du ménage, l'essentiel consiste donc à ce qu'il soit et demeure avant tout écologiste ! L'idéologie écologiste constitue donc une réelle dénégation,voire mépris, à l'égard des êtres qui souffrent encore et en-corps de leurs misérables conditions financières et donc matérielles d'existence. Et certains affidés de cette idéologie, on le sait, vont même jusqu'à reprocher aux pauvres, qui luttent contre certaines augmentations liées à la préservation de l'environnement, d'être de "purs égoïstes" !

Dit en passant, une réelle conciliation entre démocratie et écologie est donc sous condition d'un Tous riches ! Et puisque cette condition est très loin d'être remplie, nous avons droit, aujourd'hui, à des horreurs écologistes insoutenables telles que celle-ci : des politiques soucieux de faire, par exemple, la promotion du Good food, alors que des êtres meurent, quasi au seuil de leur porte, de froid ou de faim ! C'est ignoble !....

Second volet. L'idéologie écologiste exige, au sein même de l'actuel discours qui désormais structure et régit l'entièreté de la planète, celui du Technocapitalisme, "un respect de la Nature". Or, outre les injustices et inégalités sociales iniques qui l'accompagnent et dont nos écologistes ne veulent donc rien savoir, le propre du Technocapitalisme consiste, précisément, à bafouer sans cesse la Nature non seulement en exploitant/consumant sans cesse toutes ses richesses, mais aussi en la transformant en pur égout ou en déchetterie. C'est que le Technocapitalisme, c'est son essence, ne vit en effet que par les déchets, qu'en peuplant (polluant) le monde d'une pluie abondante et incessante d'objets à l'obsolescence ou poubellication programmée et de plus en plus accélérée. Il suffit, en ce sens, de se rendre dans les déchetteries ou de regarder l'amoncellement des sacs poubelles dans les rues pour comprendre à quel point la production des déchets, à l'heure même de l'idéologie écologiste, n'a jamais été aussi élevée qu'aujourd'hui. Mais pas seulement ! À côté des petites, moyennes ou grandes villes belges qui font de plus en plus de leur périphérie verte des zones commerciales, donc des zones grises, il y a aussi ces objets écologistes qui pullulent dans nos campagnes : les éoliennes. Celles-ci réduisent des paysages, hier encore, "naturels" et somptueux en paysages "techniques" et monstrueux. Bref, l'idéologie écologiste non seulement demande l'impossible : un Technocapitalisme délesté de ce qui le définit, soit le Déchet, mais aussi, et paradoxalement, étend le désastre technocapitaliste en maculant la Nature - déjà saccagée - d'objets techniques dits "écologistes".

Troisième volet. Bien loin de critiquer la vision rabougrissante du monde du Technocapitalisme pour qui donc la Nature est uniquement synonyme de "fonds disponibles", l'idéologie écologiste, en vérité, l'adopte ! Qu'est-ce en effet qu'une éolienne ou un panneau solaire ? Des objets techniques qui exploitent l'énergie du vent (cas de l'éolienne) ou du soleil (cas du panneau solaire) pour en faire de l'électricité. La supposée Nature est donc, ici aussi, réduite à des fonds énergétiques. Le vent de l'éolienne n'est assurément pas, par exemple, "le vent" tel que le chante Jacques Brel : "Quand le vent est au rire /quand le vent est au blé/quand le vent est au sud/écoutez-le chanter/Le plat pays qui est le mien.". Entre le vent énergétique de l'éolienne et "le vent" poétique de Brel, il y a assurément un abîme que seuls les sots ne voient pas. Soyons encore plus précis : alors que le vent de l'éolienne est requis de livrer son "pourquoi ?", "le vent" brellien, lui, est "sans raison", contemplé et laissé à son être. Prenons un autre exemple. À l'instar des voitures dont les incessants progrès techniques trahissent l'obscure confiance désormais accordée à la Technique plutôt qu'à l'Homme (Un homme conduit par la Technique plutôt que la Technique conduite par un homme!),les habitations d'aujourd'hui deviennent, elles aussi, assujetties au règne de la Technique au point, comme on le sait, que chaque habitation se doit non seulement d'être désormais dotée d'un Certificat énergétique (PEB), mais aussi de répondre à des "normes" strictes (Code du Logement). Pour ne prendre que l'exemple du PEB, on voit que nos "experts" écologistes ne voient dans l'habitation qu'une marchandise (pareille à un frigo !) à très forte (label "A") ou très basse (label "G") "économie énergétique". L'habitation se doit ainsi d'être machinée par l'idéologie écologiste. Celle-ci pense donc savoir ce qu'habiter veut dire. Or il n'en est rien ! Si "l'Homme habite en poète" (Holderlin), entre Ciel et Terre, ce n'est pas seulement pour se protéger du temps qu'il fait dehors (en réalisant ou non des économies énergétiques), c'est que l'habitation constitue aussi, voire surtout, pour lui cet "espace-temps" du dedans où il lui est enfin loisible de cultiver son "jardin secret" (désir, amour, pensées, lecture, écriture...) en se délestant du faix des divers "despotismes de l'utile" (politique, social, économique ou écologiste) qui l'accablent, corps et esprit, au dehors. Dans "la machine à habiter" des experts écologistes, dirait encore J. Brel, on passe assurément son temps - à l'instar du Technocapitalisme - à "compter" ou à "calculer", et non pas à penser, méditer ou, tout bonnement, à se reposer. Bref, l'habitation (ou la Nature) à la sauce écologiste, c'est le Technocapitalisme continué par d'autres moyens.

Enfin et surtout, quatrième volet. L'idéologie écologiste trahit une version erronée et réellement dégradante de l'Homme. L'Homme ne serait, en effet, pour elle qu'une "créature vivante parmi d'autres". À l'entendre, il n'y aurait ainsi aucune espèce de différence entre un chat - désormais reconnu, par la grâce même de cette idéologie, comme "être sensible" - et l'Homme. Est-ce si sûr ?

Contrairement à l'Animal, l'Homme habite la Maison de la Parole. Cette habitation fait de lui un être ou un corps parlant. Et la Parole n'est assurément pas ce qu'on prétend qu'elle est : un moyen de communication ou d'expression. Le mot "moyen" sous-entend en effet que la Parole ne serait qu'une "boîte à mots" dans laquelle l'Homme puiserait les mots pour se faire entendre et comprendre de l'autre (interlocuteur). L'Homme se tiendrait ainsi, comme un pilote en son navire, derrièreles mots. Or l'être de l'Homme est dans les mots et passe par les mots. Les mots "politique", "religion", "racisme" ou "gâteau", par exemple, bien loin d'être comme des "objets" qui se tiendraient en face de lui (et qu'il aurait ainsi à portée de main), réveillent bien plutôt dans son corps des affects (tristes ou joyeux). Et un affect ne témoigne de rien d'autre que de ceci : la percussion ou le choc des mots (hérités de l'Autre) sur le corps de l'Homme. Ainsi, chez Spinoza, "[l]'affect exprime [...] ou incarne exactement la nature de l'homme : il est l'unité indissociable de ces deux aspects de sa réalité, le corps et l'esprit."1 La Parole est donc créatrice d'affects en l'Homme. Dit autrement, le Corps de l'Homme est un Corps de paroles, donc d'affects.

Dire que l'Homme habite la Maison de la Parole, c'est dire aussi ceci : L'Homme n'a d'accès à la Nature que médiatisé ou parasité par la Parole. Et si la Parole, comme nous allons le voir, ne parle qu'en tant qu'un manque la régit, alors le rapport entre l'Homme et la Nature est clair : Il n'y a de Nature pour l'Homme qu'incomplète ou en défaut. Mais en défaut de quoi ? En défaut d'un Objet sur lequel la Parole elle-même se fonde et qu'elle ne cesse pas de vouloir retrouver.

La Parole engendre le Désir. Parler, c'est désirer. Mais désirer quoi ? Désirer cet impossible : l'Objet perdu sur lequel donc se fonde la Parole elle-même. En d'autres mots, point de Parole ou de Désir sans manque. Donc, pour l'Homme, point de Nature sans manque. En tant qu'elle est ainsi contaminée par la Parole, le Désir ou le Manque, la Nature, au sens strict, n'existe pas pour l'Homme. Dit autrement, contrairement à l'Animal, il n'y a aucun "rapport oblatif" de l'Homme avec la Nature. Si l'Homme a en effet introduit dans la Nature des choses qui n'y étaient pas, c'est que cette Nature ne lui convenait pas, souffrait de défaillances. Les premiers hommes à avoir ainsi "souillé" la Nature ne sont autres que ceux qui s'autorisèrent à transformer des parois de grottes en tableaux ! Au lieu de faire comme les autres animaux qui laissent la Nature en paix et se contentent de ce qu'elle leur donne, voilà en effet des humains qui, eux, la maculèrent - dieu seul sait pourquoi ! - par des dessins fabuleux de scènes de chasses (Grottes de Lascaux) !... Ensuite, d'autres hommes trouvèrent utile - quelle idée! - d'élever des habitations, ensuite, des villes...!

Alors même que la Nature est ce qu'elle est et qu'elle ne manque de rien, au regard de l'Homme, la Nature a donc toujours été trouée par le Manque. Sans ce Manque, l'émergence du Technocapitalisme serait totalement incompréhensible. Mais tout aussi bien, l'élévation des maisons, des ponts, des parcs, des musées, des administrations, des écoles, des savoirs..., bref des civilisations. Point de civilisation sans Manque. Le Manque est assurément consubstantiel à toute civilisation. Prenons un seul et unique exemple : Le Pouvoir politique. Sans le manque de justice ou d'égalité ou encore les tensions sociales qui trahissent certaines inégalités dans la répartition des biens (biens susceptibles de satisfaire le manque), point de Pouvoir politique. Le manque est donc l'essence de la Politique. Il suffit d'entendre "les promesses électorales" pour comprendre à quel point nos manques constituent leurs tremplins. Mais, à nouveau, ces manques dont nous nous plaignons et qui en appellent - en tant que manques - à des objets, forment des réponses au Manque, lui, sans objet.

Concluons. Déni de l'exclusion sociale, adoption et renforcement de la vision Technocapitaliste du monde et de ses désastres et enfin oubli de la spécificité de l'Homme, l'idéologie écologiste brille, incontestablement, par divers aveuglements. Une solidarité inconditionnelle avec les exclus lui ferait ainsi comprendre qu'avant de porter atteinte à la Nature ou au Climat, le Technocapitalisme saccage, d'abord, des êtres humains. Et le retour à la spécificité humaine, lui, lui révélerait que le Manque 1/ spécifie l'Homme; 2/ est, à outrance, exploité et aspiré par le Technocapitalisme (exploitation/aspiration lourdes de désastres planétaires obscurs) et 3/ est porteur d'une poésie où la Nature loin d'être réduite à des "fonds disponibles", est plutôt perçue et entendue comme l'écho nostalgique de l'exil de l'Homme de Son champ (Nature).

Par Ben Merieme Mohamed, assistant social et philosophe

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14 février 2019

Youth for Climate : marche de jeunes pour le climat Bruxelles

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30 janvier 2019

Les Iglous pour les sans-abri sont arrivés à Mons

https://www.lalibre.be/regions/hainaut/les-iglous-pour-les-sans-abri-sont-arrives-a-mons-5c50a49d7b50a60724273397

GATIEN LAMBERT Publié le mercredi 30 janvier 2019 à 09h57 - Mis à jour le mercredi 30 janvier 2019 à 09h57

HAINAUT Dix abris vont être distribués à des sans-abri qui dorment dans la rue.

Nous vous l’annoncions il y a plusieurs semaines, l’ASBL Solidarité SDF-Mons avait contacté l’inventeur bordelais des Iglous, ces abris révolutionnaires pour ceux qui dorment dans la rue. Dix Iglous sont arrivés lundi à Mons. L’association va pouvoir les distribuer.

"Nous avons fait une liste de SDF qui ne fréquentent pas l’abri de nuit, explique Romane Ben Naji de Solidarité SDF-Mons. Ceux que nous avons déjà contactés accueillent la chose de façon très positive. Nous allons commencer la distribution des Iglous. Nous nous sommes mis d’accord avec le CPAS de Mons pour que les Iglous ne soient pas tous rassemblés au même endroit. Ils seront installés dans des lieux assez discrets."

Tant de l’avis de l’associatif que des autorités, les Iglous ne constituent en rien une solution durable aux problèmes de logement. Par contre, ils peuvent en cas d’urgence protéger les SDF des vagues de froid. Le concept a été innové par un ingénieur bordelais. Pas chers, les Iglous sont compacts, pliables, ignufigés et recyclables. Surtout, leur isolation thermique permet de garder la chaleur humaine. Quand il gèle dehors, il fait 15° à l’intérieur de l’Iglou.

Un accord avec le CPAS

Dix de ces abris totalement innovants sont donc présents à Mons. Le CPAS a accueilli les démarches de l’ASBL Solidarité SDF-Mons avec enthousiasme, tout en veillant à garder un certain équilibre. Il ne faudrait pas en effet que les Iglous découragent les SDF de se rendre dans les structures d’accueil déjà existantes, ce qui les couperait des services de réinsertion sociale mis à leur disposition.

"Nous avons un accord avec le CPAS, poursuit Romane Ben Naji de Solidarité SDF-Mons. Ceux qui reçoivent un Iglou doivent s’engager à se rendre au moins une fois à l’abri de nuit du CPAS."

La chose n’est pas toujours évidente, tant certains peuvent être en contradiction avec toute forme d’institution. Mais ceux-là au moins ne mourront pas de froid à Mons.G.La.

Gatien Lambert

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08 janvier 2019

Bruxelles: un collectif de sans-abri dénonce l’inefficacité de la loi Onkelinx sur la réquisition d’immeubles abandonnés (vidéo)

https://www.lesoir.be/199372/article/2019-01-08/bruxelles-un-collectif-de-sans-abri-denonce-linefficacite-de-la-loi-onkelinx-sur

A l’appel du Front commun SDF, une petite trentaine de personnes se sont rassemblées mardi à 11h, devant l’entrée du couvent Gésù, rue Traversière à Saint-Josse-ten-Noode, pour enterrer la loi Onkelinx. Celle-ci donne la possibilité aux communes de réquisitionner des immeubles abandonnés en vue de mettre un terme au vagabondage.

Avec des affiches en main portant des messages du type «  Elle est restée lettre morte », les participants à l’action se sont regroupés autour d’un cercueil en papier auquel ils ont bouté le feu pour l’incinérer. «  Elle aura bien vécu : 25 ans ! », a lancé un des sans-abri présents pour marquer le quart de siècle d’existence de cette loi votée en décembre 1993. «  C’est illogique et inhumain », commente un autre. «  Il y a des maisons qui s’abîment. Personne ne les habite. Il y a peut-être des gens à qui elles appartiennent, mais je ne comprends pas pourquoi ils n’en font rien ».

https://www.rtl.be/info/video/693929.aspx

Jean Peeters, secrétaire du Front commun SDF qui procédait à la cérémonie en tenue de prêtre, a expliqué que la complexité de la loi l’avait rendue pratiquement inapplicable et que les ordonnances qui ont suivi en ce même sens n’ont pas réussi à simplifier les procédures. Il promeut dès lors l’interpellation citoyenne : «  C’est le seul moyen qui existe encore. Puisque les lois ne sont pas appliquées, les citoyens doivent intervenir eux-mêmes auprès des bourgmestres. (…) L’expérience a montré que l’application est possible dans les trois régions, mais il faut une volonté politique terrible et les politiques n’agiront que s’ils sont poussés par les citoyens ».

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18 octobre 2018

Un livre noir du logement en Région de Bruxelles-Capitale

Mesdames, Messieurs,

L'association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg a l'honneur de vous faire part de la parution du nouveau numéro de la revue Extimité:

 

 

Des âmes pieuses veulent nous faire croire que «la crise du logement» (hausse vertigineuse des loyers) qui sévit en Région de Bruxelles-Capitale loin d'appartenir à l'essence de cette dernière, ne constituerait somme toute qu'unaccident en défaut d'une relève de «solutions» politiques. Le combat contre la crise du logement nécessiterait donc, selon elles, des volontés politiques animées par le souci d'un Droit au logement pour toutes et tous. Or, de telles volontés, on le sait, ces âmes pieuses - apparemment - infatigables les recherchent désespérément depuis bientôt 30 ans. Et à l'heure actuelle, on le sait aussi, et ce malgré les dizaines de milliers d'êtres qui, corps et âme, en souffrent quotidiennement, ni un «Plus de logements sociaux !» ni un réel«Plafonnement des loyers privés» ne sont des objectifs que le Gouvernement régional considère comme prioritaires ou urgents.

Pourquoi donc cette indifférence politique et régionale à l'égard du sort des êtres qui souffrent de l'actuelle misère locative ? Parce que la «crise du logement» ne l'est que pour les seuls infortunés et non pas pour la Région (et ses représentants) pour qui, a contrario, cette «crise» est plutôt synonyme de «reprise du logement». En d'autres termes, si «la crise du logement» touche les «pauvres» (et moyennement «pauvres») et que la Région vise – quoi qu'Elle dise – exclusivement l'implantation en son sein de «riches» (et moyennement «riches») pour accroître ses entrées financières (IPP...), alors pour la Région la «crise du logement» constitue un réel signe d'«embourgeoisement» ou de «Top santé» économique - puisque seuls celles et ceux qui ont/auront des moyens financiers conséquents pourront désormais s'y établir. Pour la RBC, la «crise du logement» par son «Oust les pauvres !» est donc une grâce !

Voilà pourquoi les politiques épris que par l'emprise du seul Chiffre (le Progrès, disent-ils) ne voient ni n'entendent pas/plus les cris de détresse des infortunés bruxellois. Disons-le clairement : désormais, ces infortunés, politiquement, inexistentN'existe plus, par contre, que cette volonté politique radicale de faire de la RBC, via le processus de gentrification, un réel de «camp de concentration» pour «personnes aisées» - avec, à ses marges, ce «camp pour infortunés» que, certains, par ailleurs, s'attellent, subrepticement, à détruire à petit feu : le logement (semi) social.

Quoi que disent nos âmes pieuses, la «crise du logement» est doncconsubstantielle à la RBC. Dit autrement, la RBC est fondée sur l'exclusion des pauvres. Ce fondement inique implique des acteurs sociaux qui se coltinent la misère locative en RBC non pas de revendiquer «Plus de logements sociaux !» ou un «Plafonnement des loyers» qu'ils savent fondamentalement irréalistes ou impossibles à inscrire dans l'actuelle configuration politico-économique de la RBC, mais une défiguration du fondement régional lui-mêmePour ce, la fidélité à la langue (et donc aux situations) des infortunés - et non à celle de la RBC (et de ses objectifs) - s'impose car elle-seule dénonce le fondement régional comme une ignominie.

Il est donc de la responsabilité, du devoir, des acteurs sociaux de tenir le déni régional de la «crise du logement» - déni gros donc d'une abominable déshumanisation des infortunés - pour une réelle ignominie.

D'où, du côté de l'Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg (ALMK), l'urgence de cette publication : Un livre noir du logement en Région de Bruxelles-Capitale.

Un livre noir du Logement en Région de Bruxelles-capitale a été écrit par Ben Merieme Mohamed, assistant social à l'Association des Locataires de Molenbeek et Koekelberg (ALMK). Il y travaille depuis 1988.

 

Vous êtes cordialement invité à assister à la présentation de cet ouvrage le jeudi 8 novembre de 14h00' à 16h00' au bureau de l'association sis
54 boulevard du Jubilé à 1080 Bruxelles

 

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10 octobre 2018

Emir, notre Gesù

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À Saint-Josse, l’enlisement du projet Gesù attise les crispations

https://plus.lesoir.be/183771/article/2018-10-10/saint-josse-lenlisement-du-projet-gesu-attise-les-crispations

Pierre Buyssens veut développer 8.000 m² de surfaces commerciales et 14.000 m² de logements dans l’ancienne église située rue Royale.
Pierre Buyssens veut développer 8.000 m² de surfaces commerciales et 14.000 m² de logements dans l’ancienne église située rue Royale. - Pierre-Yves Thienpont.

Il y a presque cinq ans, les 220 personnes qui occupaient l’église désacralisée dite du « Gesù » se voyaient expulsées manu militari sur décision de la commune de Saint-Josse et de son bourgmestre, Emir Kir (PS). A l’approche imminente de « l’anniversaire » de l’éviction des habitants du bâtiment située rue Royale (au niveau du jardin Botanique), plusieurs associations engagées dans la lutte pour le droit au logement ont saisi l’occasion pour monter au créneau et dénoncer l’absence de projets concrets sur les lieux depuis les faits ainsi que la situation toujours instable d’anciens occupants. Face à cette vacance inutile, les acteurs du monde associatif mobilisés autour de la question ont exprimé le souhait de voir la Région racheter le Gesù à son actuel propriétaire, l’investisseur suisse Pierre Buyssens, dans le but d’y développer des logements sociaux.

Pour rappel, le propriétaire des lieux nourrissait initialement l’ambition de faire du Gesù un hôtel 5 étoiles doublé d’un spa, d’une salle de spectacle et d’un cinéma. Après avoir obtenu le permis nécessaire en août 2015, ce dernier a rapidement déchanté. Un recours portant sur les charges d’urbanisme liées au permis, introduit par plusieurs associations, coupait en effet les ailes du projet en novembre de la même année.

Trois ans plus tard, la décision du Conseil d’Etat se fait toujours désirer. En attente du verdict, Pierre Buyssens déclarait l’an dernier à nos confrères de La DH qu’il envisageait de déposer une version plus light du projet, en proposant de supprimer l’hôtel de l’équation et de développer à la place 8.000 m² de surfaces commerciales, 14.000 m² de logements ainsi que du parking en sous-sol.

Projet mixte à la place ?

Quid, à l’heure actuelle ? A Saint-Josse, on dit en tout cas ne plus avoir entendu parler de cette nouvelle mouture depuis belle lurette. Aucune demande de permis n’a été introduite auprès de la commune depuis la sortie de l’investisseur, soutient Emir Kir, qui montre des signes d’impatience. « Nous avons commencé à ouvrir une discussion avec la Région. Cela veut dire que si ça ne bouge pas, nous envisagerons de prendre l’initiative à notre niveau  », laisse entendre ce dernier, sans vraiment offrir plus de précision. Dans l’opposition, Ecolo plaide également pour une intervention des pouvoirs publics dans le dossier, soit via un rachat par la Région, soit via une procédure d’expropriation par la commune. À la place, un projet mixte comprenant logements publics régionaux et nouvelles écoles communales serait le bienvenu, estime la conseillère communale Zoé Genot, qui accuse au passage le propriétaire des lieux de ne pas réellement vouloir mener le projet à bien. « Il achète, fait des permis et laisse la situation pourrir avant de revendre ».

Depuis la Suisse, Pierre Buyssens rétorque que la nouvelle version du projet est toujours bien sur les rails et qu’il s’agit simplement de finaliser les études architecturales. « On estime qu’il nous faudra encore trois ou quatre mois avant de pouvoir introduire les demandes de permis », nous garantit le propriétaire, niant toute intention de ne pas réellement vouloir mener le projet à bien. « C’est d’ailleurs mon fils Alexandre qui va gérer l’exploitation de la partie commerciale », ajoute-t-il en preuve de bonne foi, promettant à la clé la création de 82 emplois. « Nous ne sommes pas des spéculateurs plus que n’importe quel magasin de tabac ou de journaux qui achète un bien pour le revendre plus cher ».

L’hôtel 5 étoiles bel et bien abandonné

 A.SE.

S’il est bien une chose qui semble certaine dans ce dossier aux contours très flous, c’est que Pierre Buyssens a définitivement jeté aux oubliettes son projet initial de bâtir un luxueux hôtel sur le site du Gesù. Là où le Suisse laissait encore planer le doute il y a un an en estimant qu’il continuait à placer de l’espoir dans la décision du Conseil d’État, il se montre désormais bien plus tranché. « Je crois qu’un point de non-retour a été atteint au niveau de l’hôtel. Même si je reçois un jugement favorable, je me vois mal continuer le projet », déclare l’investisseur.

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Cinq ans après l'expulsion, le bâtiment du Gesù à Saint-Josse est toujours vide

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_cinq-ans-apres-l-expulsion-le-batiment-du-gesu-a-saint-josse-est-toujours-vide?id=10041619

Il y a cinq ans, les 220 occupants de l'ancien couvent du Gesù, en face du Botanique, étaient délogés. Pendant plusieurs années, cet immeuble vide de St-Josse avaient été occupé par des familles précarisées. Mais la dégradation des lieux et de la sécurité a poussé le bourgmestre à ordonner l'expulsion. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, l'immeuble est pourtant toujours vide et diverses ASBL dénoncent la situation.

"Certes à l'intérieur, il y avait des problèmes. Mais au lieu d'aider les occupants pour leur permettre de rester encore sur place jusqu'au début des travaux, dans de bonnes conditions, l'Etat, personnifié ici par le bourgmestre de Saint-Josse, a préféré mettre tout le monde dehors",dénoncent 8 signataires dont la Fédération Bruxelloise de l'Union pour le logement.

Et précisent par ailleurs: "Il y a beaucoup d'occupations d'immeubles vides à Bruxelles. Trop souvent il s'agit aussi et surtout de la seule option de relogement quand on n'a pas ou peu de revenus." C'est pourquoi, ajoutent-ils, "nous demandons en vertu d'un principe de solidarité élémentaire que soit consacré le fait qu'une occupation précaire ne pourra être mise à mal tant que le projet immobilier ne sera pas sur le point d'être mis en oeuvre et sans que des possibilités de relogement aient été dégagées pour tous les occupants."

Le bâtiment pas prêt d'être transformé

Les signataires demandent par ailleurs la fin de la loi anti-squat de 2017 et le rachat du bâtiment Gesu par la Région bruxelloise pour en faire des logements sociaux. Et ce, "en accordant la priorité du relogement aux expulsés du Gesù toujours en recherche d'un logement stable et décent."

Le Couvent du Gesu n'est toutefois pas prêt d'être transformé. Un recours contre le permis d'urbanisme est toujours pendant. Il avait été introduit par l'Arau (l'Atelier de Recherche et d'action Urbaines) et Inter-Environnement Bruxelles. Le Conseil d'état devrait trancher prochainement.

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Saint-Josse : Cinq ans après les expulsions, le Gesù est toujours vide

http://www.dhnet.be/regions/bruxelles/saint-josse-cinq-ans-apres-les-expulsions-le-gesu-est-toujours-vide-5bbe22aecd708c805c20446f

Des associations demandent que la Région le rachète afin d'en faire des logement sociaux.

Cinq ans après l'expulsion du squat du Gesù à Saint-Josse-ten-Noode, des associations de droit au logement dénoncent mercredi l'absurdité de cette décision puisque le bâtiment est toujours vacant. Elles demandent que la Région le rachète afin d'en faire des logement sociaux. L'ancien couvent du Gesù, situé rue Traversière, abritait 220 personnes, dont 96 enfants, qui l'occupaient depuis plus de 3 ans en vertu d'une convention d'occupation précaire. Elles en ont été expulsées le 4 novembre 2013 et une partie d'entre elles avait été relogée temporairement à l'époque. Le bâtiment, qui devait être transformé en hôtel, est actuellement toujours vide.

"Le coût humain et économique de cette expulsion a été considérable. Un réseau de solidarité a été démantelé, les occupants, dont le seul crime était d'être pauvres et, certains, sans-papiers, ont été traumatisés. 250 policiers ont été mobilisés pour cette action et une centaine de personnes ont dû être prises en charge par le Samusocial, se souvient Emmanuelle Rabouin, coordinatrice de l' ASBL Union des Locataires Marollienne.

"Tout cela pour rien puisque le Gesù est toujours vide. N'aurait-il pas été plus économique d'investir dans des travaux de sécurisation du bâtiment plutôt que de procéder à cette expulsion aussi absurde qu'inhumaine ?", s'interroge-t-elle, demandant que le Gesù soit racheté par la Région afin d'en faire des logements sociaux.

Les associations de droit au logement demandent également qu'aucune occupation précaire ne puisse être mise à mal tant qu'un projet immobilier n'est pas sur le point d'être mis en oeuvre et sans que des possibilités de relogement aient été dégagées pour tous les occupants.

Elles dénoncent aussi la loi anti-squat de 2017 qui, selon elles, criminalise les plus démunis. Elles en demandent son retrait.

Le développement de logements d'urgence et sociaux par les autorités publiques ainsi que l'accès à des revenus minimum garantis pour toute personne résidant sur le sol belge comptent également parmi leurs revendications.

Belga

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Saint-Josse: le Gesù toujours vide cinq ans après l’expulsion de 220 personnes

https://bx1.be/news/saint-josse-gesu-toujours-vide-cinq-ans-apres-lexpulsion-de-220-personnes/

Les associations de lutte contre les immeubles vides et de droit au logement déplorent la situation à l’église du Gesù. Depuis cinq ans, elle ne sert que de dépôt communal.

Voici près de cinq ans, un matin, la police débarquait à l’église du Gesù, rue Royale à Saint-Josse. Les lieux étaient occupés depuis plusieurs années par des familles roms. Ce jour-là, sans concertation avec les associations qui les prenaient en charge, le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir (PS), ordonne l’expulsion de 220 personnes dont 96 enfants. Les familles sont alors emmenée dans différents centres et de solutions de relogement sont trouvées avec beaucoup de difficultés. En même temps, de nombreuses personnes disparaissent dans la nature.

Un bâtiment toujours vide

Depuis, il ne s’est rien passé dans l’ancien couvent. Les locaux servent d’entrepôt pour la commune. Seul le rez-de-chaussée est occupé. Du coup, les associations qui militent pour le droit au logement ont décidé d’interpeller les politiques à quelques jours du scrutin. De manière générale, elles demandent que les occupations précaires ne soient pas mises à mal tant que le projet immobilier ne sera pas sur le point d’être mis en oeuvre et sans que des possibilités de relogement aient été dégagées pour tous les occupants. Elles souhaitent aussi une construction de logements d’urgence et que soit retirée la loi anti-squat de 2017.

Concernant le Gesù, les associations demandent que le bâtiment soit racheté par la Région afin d’y créer des logements sociaux.

Un projet à l’arrêt

En 2015, le projet de transformation de l’église en hôtel de luxe et près de 70 logements obtient ses permis mais aussi ses recours. L’Arau et InterEnvironnement Bruxelles en déposent un auprès du conseil d’Etat par rapport aux charges d’urbanisme. Pour les associations, elles ne sont pas assez élevées. Du coup, Pierre Buyssens, le propriétaire, ne peut démarrer les travaux. Et cela fait 14 ans qu’il propose des projets, les amendent et engage des avocats pour se défendre devant le conseil d’Etat.

L’an dernier, il avouait penser à jeter l’éponge. Il travaille sur un nouveau projet qui disposerait de 8.000m² de surfaces commerciales et de 14.000m² de logements. Seules les 195 places de parking sont conservées. Pierre Buyssens a déjà investi plus de 25 millions d’euros dans le projet.

A l’heure actuelle, il n’a toujours pas déposé une demande de permis d’urbanisme pour le nouveau projet. Il espère toujours que la décision du conseil d’Etat soit rendue prochainement.

Vanessa Lhuillier/crédit: Belga

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CONFÉRENCE DE PRESSE LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 À 11H00, 175 RUE ROYALE (EN FACE DU BOTANIQUE)

GESU : TOUJOURS VIDE 5 ANS APRÈS L’EXPULSION... !

LOI ANTI-SQUAT, CRIMINALISATION DES SQUATTEURS...
A QUAND UNE POLITIQUE DU LOGEMENT PLUS HUMAINE ET MOINS ABSURDE?

4/11/2013, 5h du matin, 250 policiers suréquipés investissent le bâtiment du Gesù à Saint-Josse, sur ordre du bourgmestre, socialiste, Emir Kir avec l’accord tacite et l’appui d’autorités fédérales et régionales.

Pour arrêter de dangereux terroristes ? Non, pour expulser 220 personnes, dont 96 enfants, qui occupaient ce bâtiment depuis plus de 3 ans en vertu d’une convention d’occupation signée devant le juge de paix de Saint-Josse,...

Certes à l’intérieur, des problèmes il y en avait, mais au lieu d’aider les occupants pour leur permettre de rester encore sur place jusqu’au début des travaux, dans de bonnes conditions, l’Etat, personnifié ici par le bourgmestre de Saint-Josse, a préféré mettre tout le monde dehors, mettre fin à un réseau de solidarité, tirant du lit des familles, des enfants, terrorisés et dont le seul crime est d’être pauvre et, pour certains, sans- papier....

La logique et l’humanité face à la violence de la répression et l’absurdité ?

Et ce n’est pas fini, des occupations d’immeubles vides, il y en a beaucoup à Bruxelles : dans le meilleur des cas, c'est un choix de vie communautaire, mais trop souvent il s'agit aussi et surtout de la seule option de relogement quand on n’a pas ou peu de revenus. Dans un contexte de crise de logement avérée, l'Etat, plutôt que de proposer des solutions au mal-logement, préfère adopter une loi qui criminalise des squatteurs (le 5/10/17)...

C’est pourquoi, nous demandons, en vertu d'un principe de solidarité élémentaire, quidevrait constituer le socle de l'action publique :

  1. Que soit consacré le fait qu'aucune occupation précaire (conventionnée ou en voie de l’être) ne pourra être mise à mal tant que le projet immobilier ne sera pas sur le point d'être mis en oeuvre et sans que des possibilités de relogement aient été dégagées pour tous les occupants;

  2. Que les autorités publiques compétentes s'activent sérieusement afin de développer une offre suffisante 1) de logements d'urgence (accueil des plus démunis en situation de crise - cf. migrants par ex.) et 2) de logements sociaux;

  3. Que soit retirée la loi anti-squat de 2017, qui n'est porteuse de rien d'autre que de la criminalisation des plus démunis, la défense froide du droit de propriété au mépris de règles élémentaires de solidarité et du droit (reconnu par la Constitution) de vivre une vie conforme à la dignité humaine ;

  4. Que toute personne résidant sur le sol belge puisse accéder à des revenus minimum garantis, quelle que soit sa situation administrative.

Et pour mettre fin à la situation absurde du GESÙ, toujours vide, nous demandons :

UN RACHAT DU BÂTIMENT PAR LA RÉGION POUR EN FAIRE DES LOGEMENTS SOCIAUX

En accordant la priorité du relogement aux expulsés du Gesù qui sont toujours en recherche d’un logement stable et décent.

Signataires:

G-H Beauthier, ULM (Jocelyne Vouloir), ULSG (Stanislas MPunga), Ocasa (Robert Ruyffelaere), Tadzio Baudoux, Jacques Wathelet. FEBUL (Nicolas Bernard), Woningen123Logements (Marie Ringlet).

Contacts :

Avocats bénévoles des occupants (Alexis Deswaef et Georges-Henri Beauthier – 0496/51.16.06)
ULM (
Union des Locataires Marolllienne asbl) : tél : Emmanuelle Rabouin (0486/90.81.64) Jocelyne Vouloir (0485/42.16.72) et Kathleen Boulanger (0486/89.52.23).
ULSG (
Union des Locataires de Saint-Gilles asbl): tél : Svetlana (0474 067 704), suivi des familles expulsées.
FEBUL (Fédération Bruxelloise de l’Union pour le Logement asbl) : tél : Maria Krislova 0471/05.26.07 (relogement de qqs familles, agence occupation, recours loi anti-squat).
Jacques Wathelet : Tél : 0479/61.09.14 (bénévole – soutien à des familles pendant et après l’occupation)
Woningen123Logements ASBL: Réginald de Potesta de Waleffe (0472/500.190).
Ocasa ASBL : Robert Ruyffelaere : Tél : 
0471.036.482 (Accompagnement de 9 familles, ex-occupants)

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01 octobre 2018

Jusqu’à 417 heures de risque de pénurie d’électricité cet hiver

http://www.lesoir.be/181558/article/2018-10-01/jusqua-417-heures-de-risque-de-penurie-delectricite-cet-hiver

Edition numérique des abonnés

Le risque de pénurie d’électricité est toujours là (et bien là). Le Soir a pu mettre la main sur les nouveaux chiffres d’Elia, le gestionnaire de réseau. Des chiffres issus d’un document tout frais, daté du vendredi 28 septembre. Et qui prennent en compte les 750 MW supplémentaires dénichés la semaine dernière par la task-force spéciale « pénurie », mise sur pied en catastrophe par la ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem.

Verdict ? Il manque toujours entre 1.000 et 1.200 MW pour passer l’hiver à l’abri. Comprenez : pour réduire à zéro (ou presque) le risque de coupure de courant volontaire cet hiver (le délestage). Ce manque correspond à un gros réacteur nucléaire. Or on ne voit pas bien quelles sont les marges de manœuvre dont la Belgique dispose pour combler l’intégralité de ce trou.

De 267 à 417 heures

Quid si l’on ne trouve pas ces capacités ? Il existe un risque, sérieux, de devoir actionner le plan de délestage. Et les chiffres donnent le tournis : le risque de pénurie est de 267 heures, en cas d’hiver normal, selon Elia. Et il grimpe à 417 heures en cas d’hiver particulièrement rude. Des chiffres liés aux informations disponibles vendredi dernier. Et qui sont encore susceptibles d’évoluer (« ils sont actualisés au jour le jour », entend-on).

Précisons bien ce que signifie ce chiffre. Dans le jargon, on l’appelle le LOLE (Loss of Load Expectation). Selon la définition légale, il s’agit du « nombre prévu d’heures pendant lesquelles la charge ne pourra pas être couverte par l’ensemble des moyens de production à disposition du réseau électrique belge, tenant compte des interconnexions ». Autrement dit, le nombre d’heures durant lesquelles la consommation des Belges risque de ne pas être couverte par les moyens de production (importation comprise). Dès qu’il manque, ne fut-ce qu’un mégawatt durant une heure, le LOLE augmente. Même si une pénurie d’un MW ne devrait pas provoquer d’activation du plan de délestage, évidemment. Le chiffre représente donc le nombre d’heures de risque de pénurie d’électricité. Mais pas le nombre d’heures où il sera nécessaire d’activer le plan de délestage (forcément inférieur).

Audition ce mardi au Parlement

Pour l’instant, Elia se refuse à tout commentaire. Et réserve sa présentation chiffrée au Parlement, où son CEO Chris Peeters sera auditionné ce mardi.

Notons que les chiffres de lundi dernier (sans les 750 MW bonus) étaient encore plus alarmistes : 494 heures de risque de pénurie pour un hiver standard, et 694 heures pour un hiver glacial. C’est sans doute pour cela qu’Elia et la ministre de l’Energie n’ont pas souhaité les diffuser.

Une petite comparaison pour finir, pour évaluer l’ampleur du problème. Lors de l’hiver 2014-2015 (où la question de l’activation du plan de délestage s’est posée pour la première fois), le LOLE était de 49 heures pour un hiver standard. Et 116 heures pour un hiver très rude. La situation actuelle est nettement plus critique.

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01 août 2018

Le squat 123 rue Royale fermera bientôt ses portes

https://bx1.be/news/squat-123-rue-royale-fermera-bientot-portes/

C’est une page de l’histoire du squat 123 qui se tourne. Après 11 ans d’occupation, le bail d’occupation précaire touche à sa fin. 65 personnes doivent donc quitter les lieux.

Le 123 rue Royale, une adresse bien connue des amateurs de musique underground car le 123 ce n’est pas qu’un squat c’est aussi une salle de concert et d’exposition. Depuis 11 ans, le squat bénéficie d’un bail d’occupation précaire qui l’autorise à habiter cet ancien bâtiment de la Région wallonne. Aujourd’hui, la battisse est vendue. D’ici octobre prochain, les quelques 65 occupants devront trouver un nouvel endroit. Les membres du 123 sont déjà à la recherche d’un nouveau bâtiment.

  • Reportage Jean-Christophe Pesesse et Marjorie Fellinger

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25 juillet 2018

Elle bloque un vol pour empêcher une expulsion

https://www.7sur7.be/7s7/fr/31482/Le-meilleur-du-web/article/detail/3456481/2018/07/25/Elle-bloque-un-vol-pour-empecher-une-expulsion.dhtml

25/07/18 - 10h44  Source: AJ+, Guardian

VIDÉO Alors que l'avion était sur le point de décoller, une étudiante suédoise a réfusé de s'asseoir pour protester.

Pendant deux heures, Elin Ersson, 22 ans ans, a refusé de s'asseoir à bord du vol Göteborg - Istanbul pour protester contre l'expulsion d'un demandeur d'asile afghan présent en cabine.

La jeune étudiante suédoise a réussi à clouer l'avion au sol: il ne pouvait en effet pas décoller tant qu'elle restait debout.

Elle a diffusé les images de son acte de résistance en direct sur Facebook Live ce 23 juillet dernier. Une vidéo qui a dépassé le million de vues, selon le Guardian, et été relayée sur de nombreux sites d'information à travers le monde.

L'opération n'a pas été appréciée par la compagnie et l'équipage a plusieurs fois tenté de lui ravir son téléphone. Parmi les passagers, les sentiments étaient partagés entre colère et compréhension. Certains ont manifesté leur mécontentement d'être ainsi pris en otage. D'autres, au contraire, ont suivi le mouvement et se sont levés en solidarité.

Le demandeur d'asile afghan a finalement été débarqué. La jeune militante également. On ignore les sanctions qui on été prises à son encontre.

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Le réacteur Tihange 2 "en phase de redémarrage"

https://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/3456457/2018/07/25/Le-reacteur-Tihange-2-quot-en-phase-de-redemarrage-quot.dhtml

25/07/18 - 07h43  Source: Belga

© photo news.

Le réacteur Tihange 2, arrêté lundi de manière non programmée, est en "phase de redémarrage" depuis mercredi peu après minuit, a confirmé le porte-parole d'Engie Electrabel. La centrale sera effectivement relancée vers 8h.

L'arrêt automatique de Tihange 2 était survenu à la suite d'un problème au niveau de la connexion avec le réseau haute-tension. Le redémarrage de Doel 3 est aussi en cours. Dans le courant de la journée mercredi, la centrale devrait être opérationnelle à 100% à nouveau.

Depuis septembre l'an passé, la centrale était à l'arrêt après la constatation de dégradation du plafond et des murs d'un bunker près du bâtiment du réacteur.

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