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12 mai 2022

Allocation-loyer : la Région bruxelloise mise en demeure par un groupe de locataires

https://bx1.be/categories/news/allocation-loyer-la-region-bruxelloise-mise-en-demeure-par-un-groupe-de-locataires/

11 mai 2022 - 18h37
Modifié le 11 mai 2022 - 18h37

 

Sollicité par un groupe de locataires, le cabinet d’avocats WATT Legal, spécialisé en actions collectives financières et économiques, a annoncé mercredi qu’il mettrait en demeure, d’ici la fin de la semaine, la Région de Bruxelles-Capitale de rendre accessible l’allocation-loyer, prévue depuis 2013 pour pallier le manque de logements sociaux.

En l’absence de réponse, le cabinet d’avocats prévoit d’intenter dans trois à quatre semaines, astreintes à la clé, une action en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles au nom d’un collectif représentatif à constituer.

12.000 ménages en attente

Il y a environ 12.000 ménages en attente d’un logement social qui, depuis 2013, auraient dû bénéficier d’une allocation-logement pour les aider à se loger dans le privé“, a souligné Me Laurent Arnauts, du cabinet WATT Legal. “Des dizaines de millions d’euros sont prévus pour cette allocation mais dorment sur les comptes du gouvernement bruxellois“. Environ 30 millions d’euros sont ainsi inscrits chaque année au budget régional.

► À lire aussi | Plus de 11.500 demandeurs attendent une allocation-loyer

Instituée par l’arrêté du gouvernement bruxellois du 21 juin 2012, en vue d’une entrée en vigueur en 2013, l’allocation a été fixée au départ à 100 euros mensuels par famille, auxquels s’ajoutent 10 euros par enfant jusqu’à un maximum de 50 euros en supplément. En huit ans, seuls quelques centaines de ménages sont parvenus à compléter la procédure initiale et à obtenir l’allocation.

► Interview | Move’Hub : un projet de 52.000 m² dans le quartier du Midi

La Région a réduit les exigences administratives avec un arrêté datant du 15 juillet dernier. Environ 400 familles ont depuis lors terminé la nouvelle procédure mais l’allocation ne leur a pas encore été versée, selon les données du cabinet WATT Legal.

► À (re)voir | Autrement – Construire soi-même son logement, c’est possible !

Estimant ce mur administratif infranchissable pour un grand nombre de personnes précarisées, Me Arnauts appelle à donner d’emblée l’allocation aux ménages figurant sur la liste d’attente pour un logement social et à instaurer un contrôle a posteriori avec prélèvement des remboursements via les impôts.

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11.599 familles en situation précaire attendent leur allocation-loyer depuis 4 mois: des solutions doivent être trouvées - Ecolo

https://ecolo.be/actualites/11-599-familles-en-situation-precaire-attendent-leur-allocation-loyer-depuis-4-mois-des-solutions-doivent-etre-trouvees/

Publié le 28 avril 2022

L’allocation-loyer est une aide financière qui permet de couvrir une partie du loyer en attendant l’attribution d’un logement social. Actuellement, 11.599 familles ont été inscrites pour percevoir une allocation-loyer à Bruxelles mais n’en bénéficient pas. Seuls 400 ménages, qui bénéficiaient déjà de l’ancien système, ont pu voir leurs allocations débloquées suite aux échanges parlementaires début février.

L’ordonnance de 2018 instaurant une allocation-loyer n’a jamais abouti en raison d’une mise en œuvre trop complexe. Un nouveau système, entré en vigueur le 1er octobre 2021, a été mis en place par la Secrétaire d’État en charge du logement, Nawal Ben Hamou, et a pour objectif d’instaurer une attribution semi-automatique de l’allocation-loyer, qui pourrait ainsi bénéficier à 12.500 ménages pour un budget global de 38 millions d’euros.

Les écologistes ont soutenu la révision en profondeur de l’ordonnance, la simplification de la procédure et l’assouplissement des critères d’octroi par le Gouvernement bruxellois. Mais dès janvier, la députée bruxelloise Ecolo, Zoé Genot, a attiré l’attention de la Secrétaire d’État sur les dysfonctionnements et la mise en place du nouveau système qui accumulait trop de retard: “Les obstacles administratifs liés à l’échange de données n’ont pas été correctement anticipés, le protocole entre Bruxelles-Logement, le SPF Finances fédéral et la Banque-Carrefour de la Sécurité sociale a tardé, des problèmes informatiques sont aussi évoqués, bloquant ainsi l’octroi d’allocations-loyers à des milliers de familles”, explique Zoé Genot.

Si la Secrétaire d’État avait promis que tous les problèmes seraient résolus pour le 28 mars, nous sommes fin avril et les 11.599 familles concernées attendent depuis plus de 4 mois, consultant leur compte bancaire avec espoir. Les 160 euros, plus un supplément de 20 à 40 euros par enfant, étant attendus avec une grande impatience au vu de la situation.

Pour la quatrième fois depuis le début de l’année, ce jeudi, Zoé Genot a interpellé Nawal Ben Hamou en Commission Logement afin que ces familles ne soient pas oubliées. Les demandes de paiement sont toujours en traitement, un cabinet de consultant a été engagé, mais aucune date n’est donnée pour le paiement de tous les dossiers en attente. Ecolo plaide pour que des avances soient rapidement versées aux familles concernées et que des solutions structurelles soient trouvées pour que les allocations-loyers puissent être distribuées aux familles qui y ont droit.

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15 novembre 2021

Le conspirationnisme des nuls, par les nuls et pour les nuls.

https://bam.news/tribune/le-conspirationnisme-des-nuls-par-les-nuls-et-pour-les-nuls/

Michel Rosenzweig  08-11-2021

Dans son article anticomplotiste paru sur le site de la RTBF le 6 novembre 2021 Francoise Berlaimont cite la spécialiste belge du conspirationnisme Marie Peltier (https://www.facebook.com/Marie-Peltier-Officiel-224817888095414) afin d’appuyer sa critique envers les auteurs qui traitent du livre du Great Reset du Klaus Schwab et Thierry Malleret. 1.
Un classique du genre.

Je mets au défi toute personne un peu censée et éclairée de démêler honnêtement le vrai du faux entre dictature et démocratie dans ce passage:

"Il faut faire la différence entre démocratie et dictature", rappelle Marie Peltier. "Que Poutine ou le régime chinois utilisent les dernières technologies pour surveiller les opposants et les citoyens, c’est une réalité. Le problème, c’est que les conspirationnistes assimilent la démocratie et la dictature. En démocratie, la surveillance est encadrée par des lois, des organismes de contrôle, rappelle-t-elle.".

De quoi parle-t-on exactement?

Selon Gaëtan Lepage, titulaire d'un master en science politique (ULB), il y a une double erreur conceptuelle dans ce passage : "C'est tout à fait faux et pour deux raisons" :

1) Elle commet tout d'abord une erreur théorique, preuve de méconnaissance du droit et de la théorie des régimes politiques. Les Etats autoritaires peuvent être des Etats de droit. Ce n'est pas parce que l'Etat s'autorise lui-même à surveiller ses citoyens que cette surveillance est légitime et que l'Etat demeure une démocratie pleine et entière.
Une démocratie doit respecter plusieurs critères et l'Etat de droit n'en est qu'un seul.

2) Marie Peltier commet une seconde erreur, cette fois conceptuelle : la dictature et la démocratie ne sont pas des concepts découplés l'un de l'autre : il y a un continuum entre les deux, une zone grise constituée par les démocraties dégradées et les Etats autoritaires en mutation démocratique. De ce fait, les complotistes et les anxieux font effectivement l'erreur de crier un peu vite à la dictature mais Mme Peltier fait exactement l'inverse en opposant uniquement une vision manichéenne du concept, représenté par la Russie ou la Chine. En fait, elle exclut de la réalité une vision plus nuancée, la notion de démocratie dégradée, en refusant de voir la démocratie et la dictature autrement que comme des concepts absolus (idéal-type). Bref, elle fait exactement l'erreur qu'elle reproche aux complotistes mais à l'inverse. Voilà ce qui arrive quand on laisse des historiens se lancer dans la description des régimes politiques.

Notre démocratie qui a été violée et saccagée depuis 18 mois, est-elle encore une vraie démocratie fondée comme auparavant sur l’état de droit, le respect de la constitution, le débat parlementaire la concertation et la consultation des corps intermédiaires ainsi que sur le respect des droits de l’homme ?

Je ne le pense pas.

Mais Marie Peltier continue à le penser en opposant notre belle démocratie en roue libre, sanitairement tyrannique, avec la dictature russe ou chinoise alors qu’en réalité elle en a copié les fondements sur bien des points, dont le crédit social chinois... mais, pour elle :
"Le logiciel idéologique des complotistes vise à discréditer la démocratie, en disant qu’elle se comporte comme une dictature."

Vraiment ?

Quelle est aujourd’hui la frontière entre un régime autoritaire, dictatorial, totalitaire et la démocratie actuelle lorsque celle-ci a réglé la vie privée des individus selon de nouvelles normes anthroposociales sans aucune concertation et sans qu’on leur demande leur avis ?

Où est la frontière entre ces deux régimes lorsque les libertés fondamentales, se réunir, se mouvoir, voyager, se soigner, visiter un proche à l’hôpital, acheter des biens, avoir accès aux services, etc., ont été conditionnées de manière unilatérale par des mesures et des lois sanitaires contraignantes, restrictives et ségrégationnistes, des lois votées par des assemblées désertées de godillots entérinant, comme une chambre d’écho ces mesures gouvernementales sans véritables débats contradictoires?

Comment nomme-t-on juridiquement un régime qui s’est arrogé le droit de définir les bons et les mauvais citoyens en fonction de leur état de santé vaccinal et infectieux ?

Comment appelle-t-on un régime qui décide pour nous ce qui est correct de penser et ce qui ne l’est pas, en censurant ceux qui ne pensent pas comme ce régime l’entend ?

Quel est le nom du régime qui interdit aux médecins de traiter une maladie comme ils l’entendent et qui discrédite et disqualifie ces traitements, en frappant certaines molécules archi connues, du sceau d’une toxicité inédite et jusque là étrangement inconnue?

Quel est le qualificatif adéquat pour décrire un régime qui laisse les gens mourir par défaut de soins et qui altère les fondements de la médecine hippocratique multiséculaire?

Comment décrire un régime qui s’arroge le droit de pénaliser socialement les individus sans passer par la case justice, instruction, tribunal, jugement et sanction ?

Comme le dit très bien Guillaume Zambrano, maître de conférences en droit privé à l’université de Nîmes. : "Etre exclu des transports publics, hôpitaux, cafés, restaurants, bibliothèques, associations sportives et culturelles et autres lieux de réunion est une privation de liberté extrêmement lourde : c’est une privation du droit de réunion, de la liberté d’aller et de venir, une véritable exclusion de la vie sociale. Le plus grave est qu’il s’agit d’une sanction extrajudiciaire. Depuis le XVIIᵉ siècle et le Bill of Rights anglais destiné à limiter l’arbitraire des souverains, notre tradition juridique est fondée sur le principe de l’habeas corpus : toute personne privée de liberté a le droit de passer devant un juge. Mais avec le passe sanitaire, toute une catégorie de personnes reçoit une sanction pénale maximale sans qu’il y ait eu de jugement, sans même avoir pu se défendre." Le passe sanitaire est un moyen extrajudiciaire de désactiver socialement les gens. In Reporterre. 3

Qui ne constate pas sincèrement et honnêtement cet état de fait?

Ceux qui ont assurément le regard volontairement ou inconsciemment mutilé et la conscience endormie et/ou anesthésiée.
Ou encore les chercheurs qui ont des liens et des conflits d’intérêts avec les organismes qui les financent et les nourrissent en trahissant leur profession et leur serment.

Qui ne serait pas fondé aujourd’hui au minimum à douter et à questionner ce système tel qu’elle le décrit ici ?

Comment une chercheuse universitaire renommée peut-elle encore nier la réalité de ce que nous vivons depuis 18 mois et accabler les universitaires et les chercheurs qui doutent et ont une autre vision de la nouvelle réalité en les affublant de ce qualificatif stupide?

Comment ose-t-elle encore appeler ce régime sanitaire "démocratique" ?

À tout le moins elle aurait pu, dû, constater que ce régime démocratique a perdu sa légitimité au fil de ses manquements, de ses abus, de ses détournements, de ses pratiques falsificatrices et frauduleuses dans la restitution partielle et fragmentaire des données; dans le seul but de consolider ses orientations sanitaires décidées en cercles intimes et secrets.

Elle aurait ainsi dû mentionner que ce régime démocratique était devenu au minimum "adémocratique", l’utilisation du "a" privatif étant parfaitement adéquat pour décrire le processus de privation du pouvoir du "démos" dans ces affaires sanitaires.

Mais non, il est tellement plus confortable de stigmatiser ceux qui osent penser autrement en les habillant pour plusieurs hivers de divers costumes complotistes, conspirationnistes, nationalistes, extrêmes droitistes, extrêmes gauchistes, fascistes, antisémites.

Soit, rien d’étonnant de la part d’une chercheuse dont le fonds de commerce est le conspirationnisme, elle ne va quand même pas scier la branche sur laquelle elle est assise depuis longtemps.

Mais tout le monde n’est pas dupe et les non dupes errent comme disait le père Lacan.

Petit rappel Madame Peletier :

"La démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple" disait Abraham Lincoln.

Et ce pouvoir DU peuple a été confisqué PAR des sociopathes en bandes organisées à plusieurs niveaux, bourrés de conflits et de liens d’intérêts divers et variés; il est exercé contre le peuple et PAR des cénacles non élus de scientifiques et de politiques POUR et afin de conserver leur pouvoir sur le peuple par opportunisme politique à la faveur de cette pandémie déclarée de manière unilatérale par l’OMS et immédiatement récupérée par le forum de Davos et son programme du Great Reset 2.

Coïncidence toute fortuite, circulez, rien à voir.

En réalité, cette démocratie-là est morte et avec elle l’état de droit tel que nous l’avons connu, ces droits ayant été bafoués, niés, dégradés par un biopouvoir sans scrupule et sans gêne en s’érigeant au-dessus des lois fondamentales au nom de la Santé élevée au rang de Souverain Bien alors qu’elle est en fait une valeur. Pire, cette valeur élevée en Bien et montée de toute pièce à l’aide d’une recette de pandémie perpétuelle est devenue une divinité et un dogme intouchable et c’est en son nom que les états d’urgence permanents ont été mis en place en violant l’état de droit. Très démocratique comme procédé.

Le lien entre la pandémie et le Great Reset est donc avéré et le programme de ce dernier est bien appliqué selon sa feuille de route.

Est-ce conspirationniste de le constater, de l’écrire et de l’analyser ?

"L’interprétation du Grand Reset est faussée par une vision préétablie", analyse Marie Peltier. "

Il est indéniable, pour les avoir lues, que certaines théories interprètent ce texte en fonction de leurs convictions conspirationnistes et le Great Reset est une aubaine inouïe qui conforte leurs convictions, certes, car les théoriciens de la conspiration existent. Et alors ?

Plus loin elle dit encore, je cite :

"Les conspirationnistes sont persuadés que" le système s’organise dans l’ombre et nous vend des projets qui sont en fait le fruit de manigances cachées pour nous manipuler. Dès que le discours est tenu par des personnalités connues, la réaction est encore plus vive : 'Le système nous manipule et donc veut nous surveiller'.

Question : toute personne souscrivant à ce constat et cette proposition est-elle nécessairement conspirationniste? Pourquoi faire l’amalgame?

À quel titre ?

Être persuadé après analyse que "le système s’organise dans l’ombre et nous vend des projets qui sont en fait le fruit de manigances cachées pour nous manipuler et nous surveiller" relèverait donc pour Marie Peltier, automatiquement du conspirationnisme.

Poursuivons le raisonnement.

Penser que ces décisions se font dans l’ombre pour mettre en place une société de contrôle et de surveillance implique-t-il nécessairement l’idée d’une conspiration ?

Le déroulement des 18 derniers mois n’est-il pas assez clair et transparent pour tout simplement constater que la plupart des gouvernements ont suivi l’agenda de Davos décrit dans le livre de Schwab et Malleret ?

Qui peut encore le contester ?

Ceux qui tentent de nommer les choses depuis mars 2020 en tentant de rétablir une représentation et une carte plus exacte et plus juste du territoire sociopolitique sanitaire actuel ne sont pas plus conspirationnistes que ceux qui s’acharnent à les discréditer et à les disqualifier dans le but de ruiner leur crédibilité et de les détruire socialement et professionnellement en réécrivant constamment l’histoire de cette pandémie afin de justifier leur vision qu’ils considèrent comme une Vérité incontestable érigée en veau d’Or devant lequel nous serions tous sommés de nous prosterner sous peine de sanctions divines.

Nous sommes tous le conspirationniste d’un d’autre.

Ce n'est somme toute qu'une question de point de vue.

© Michel Rosenzweig et Gaëtan Lepage 6/11/2021


Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que la responsabilité de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celle de BAM!

Source photo :
https://www.facebook.com/100064392313917/posts/256195989870143/

Sources :

1. https://www.rtbf.be/.../detail_the-great-reset-un-livre...
2. https://www.weforum.org/great-reset#articles
3. https://reporterre.net/Le-passe-sanitaire-est-un-moyen...

 

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26 septembre 2021

Le non-vacciné devient le nouveau bouc émissaire de notre société

https://www.lalibre.be/debats/opinions/2021/09/26/le-non-vaccine-devient-le-nouveau-bouc-emissaire-de-notre-societe-DNFCKK253BCWTOMOP277CKCPJA/

La crise sanitaire finira un jour, en grande partie grâce aux vaccins. Mais il importe de s’interroger sur la société que l’on laissera après celle-ci.

Le non-vacciné devient le nouveau bouc émissaire de notre société
©BELGA
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Contribution externe

Une carte blanche de Vincent Laborderie, politologue (UCLouvain)

Le dernier Codeco devait être celui d’une levée partielle des contraintes liées à la lutte contre le Covid19. Mais, outre la fin du port du masque en Flandre, il fut en réalité marqué par la déclaration d’Alexander de Croo à l’encontre des non-vaccinés : "Cette épidémie est en train de devenir une épidémie de personnes non vaccinées. On rassemble aujourd'hui dans les soins intensifs des personnes qui ne sont pas vaccinées. Ce n'est pas acceptable. Ces personnes mettent en danger d'autres personnes".

Les mots sont lourds, en particulier venant d'un Premier ministre censé représenter tous les Belges mais qui, ce jour-là, a décidé de pointer du doigt nos compatriotes qui n'ont pas fait le choix de la vaccination. À l'entendre, les non-vaccinés seraient devenus les vecteurs quasi uniques de l'épidémie et donc les responsables de la prolongation de la crise. Comme l'a rappelé Yves Coppieters dans ces colonnes, cette vision n'a aucun fondement scientifique. Ce discours « anti-nonvax » semble pourtant largement partagé par nos dirigeants. Ainsi, Elio Di Rupo appelait tout récemment les non-vaccinés « à faire leur examen de conscience » et « à mesurer les conséquences de leur inaction », alors que Conner Rousseau leur reprochait, il y a déjà quelques semaines, leur égoïsme.

Le danger de la discrimination

Ces déclarations se déploient dans un contexte particulier qui voit les cas de discriminations envers les non-vaccinés se multiplier dans les milieux les plus divers. On a ainsi vu une entreprise séparer les salariés selon leur statut vaccinal ou, plus fréquemment, des écoles prévoir de réserver certaines activités aux élèves vaccinés tout en mettant la pression sur les autres. Pour mémoire, Unia, l’organisme interfédéral chargé des luttes contre les discriminations, a eu l’occasion de rappeler que refuser un service sur base du statut vaccinal constitue bien une discrimination.

Parallèlement à cela, se tenaient les discussions autour de l’extension du Covid Safe Ticket à Bruxelles et en Wallonie. Les deux phénomènes sont bien sûr liés. Aux pouvoirs publics s’interrogeant ouvertement sur la meilleure manière de contraindre les non-vaccinés à franchir le pas, répondent des citoyens persuadés d’assurer la sécurité de tous en excluant ces mêmes non-vaccinés jugés dangereux, car contaminants. À ce sujet, rappelons que, malgré une croyance fort répandue, les personnes vaccinées peuvent toujours contracter le Covid-19 et le transmettre. La vaccination ne fait que réduire cette transmission, dans des proportions qui restent toujours à déterminer. L’intérêt des vaccins réside plutôt dans leur remarquable efficacité à prévenir les formes graves de la maladie.

Qu'est devenue notre société?

Dès lors, il faut s’interroger sur la volonté que manifestent certains à exclure une partie de la population et à la rendre responsable de la situation. Celle-ci en dit en effet long sur ce qu’est devenue notre société après 18 mois d’une crise qui a, malheureusement, largement dépassé sa dimension sanitaire.

Le non-vacciné n’est en réalité que le dernier d’une longue série de boucs émissaires. Il a succédé dans ce rôle à ceux qui ne respectaient pas les mesures, aux Bruxellois, aux jeunes, aux vacanciers osant revenir de l’étranger, aux rassuristes, aux étudiants, aux Wallons, aux organisateurs de « lockdown parties » (parfois des soirées pizza à six), aux skieurs, etc. On en oublie certainement.

Rendre responsable de notre malheur une minorité qui pense et agit différemment n’a rien de nouveau. René Girard a même décrit le bouc émissaire comme un élément constitutif d’une société. Il prend d’ailleurs comme exemple dans ses travaux les Juifs du Moyen-âge, accusés alors de propager les épidémies de peste. En cas de crise, certains reviennent donc aux fondamentaux. En l’espèce, le clivage vacciné/non vacciné est d’autant plus fort qu’il repose sur un statut médical clair. On peut ainsi diviser la société en deux parties inégales avec une majorité et une minorité. La stigmatisation de cette minorité a aussi l’avantage d’épouser, dans l’esprit de certains vaccinés, cette idée vieille comme le monde selon laquelle si les autres faisaient comme soi, tous les problèmes seraient résolus.

Un nouveau clivage dans notre société

Aujourd’hui, le risque est grand de voir une division entre vaccinés et non-vaccinés s’installer durablement. Des politiques et des médias seront tentés d’exploiter ce clivage pour récolter intentions et de vote et audience. C’est peut-être à cette aune qu’il faut comprendre certaines déclarations : expliquer aux 85% d’électeurs vaccinés que tout est de la faute des autres peut, électoralement, rapporter gros.

Tout est donc en place pour que se rajoutent un clivage et une nouvelle minorité dans une société belge déjà fort balkanisée.

La situation est encore plus aiguë à Bruxelles, où les populations pointées du doigt étaient déjà stigmatisées pour d’autres raisons. En plus d’être pauvres et d’origine étrangère, elles sont maintenant considérées comme responsables de la prolongation de la crise. Mais le plus souvent, le nouveau clivage traverse des groupes déjà constitués. Il menace de séparer les familles, les amis, les collègues de travail. On retrouvera partout des non-vaccinés, des vaccinés respectueux du choix d’autrui et d’autres qui, au contraire, penseront que les non-vaccinés sont de dangereux irresponsables qu’il faut contraindre ou exclure. On a la faiblesse de penser que l’un des rôles des politiques consiste à permettre aux citoyens de vivre en bonne intelligence, d’apaiser les tensions et non de les exacerber. De ce point de vue, l’extension du Covid Safe Ticket ne fera qu’aggraver la division. D’abord en la rendant visible, puisque nous serons sommés de montrer notre statut vaccinal à tout bout de champ. Ensuite en excluant de fait les non-vaccinés, qui seront tentés de créer les lieux de rencontre et de culture alternatifs.

La question de l'obligation vaccinale

Le plus singulier est de voir que, tout en envoyant ces messages excluants, ces mêmes politiques refusent de poser le débat de l’obligation vaccinale. Il s’agirait pourtant d’une manière saine d’aborder le sujet. En effet de deux choses l’une : soit il est autorisé de ne pas être vacciné contre le Covid19, soit ceci est interdit car jugé trop dangereux pour la société. Dans ce dernier cas, il faudrait alors justifier scientifiquement l’obligation vaccinale.

Certains objectent qu’une telle obligation serait impossible à contrôler. Osons une suggestion : on pourrait par exemple effectuer un contrôle du statut vaccinal à chaque entrée dans un café, un restaurant, une salle de sport, un hôpital, etc. soit précisément ce que prévoit le Covid Safe Ticket dans sa version étendue. Voilà qui nous révèle la nature de cette mesure : une série de sanctions liées à une obligation, sans que cette obligation ne soit prononcée – et donc débattue et assumée par les pouvoirs publics.

Nous avons aujourd’hui le pire des deux mondes : un harcèlement permanent et des contraintes croissantes à l’encontre d’une partie de la population qui a fait un choix présenté, à un moment, comme licite et légitime. Tout se passe comme si, ne voulant pas assumer cette obligation, nos dirigeants comptaient sur la pression mise par tous sur les derniers récalcitrants. Mais c’est oublier les souffrances et les divisions profondes ainsi crées.

La crise sanitaire finira un jour, en grande partie grâce aux vaccins. Mais il importe de s’interroger sur la société que l’on laissera après celle-ci. Et de se poser cette question fondamentale : veut-on d’une société où le discours de peur (et bientôt de haine) envers une minorité est présenté comme scientifiquement validé et politiquement légitime ?

Aux hyper-pragmatiques insensibles aux grands principes, on rappellera que l’on est toujours la minorité de quelqu’un. Et que la prochaine crise belge est déjà programmée, au soir des élections fédérales prévues, au plus tard, en mai 2024.

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02 juillet 2021

Revenus, logement, endettement... La crise covid a exacerbé les inégalités à Bruxelles

https://www.levif.be/actualite/belgique/revenus-logement-endettement-la-crise-covid-a-exacerbe-les-inegalites-a-bruxelles/article-news-1443555.html

  • 01/07/21 à 10:00
  • Mise à jour à 10:00
  • Source : Belga

Revenus, logement, endettement... La crise covid a exacerbé les inégalités à Bruxelles.

Pertes de revenus, inégalités en termes de logement, risques de surendettement... le tableau dépeint par le rapport met en lumière des conséquences majeures que les mesures de restriction ont eues sur la population bruxelloise.

En Région bruxelloise, 30% de la population a subi des pertes de revenus l'an dernier, un pourcentage plus élevé que dans les deux autres Régions, souligne l'observatoire. Un constat qui contraste avec le fait qu'à l'échelle de la Belgique, le taux d'épargne des particuliers a presque doublé en 2020 en termes de pourcentage du revenu disponible.

L'appauvrissement d'une partie de la population entraîne une hausse des demandes auprès des CPAS. Les bénéficiaires d'un revenu d'intégration sociale étaient 43.481 en décembre 2020, contre 39.703 en janvier de la même année, soit une hausse de 9,5%.

Les difficultés sont encore plus aiguës pour les personnes, "nombreuses dans la Région" bruxelloise, qui ne sont pas protégées par la sécurité sociale : certains indépendants, des artistes, travailleurs précaires, étudiants, travailleurs au noir, sans-abri et sans-papiers. Ces derniers sont particulièrement présents à Bruxelles, relève l'observatoire qui indique que deux tiers des aides médicales urgentes, seul droit auquel peuvent prétendre les personnes sans papiers, ont été octroyées dans la capitale.

La crise sanitaire a aussi exacerbé les conséquences d'inégalités criantes en termes de logement. Devoir rester à son domicile alors que le logement n'est pas adéquat est bien plus ardu que lorsqu'on dispose d'espaces verts et d'un espace confortable. Or, un quart des ménages bruxellois environ vit dans une habitation jugée "inadéquate", c'est-à-dire avec des fuites, des problèmes d'humidité et/ou de pourriture. Vingt-six pour cent disposent d'un logement surpeuplé. Ce pourcentage monte à 51% pour les personnes donc le revenu est inférieur au seuil de risque de pauvreté.

Ces constats risquent d'avoir des conséquences à plus long terme, prévient l'observatoire. Perdre une partie de ses revenus, en particulier lorsqu'ils n'étaient déjà pas mirobolants, entraîne des risques d'accumulation de report de paiement et de surendettement. Les risques d'expulsion de son logement et de coupures de courant s'exacerbent également.

Alors que la Région bruxelloise est caractérisée par un niveau de pauvreté élevé et des inégalités importantes en comparaison aux deux autres Régions du pays, elle devra être attentive aux "impacts à moyen et long termes sur les publics les plus défavorisés", avertit l'observatoire.

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Inégalités renforcées, pauvreté en augmentation : Bruxelles est la région qui paie le plus lourd tribut à la crise sanitaire

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_inegalites-renforcees-pauvrete-en-augmentation-bruxelles-est-la-region-qui-paie-le-plus-lourd-tribut-a-la-crise-sanitaire?id=10795929

Aline Wavreille
Publié le vendredi 02 juillet 2021 à 11h22

Le coronavirus, la crise sanitaire et économique ont frappé durement Bruxelles. Les files qui se sont allongées devant les distributions de colis alimentaires le laissaient deviner, les demandes de chômage temporaire, droit passerelle, les appels à l’aide du secteur de l’Horeca, le dénombrement des personnes sans-abri aussi. Les signaux étaient au rouge, mais dans quelles mesures ? L’Observatoire de la santé et du social de la région bruxelloise affine cette réalité dans son rapport baromètre de 2020.

Bruxelles, la région la plus touchée

La crise sanitaire et économique, les confinements à répétition, ont fait trembler les trois régions. Mais Bruxelles est celle qui a le plus souffert. Dans le baromètre 2020 de l’Observatoire de la santé et du social, on y lit que 30% des Bruxellois déclarent avoir perdu des revenus en mars 2021 (contre 23% en Wallonie et 18% en Flandre).

Les indépendants souffrent tout particulièrement de la crise : en Région bruxelloise, un peu plus de 60% des indépendants déclarent une détérioration de leur situation financière en mars 2021.

Un contexte déjà fragile

La crise a frappé fort dans un contexte qui était déjà très fragile en région bruxelloise.

Une personne sur trois vit sous le seuil de risque de pauvreté. Cela signifie qu’une personne isolée vit avec moins de 1250 euros et un couple avec deux enfants avec moins de 2600 euros nets par mois. 40% des enfants bruxellois vivent sous ce seuil.

Le rapport souligne qu’avant la crise, un quart des élèves qui fréquentent l’enseignement secondaire présentent un retard scolaire de minimum deux ans. Le rapport s’inquiète des conséquences des cours en distanciel qui ont duré plusieurs mois pour les années du deuxième et troisième cycle du secondaire ?

Bruxelles est aussi une ville-région de locataires (60%), l’accès au logement y est de plus en plus compliqué. Dans l’Observatoire des Loyers de 2018, on y lisait que "quel que soit leur âge, 50% des locataires dépensent plus de 40% de leurs revenus pour s’acquitter de leur loyer".


►►► A lire aussi : Il faut débourser en moyenne 1100 euros pour louer un appartement à Bruxelles


Bref, avant la crise déjà, de nombreux Bruxellois peinaient à joindre les deux bouts, à se loger et à garder la tête hors de l’eau, à l’école. La crise n’a rien arrangé.

Ceux qui passent entre les mailles du filet

2020 a par exemple vu une augmentation de près de 10% des bénéficiaires du revenu d’intégration sociale. Dix fois plus que les deux années précédentes. Des chiffres plus élevés qu’en Wallonie et en Flandre.

Pourtant, souligne Marion Englert qui a coordonné le baromètre social, "notre système de protection sociale est assez efficace. Il a permis de réduire la catastrophe sociale suite à cette crise. Les personnes qui ont pu bénéficier du chômage temporaire ou du droit passerelle ont subi des pertes de revenus mais elles ont été relativement bien protégées parce qu’elles ont eu accès à une série d’autres droits sociaux conditionnés à ces statuts".

"Le problème principal réside au niveau de certains travailleurs précaires, certains artistes, des étudiants, des personnes sans papiers qui n’entrent pas dans ce système de protection sociale et passent entre les mailles du filet, parce qu’elles ne sont pas dans les conditions pour en bénéficier, qu’elles ne travaillaient que quelques heures par semaine, n’avaient pas de contrat stable, sont passées de l’emploi au chômage".

Le rapport souligne que la baisse des revenus subie par une partie de la population, en particulier parmi les personnes moins favorisées, augmente les risques d’accumulation des reports de paiement et de surendettement, "notamment en termes d’arriérés de loyer (et donc de risque d’expulsions), de dettes énergétiques (et donc de risques de coupures de courant) et de factures d’eau". Par ailleurs, "la fin du moratoire sur les expulsions domiciliaires laisse présager un rythme d’expulsions effectives plus élevé par rapport aux chiffres des années d’avant crise".

Ce que les chiffres ne disent pas

Les indicateurs parlent de manière assez fine des conséquences de cette crise, mais ils ne disent pas tout. Les personnes qui n’ont pas eu accès à de l’aide, alors qu’elles y ont le droit n’y figurent pas. C’est un chiffre qui restera flou, ces personnes pour qui c’est compliqué de remplir des formulaires, en raison de la langue ou de la fracture numérique puisque les services se sont numérisés dans un temps record.

Le baromètre souligne aussi que c’est à Bruxelles que se trouve la majorité des personnes sans-papiers, si l’on en croit la proportion de dossiers d’aide médicale urgente, le seul droit auquel les personnes sans-papiers ont accès : 66% de ces dossiers sont ouverts à Bruxelles, avant la crise.


►►► A lire aussi : Sans-papiers en grève de la faim : la piste de la pandémie comme "circonstance exceptionnelle" en vue d’une régularisation


Des inégalités renforcées

Bruxelles a donc payé un lourd tribut à la crise sanitaire. Mais pas de manière uniforme. Ce sont les personnes les plus précarisées qui ont le plus souffert. A l’échelle belge, le taux d’épargne a lui presque doublé.

Les personnes aisées n’ont quant à elles généralement pas subi de pertes de revenus voire ont pu économiser de manière plus importante

La crise est venue renforcer les inégalités sociales déjà fort présentes sur le territoire bruxellois. Marion Englert de l’Observatoire de la santé et du social détaille : "A Bruxelles, les personnes cadres et dirigeants d’entreprises gagnent encore plus que dans les deux autres régions. Et les ouvriers non-qualifiés gagnent quant à eux, moins qu’ailleurs. Il y a donc à Bruxelles une surreprésentation à la fois des personnes faiblement scolarisées et hautement scolarisées au détriment de la classe moyenne. On est dans ce cadre-là. Et la crise est venue renforcer ces inégalités, puisque les personnes les plus précarisées sont souvent celles qui ont perdu leur emploi ou ne rentraient pas dans les conditions pour être protégées. Les personnes aisées n’ont quant à elles généralement pas subi de pertes de revenus voire ont pu économiser de manière plus importante. Donc les inégalités se sont clairement creusées suite à la crise".

 

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24 juin 2021

Pétition : Pour une baisse des loyers à Bruxelles !

https://www.actionlogementbxl.org/baisse-des-loyers/

Nederlandse versie → hier
En castellano → aquí
عريضة من أجل تخفيض أسعار الإيجار في بروكسل

En parallèle à cette pétition en ligne, nous avons lancé une version papier. Le but? Être reçu·es au Parlement bruxellois et y exiger une baisse des loyers!

Vous voulez participer? N’hésitez pas à imprimer et à faire remplir la pétition!
→ Pétition_loyers_ALB_version_papier.pdf

Au gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort (Ministre-Président), Nawal Ben Hamou (Secrétaire d’État).

Le nouveau Plan d’urgence logement présenté au début de l’année 2021 montre encore une fois que la Région bruxelloise refuse de faire face à la montée fulgurante des loyers.

Aucun changement structurel, aucun renversement de tendance n’y est engagé. Avec un tel plan, les loyers continueront d’augmenter, les loyers abusifs continueront d’exister. Les bénéfices tirés des loyers ne seront toujours pas taxés, les pouvoirs publics poursuivront le financement des propriétaires (essentiellement en aidant les pauvres à payer un loyer trop cher, AIS, allocation, conventionnement, etc.), et on observera encore un flux continu d’argent du public vers le privé. Ce plan n’est rien d’autre qu’une solidarité de la collectivité vers les bailleurs.

Pendant ce temps-là, 47 000 ménages attendent un logement social, et entre un tiers et la moitié des ménages bruxellois serait en droit de prétendre à un tel logement. Se loger est compliqué et cher pour les locataires de la classe moyenne, et du côté des classes populaires, la situation est désastreuse. Le marché privé ne peut pas loger dignement les ménages pauvres : la concurrence est immense, les logements coûtent trop cher. Ces loyers trop élevés ont des conséquences graves sur la vie des gens : 90% des demandes d’expulsion ont lieu suite des loyers impayés. Ce marché exclut, fragilise, menace la santé physique et mentale des habitants, sans compter que s’y exerce un racisme structurel puissamment appauvrissant et excluant. Rappelons que 41% des enfants bruxellois vivent dans des logements insalubres.

Dans d’autres villes européennes, à Paris, à Berlin, à Lille, en Écosse et ailleurs, les pouvoirs locaux ont eu le courage politique de limiter les loyers en instaurant un plafond contraignant. À Berlin, une décision gouvernementale a même imposé un gel des loyers pour une période de 5 ans afin de faire face à leur montée fulgurante. À Bruxelles, rien. Pourtant, les revenus ont chuté à cause de l’arrêt partiel de l’activité économique, et avec la hausse des prix de l’immobilier, la part des revenus consacrés au loyer pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages. Nous sommes en crise économique et lors d’autres crises économiques la Belgique a agi sur les valeurs locatives privées (que ce soit en annulant des dettes, en limitant les augmentations, en revenant à des valeurs antérieures).

Le plan de la Région bruxelloise ne fait que démontrer ce que nous savions déjà : à choisir entre trouver structurellement une solution pour les locataires (et les ménages peu nantis), ou se garantir la paix avec les propriétaires bailleurs, le gouvernement choisit encore et toujours la défense de la propriété privée sur la défense du droit au logement, pourtant inscrite dans la constitution belge.  Des milliers de bruxelloises et de bruxellois ont besoin d’une baisse des loyers, et l’arrêt de l’activité économique, l’exigence de rester chez soi, l’importance accrue de l’habitat dans notre société en crise sanitaire rend cette nécessité encore plus pressante. 

C’est pourquoi nous exigeons : 

  1. Une baisse des loyers immédiate de 25% par rapport à la grille indicative existante des loyers.  Soit un retour aux loyers de 2004 augmentés de l’indexation depuis lors. Nous refusons de payer la spéculation immobilière. 

  2. Une renégociation des crédits hypothécaires octroyés aux propriétaires-occupants. 

  3. Une interdiction formelle de spéculer sur les loyers pendant au moins 5 ans avec un gel des loyers imposé après la baisse. 

  4. Une transparence sur les données du cadastre. Nous ne savons pas à qui appartient Bruxelles. Quelles sont les entreprises immobilières ou fonds d’investissement qui rachètent nos logements et font augmenter les prix ? 

  5. Une contribution financière des multi-propriétaires pour aider les locataires en difficulté, les personnes sans-abri et les personnes avec ou sans-papiers qui ont perdu leurs revenus à cause de la crise sanitaire. Les fonds publics prévus dans le PUL doivent être financés par les riches propriétaires-rentiers de la capitale. 

  6. Une réquisition immédiate et gratuite des bâtiments vides pour l’hébergement des personnes sans-abri et une expropriation des propriétaires qui laissent délibérément leur bâtiment à l’abandon en vue de les transformer en logements sociaux (gérés par les SISP).

  7. L’arrêt des expulsions. Des propositions et des idées existent, c’est au gouvernement de les mettre en œuvre.

(N’oubliez pas de valider votre signature par mail!)

Organisations signataires:
Actrices et Acteurs des temps présentsLa Santé en lutteUTSOPI (Union des Travailleu(r)ses du Sexe Organisées Pour l’Indépendance)Inter-Environnement Bruxelles (IEB)CADTM – Comité pour l’abolition des dettes illégitimesDUNE asblAngela.DDériveCollecti.e.f 8 maars – BruxellesSACOPAR asbl (Santé, Communauté, Participation)AMO rythmeUnion des Locataires de Saint-Gilles asbl (ULSG)CGSP ALR Bruxelles/ACOD LRB BrusselLe Piment asblPrésence et Action Culturelles (PAC)Bruxelles Zone AntifascisteFédération des Services Sociaux (FdSS)Infirmiers de rue / StraatverplegersSyndicat des immensesPOUR (pour écrire la liberté)SMESMaison de Santé Potager, DSQ (Développement Social du Quartier Botanique)Codes (Comité de Défense de Saint-Gilles)Brigade de solidarité populaire Watermael-BoitsfortULM (Union des locataires marollienne)Progress Lawyers NetworkFédération des maisons d’accueil et des services d’aide aux sans-abri (AMA)Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS)ArtiCulE asblDroit à un Toit/Recht op een DakDesign For EveryoneUnion des locataires de SchaerbeekServices Sociaux de Quartier 1030Le Cairn asblArau (Atelier de Recherche et d’action Urbaines)Fami-HomeComité de Défense de Saint-Gilles (CODES), Union des Locataires de Forest, Ligue des Droits humainsRBDH / Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’HabitatÉquipes Populaires Bruxellesles Ami.e.s du champ des Cailles

Pour signer notre pétition au nom d’une organisation écrivez-nous un mail à info@actionlogementbxl.org.

Pétition pour une baisse des loyers à Bruxelles

 
 

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09 avril 2021

Le mépris de la démocratie comme mode de gouvernance

https://www.lalibre.be/debats/opinions/le-mepris-de-la-democratie-comme-mode-de-gouvernance-606ec4e5d8ad584fa2cec66f

contribution externe

Publié le 08-04-21 à 14h17 - Mis à jour le 09-04-21 à 11h06

Au tout début de ce qu’il a toujours été convenu d’appeler la "crise sanitaire", l’absence totale de préparation pouvait expliquer l’octroi de pouvoirs spéciaux à l’exécutif. Depuis, la donne a changé.

Le mépris de la démocratie comme mode de gouvernance
© Belga

Une opinion de Jean-Sébastien Philippart, philosophe. 

Depuis plus d’un an, dans une civilisation où l’on se gargarise du grand mot de "démocratie", aucune, absolument aucune assemblée délibérative, impliquant à la fois les premiers de corvée, les petits indépendants, le monde associatif, culturel, syndical, etc., n’ait été organisée est inouï. Au contraire : l’avant-projet de loi "Pandémie" (court-circuitant l’avis du Conseil d’Etat) entend valider le dispositif mobilisé jusqu’à présent. Nous y décelons, de la part du personnel politique, un ressentiment quasi essentiel à l’égard du politique.

C’est satisfaite d’elle-même que la doxa prononce sa sentence : celles et ceux qui, en se rassemblant, n’ont pas respecté les mesures sanitaires, font preuve d’égoïsme. Lequel est l’expression de nos sociétés individualistes.

La doxa prétendra même à l’analyse. Forte d’un égalitarisme galopant depuis les années 60 et adossé au consumérisme, la jeunesse, comme le montre un système scolaire exsangue, est devenue insensible à toute autorité. Pour les nouvelles générations allergiques à la discipline, poursuit la doxa, tout doit pouvoir ainsi se négocier. Dès lors, si ces générations imbibées de relativisme ne veulent pas entendre raison, les forces de l’ordre se chargeront du rappel à la loi.

Il est d’abord étrange de taxer d’égoïsme des individus en quête de convivialité. Mais, plus profondément, ce qui anime la doxa en question n’est rien d’autre que ce que le philosophe Jacques Rancière appelle "la haine de la démocratie"(1) (aussi ancienne que le mot lui-même). Mais qu’est-ce que la démocratie pour commencer ?

Le sens démocratique

Toute société doit conjurer la menace de puissances au mieux autoritaires, au pire totalitaires. L’avènement démocratique consiste précisément à briser le pouvoir en le partageant. Il devient en principe l’affaire de toutes et tous. Cette distribution horizontale implique dans le même temps une certaine verticalité, celle du Tiers ou du Droit sur lequel se fonde la reconnaissance sensible de l’égalité (l’isonomia des Grecs). La verticalité du Droit ne renferme pas de fait un corpus d’ores et déjà achevé : au contraire, il se pense et se repense au fil des débats.

Pour le dire maintenant à la manière du philosophe Miguel Abensour (2), le champ démocratique constitue un ensemble indéterminé de mouvements qui se font contre l’État. Il faut toutefois souligner l’ambiguïté de l’adverbe "contre". Les mouvements démocratiques se battent contre la tendance étatique à s’instituer comme représentant ou détenteur de la "Vérité" de la société. D’un autre côté, les mouvements démocratiques, anarchiques dans leur essence (ce qui ne veut absolument pas dire irréfléchis), peuvent s’appuyer sur leurs cristallisations institutionnelles pour gagner en perspective.

Lorsque les mouvements démocratiques s’effacent, alors l’État décroche en s’enivrant de sa propre puissance. Dans cette ivresse, l’État s’imagine illusoirement occuper une position surplombante qui survolerait la société. Les agents d’une telle illusion prennent trois figures : le représentant du Pouvoir (les décideurs seuls à décider), le représentant du Savoir (les experts de toutes sortes) et le représentant du Discours (les porte-parole du langage officiel). Les conflits possibles entre ces trois types de représentation ainsi que la division institutionnelle (la séparation des pouvoirs réduite cependant par la diminution du Droit) (3) retiennent l’ivresse étatique de verser dans un pur déchaînement des puissances, qui signerait la destruction de l’État lui-même.

On notera au passage que le terme de « représentation » disqualifie de lui-même ce qu’il est censé représenter. Si nous devons être représentés, c’est que nous ne sommes pas politiquement présentables.

La Pédagogie étatique contre la démocratie

Il faut ici comprendre que l’effacement de la vitalité politique au profit de l’autoritarisme n’est pas la conséquence d’on ne sait quel individualisme. Car il faudrait encore expliquer celui-ci. En réalité, l’autoritarisme tire logiquement sa motivation de la haine de la démocratie. Mais une haine, telle est sa perversion, qui ne dit pas son nom.

C’est que, par principe, les mouvements démocratiques interdisent les puissances étatiques de jouir pleinement de leurs privilèges de représentants. D’où un discours du ressentiment visant directement la multitude ou le nombre. Une sévère infantilisation de la multitude que trahit la Pédagogie interminable des sachants au pouvoir. (Comment pourrait-on oublier que les agents de l’État ont été jusqu’à nous expliquer de quelle manière gérer le problème de l’occupation des toilettes lors du réveillon de Noël ?) Et si l’indiscipline est trop importante, la répression s’en trouvera justifiée.

L’emploi des mots par la Pédagogie d’État est capital. Dans une société où les porte-parole entretiennent l’illusion que les mots ne seraient que des outils de communication, on oublie très facilement qu’ils façonnent littéralement notre rapport au monde, aux autres et à soi-même. Or c’est tout un lexique martial que nous avons assimilé sans nous en rendre compte : "gestes barrières", "couvre-feu", "passeport", "essentiel/non essentiel", "interdiction de manifester"... Dans un univers taillé par un tel lexique, on peut fusiller du regard celles et ceux qui se "relâchent", comme si ils/elles, en plein effort de guerre, se rendaient coupables de désertion. Et d’attendre qu’ils/elles « payent » leur trahison.

L’intelligence révoquée

En d’autres termes, alors que l’ampleur de la crise "sanitaire" (qui aurait dû se définir en termes socio-économiques et pas uniquement biologiques, puisque tout le monde n’est pas voué à la maladie et que la crise met en cause la "rationalisation" utilitariste des soins de santé) (4), requerrait plus que jamais de l’intelligence collective, c’est une toute petite minorité qui s’est définitivement imposée et a imposé ses conditions en relayant sa peur. Nous mesurons là l’étendue du mépris et de la méfiance des agents étatiques à l’égard de la multitude. Car l’intelligence n’est pas quelque chose qui s’acquiert mais une faculté qui se provoque. C’est parce que les autorités croient en nous, c’est-à-dire supposent que toutes et tous peuvent prendre part au pouvoir et aux décisions, sans compétences particulières, que peut se produire de l’intelligence collective.

Au lieu de cela, l’inconsidération, par le biais de mesures et sanctions disciplinaires, a produit le désastre socio-économique, psychique et culturel que l’on sait. Car, c’est bien au nom d’une foi démocratique, que nous osons affirmer que les choses se seraient passées autrement, si on avait fait confiance aux citoyens en privilégiant, sans dénier son rôle à l’État, l’autogestion et les initiatives locales. C’est-à-dire en œuvrant ensemble autour de la reconnaissance des communs plutôt que de subir la violence étatique qui croit distinguer entre "essentiel" et "inessentiel" (pensons, par exemple, au monde de la culture jugé "inessentiel"). La réserve d’intelligence, la part pas totalement épuisée, se consacre alors à travailler dans l’ombre ou au sabotage.

Le succès de la médiocrité

Nous rejoignons ainsi Rancière lorsqu’il formule de manière lapidaire l’esprit ou plutôt le manque d’esprit de l’"intelligentsia" politique : "il n’y a qu’une seule démocratie, celle qui réprime la catastrophe de la civilisation démocratique" (5). En l’absence de régulation et de normalisation des comportements, ceux-ci éclateraient dans la barbarie d’une jouissance sans entrave. C’est pourquoi notre "intelligentsia" a contemplé, avec toute la bonhommie du besoin d’exotisme, des sociétés asiatiques sous contrôle (malgré le virus), où le tout vaudrait plus que les parties.

Dans ce climat antidémocratique, la doxa devait donc inverser la cause et l’effet : certaines populations inadaptées entraveraient le bon déroulement du processus. Mais l’irresponsabilité ne provient pas de « relâchements » concourant à la catastrophe : la violence initiale est, avant tout, celle de l’étouffoir des mouvements (dans tous les sens du terme) démocratiques, de l’intimidation, la culpabilisation et la surveillance institutionnalisées. C’est une telle violence qui provoque d’autres formes de violence ou le repli des individus au sein de l’individualisme.

La doxa qui apprécie particulièrement l’ordre maintiendra l’inversion de la cause et l’effet. La haine de la démocratie, c’est également la défaite de la pensée.

(1) Jacques Rancière, La haine de la démocratie, Paris, La Fabrique, 2005, 112 p.

(2) Cf. Miguel Abensour, La démocratie contre l’État, Marx et le moment machiavélien, Paris, Éditions du Félin, 2012, 604 p.

(3) En mars 2021, le Tribunal de première instance de Bruxelles jugeait que les mesures prises par l’État n’étaient pas légalement fondées.

(4) Cf. le texte impeccable de Barbara Stiegler, De la démocratie en Pandémie, Paris, Gallimard, 2021, 64 p.

(5) J. Rancière, Op. cit., p. 10.

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08 avril 2021

Le manque d’empathie du pouvoir politique face à la jeunesse risque de mettre le feu aux poudres

https://www.lalibre.be/debats/opinions/vers-un-printemps-des-libertes-606dd1e79978e2410f35d5f6

Contribution externe

Publié le 08-04-21 à 09h25 - Mis à jour le 08-04-21 à 09h25

Le gouvernement devra reconquérir la confiance des citoyens. Face à une gestion de crise scabreuse, à des promesses non tenues, à des échéances sans cesse repoussées.

Le manque d’empathie du pouvoir politique face à la jeunesse risque de mettre le feu aux poudres
© DR

Une carte blanche de Laurent Hermoye, CEO d'Imagilys.

On se souviendra de la semaine du premier avril comme celle où la gestion de la crise du coronavirus a fait boom. À 24 heures d’intervalle, la décision du tribunal de première instance de Bruxelles et le poisson d’avril du bois de la Cambre ont fait la une. Est-on à un tournant de la crise ?

Depuis des mois, des personnalités des mondes académique, politique et associatif tiraient la sonnette d’alarme pour dénoncer des mesures restrictives des libertés sans fondement légal suffisant, une situation financière critique pour beaucoup de commerçants, une situation explosive sur le plan psychologique et social. Avec peu d’effets. Il aura fallu un revers cinglant devant le tribunal de première instance de Bruxelles et une poussée de révolte populaire pour que la gestion de la crise du coronavirus soit, enfin, remise en question.

Indignation rassurante

Depuis le début de la crise, les jeunes ont été peu entendus. Quasi pas consultés. Presque ignorés. Leur éducation est passée au second plan. Leur vie sociale a été mise à l’arrêt, à un moment particulièrement critique de leur développement émotionnel et affectif.

L’ébauche de révolte entamée au bois de la Cambre est rassurante. Malgré les contraintes qui leur sont imposées, notre jeunesse a gardé un esprit critique. Une capacité à se faire entendre. Une capacité d’agir.

Depuis des mois, le secteur de l’évènementiel avait identifié le risque de fêtes sauvages, sans respect des gestes barrières. Il avait demandé aux politiques la possibilité de pouvoir organiser des événements sous contrôle. "Laissez faire les professionnels de la nuit", scandait Carl de Moncharline, l’un des pontes des nuits bruxelloises. En vain.

La riposte policière à la boum du bois de la Cambre a également marqué les esprits. Comme dans beaucoup de mouvements contestataires, il y a eu des débordements et des provocations, probablement de part et d’autre. Mais rien ne pouvait justifier les charges de la police montée. Des images qui ont fait le tour du monde.

De tels rassemblements peuvent présenter un risque sur le plan sanitaire. Mais ce risque doit être mis en balance avec le risque de voir toute une génération s’éteindre à petit feu.

Crédibilité érodée

Certaines réactions politiques, tant à la condamnation judiciaire qu’au rassemblement du bois de la Cambre, ont suscité la controverse. Le ministre de la Santé a indiqué qu’il n’était "pas impressionné" par les mesures Covid jugées illégales. Le bourgmestre de Bruxelles a fait savoir qu’il ferait "tout son possible" pour que les organisateurs du vrai-faux festival du bois de la Cambre soient poursuivis, rajoutant : "Je leur enverrai la facture."

Un manque d’empathie qui risque de mettre le feu aux poudres, à l’approche des beaux jours.

Si la détermination du politique à contrôler la propagation du virus par un dépistage massif et par une campagne de vaccination rapide avait été à la hauteur de l’énergie déployée à faire respecter les mesures de confinement, on n’en serait pas arrivé là.

Le gouvernement devra reconquérir la confiance des citoyens. Face à une gestion de crise scabreuse, à des promesses non tenues, à des échéances sans cesse repoussées.

La liberté n’est jamais acquise. Au fil de l’histoire, elle a dû être conquise, ou reconquise, de nombreuses fois. Il est encore temps de trouver un délicat équilibre entre la maîtrise de l’épidémie et le retour à la normale.

Ce printemps sera celui des libertés. Pour qu’on retrouve la joie de faire la fête, de se serrer dans les bras. Maintenant.

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02 avril 2021

Après les débordements du Bois de la Cambre, l'épidémiologiste plaide pour un relâchement minimum des mesures

https://www.lalibre.be/belgique/societe/yves-coppieters-apres-la-boom-c-est-quand-meme-le-signal-d-une-situation-qui-ne-peut-pas-perdurer-en-terme-de-limitation-des-activites-sociales-6066d3d57b50a6051776bca2

Publié le 02-04-21 à 12h29 - Mis à jour le 02-04-21 à 15h50

Yves Coppieters après "La Boum" : "C'est le signal que la limitation des activités sociales ne peut pas durer"
© Reporters/BAUWERAERTS DIDIER

Plusieurs milliers de personnes réunies au Bois de la Cambre pour faire la fête, au détriment des gestes barrières et des mesures sanitaires, terminant dans un affrontement entre police et participants. Le bilan de "La Boum" qui a dégénéré ce jeudi au Bois de la Cambre fait l'actualité. Alors que les mauvais chiffres de l'épidémie ont conduit le gouvernement fédéral à resserrer la vis la semaine dernière, un tel rassemblement aura-t-il des conséquences sur la progression de l'épidémie ?

"Ce n'est pas mesurable. On ne peut pas s'attendre à un rebond après ce type d'événement à l'extérieur. Il y a eu plusieurs rassemblements tout au long de la crise : on n'a jamais fait de suivi des manifestants pour savoir s'il y avait des contaminations en plus, mais on n'a jamais eu de signes épidémiologiques dans les jours qui ont suivi. Donc on ne peut pas dire que ça va influencer l'épidémie", commente auprès de La Libre le professeur en Santé publique, Yves Coppieters. "Par contre, tous ces gens se sont mis dans des situations à risque, et risquent de faire circuler le virus et de contaminer leurs proches", prévient-ils.

La dégradation des indicateurs épidémiologiques des dernières semaines reste liée "à un relâchement général dans la population des gestes barrières depuis début mars, couplé au variant britannique, qui est une souche plus virulente", rappelle l'expert.

Un relâchement des mesures bénéfique ?

Pour l’épidémiologiste, de telles manifestations illustrent la lassitude et le mal-être de la population après un an de restrictions sanitaires. "On se rend compte qu'il y a un malaise dans la population, c'est quand même le signal d'une situation qui ne peut pas perdurer en termes de limitation des activités sociales. Il faut un minimum de relâchement", insiste-il.

Finalement un relâchement, encadré, des mesures serait-il bénéfique pour lutter contre l'épidémie ? Pour Yves Coppieters "les interdictions entraînent des mouvements spontanés, non contrôlés et à risque qui reflètent le mal-être de la population". Afin de limiter de tels débordements, et de permettre à la population de souffler, l'épidémiologiste estime que des événements pourraient être organisés, de manière sécurisée dans le respect des gestes barrières. "Pas une foule de 3000 personnes bien sûr, mais des événements encadrés, en plus petits nombres, à l'extérieur, où l'on responsabilise les gens doivent être envisagés. Cela aurait un fort impact social et un faible impact sur les transmissions".

"Il faut absolument trouver des solutions intermédiaires, d'ici à ce qu'on ait une couverture vaccinale optimale", martèle-t-il. D'ailleurs, il regrette que les dirigeants aient fait marche arrière sur les projets pilotes de la culture.

Si de tels débordements sont regrettables, le professeur comprend que l’environnement (la limitation des activités extérieures et des contacts sociaux) dans lequel on a mis les jeunes et la population les favorise. "Nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin d'interactions", rappelle l'expert.

Ainsi, "La Boum", ce poisson d'avril annoncé sur les réseaux sociaux, aurait-il pu être mieux géré par les autorités ? Si l'expert n'a pas d'avis politique à donner, il déplore tout de même que les pouvoirs publics "utilisent le bâton plutôt que la carotte. Ce n'est pas la meilleure solution pour dissuader les prochaines manifestations". 

Yves Coppieters estime qu'il faudrait faire davantage de pédagogie et "prendre le temps de faire des débats avec les jeunes, et de leur donner un relais dans les médias pour comprendre leur malaise. Ca aurait plus d'impact pour limiter ce type de manifestations à risque".

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Le collectif l'Abîme demande des solutions pour la jeunesse : "Les jeunes sont sur le point de s'auto-déconfiner"

https://www.lalibre.be/regions/bruxelles/le-collectif-l-abime-demande-des-solutions-pour-la-jeunesse-les-jeunes-sont-sur-le-point-de-s-auto-deconfiner-606735029978e2410ffc5be5

Publié le 02-04-21 à 17h16 - Mis à jour le 02-04-21 à 19h13

La deuxième "Boum", prévue pour ce vendredi ne sera probablement pas la dernière 'manifestation' prévue...

Au lendemain des événements impressionnants du bois de la Cambre , le collectif 'L'Abîme' déplore la situation critique dans laquelle la jeunesse se trouve à cause des mesures liberticides.

Les jeunes n'en peuvent plus des restrictions sociales, ils sont au bout du rouleau. Cela fait maintenant des mois que les psychologues et les psychiatres tirent la sonnette d'alarme. Fin janvier, une étude de l'UCLouvain et de l'UAntwerpen révélait encore qu'un Belge sur deux, essentiellement des jeunes, est en détresse psychologique. Notre jeunesse, c'est-à-dire le moteur de demain, est au bord du gouffre ", évoque le groupe dans son communiqué avant d'annoncer la suite de leur programme " Les jeunes sont sur le point de s'auto-déconfiner. Ce qui aura des conséquences désastreuses sur la propagation de l'épidémie ".

Le collectif s'insurge contre le peu de directives prises par les gouvernements pour "encadrer" les libertés de la jeunesse en manque de retrouvailles :" Alors pourquoi nos gouvernements n'ont-ils pas pris la moindre mesure pour lui redonner ne fût-ce qu'une soupape de liberté?", questionne le collectif en expliquant que la fête ne s'interrompt pas à la venue de la police.

Ainsi, où sont allés les 1.500 jeunes dispersés par la police au lac de Louvain-La-Neuve ce 31 mars? Ils ont poursuivi la fête dans des kots, des endroits par nature exigus où le virus circule activement. Pourquoi ne tente-t-on pas d'encadrer ce besoin vital avec des mesures qui limiteraient, elles, la propagation du virus" , écrivent-ils dans leur communiqué.

Les organisateurs derrière l'appellation de l'ABÎME, demandent au gouvernement de trouver des alternatives : "Les pistes de solution ne manquent pas. Comme nos demandes répétées de testing, restées lettre morte. Mais nos autorités continuent de faire la sourde oreille et qualifient encore et encore ces rassemblements de 'gifles à la gueule des soignants' ", se défendent-ils, disant que cette gifle n'est pas la seule à prendre en compte.

Mais qui prend la mesure de cette gifle monumentale à la gueule de nos jeunes? Nous sommes apolitiques et contre toute forme de violence. Mais penser que l'on peut taire un tel cri collectif de détresse avec des autopompes et des lacrymogènes est un leurre" , alors que le bourgmestre de Bruxelles a clairement énoncé les risques qu'encourent les participants de la 'soirée clandestine' de ce vendredi.

Tant que nos autorités continueront à s'enfermer dans ce mutisme, à nier cette autre catastrophe sanitaire et à ne rien proposer pour soulager nos jeunes, nous continuerons à manifester et nous espérons que ce mouvement s'étendra dans tous les parcs de Bruxelles et dans toutes les villes en confinement depuis trop longtemps ",peut-on lire en conclusion du communiqué.

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29 mars 2021

Un bâtiment vide occupé par des militants du logement entre Châtelain et Louise

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210329_01567859/un-batiment-vide-occupes-par-des-militants-du-logement-entre-chatelain-et-louise

Quelques dizaines de militants occupent depuis dimanche un bâtiment vide situé dans le quartier Louise à Ixelles. Le bâtiment est vide depuis 2016.

Dans le cadre de la «Campagne de Réquisitions Solidaires», quelques dizaines de personnes occupent dimanche un bâtiment vide situé dans le quartier Louise à Bruxelles. Elles réclament ainsi davantage d’actions pour offrir un hébergement permanent pour les personnes avec ou sans papiers.

Vers 13h, ces activistes, soutenus par quelques dizaines de cyclistes, sont entrés dans cet immeuble de bureaux inoccupé qui surplombe l’avenue Louise et la rue de Livourne. Ils y ont déployé des banderoles. Cette action s’inscrit dans le cadre de la journée européenne «Housing Action».

450 personnes relogées

Un bâtiment vide occupé par des militants du logement entre Châtelain et Louise
Ce sont les propriétaires qui décideront du sort des occupants.Campagne de Réquisitions SolidairesCette 6e occupation est la dernière de la «Campagne de Réquisitions Solidaires» mise en place cet hiver. «Au total, 450 personnes auront été relogées grâce à cette campagne. «Notre autorégulation et nos actions ont bien plus atteint leur objectif que les initiatives politiques. C’est une question de volonté», a fait valoir Lina, une des participantes.

Tant que des travaux ne sont pas entrepris dans l’immeuble nouvellement occupé, les activistes comptent y rester. Selon eux, il n’existe actuellement aucun projet en ce sens et ce bâtiment est dès lors vide depuis 2016.

La police de Bruxelles est venue constater l’occupation. Les propriétaires de l’immeuble seront contactés. Ce sont eux qui décideront des suites éventuelles. La police n’interviendra que si les mesures d’hygiène ne sont pas respectées, mais les organisateurs disent veiller à ce qu’elles le soient.

Jeu de Balle aussi

À 15h, une autre action s’est tenue place du Jeu de Balle, dans le quartier des Marolles.

Une centaine de manifestants s’y sont rassemblés pour soutenir la revendication du droit au logement pour tous avec des actions de sensibilisation et des interventions musicales.

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22 mars 2021

“Carnaval Sauvage” à Bruxelles: des confrontations avec la police et une dizaine d’interpellations

https://www.7sur7.be/belgique/carnaval-sauvage-a-bruxelles-des-confrontations-avec-la-police-et-une-dizaine-dinterpellations~a2dd45e7/

MISE À JOUR Samedi après-midi, une procession carnavalesque colorée a défilé dans Bruxelles, depuis la place du Jeu de Balle dans les Marolles en passant par la place de Bethléem à Saint-Gilles jusqu’à la place Saint-Antoine à Forest. Il s’agissait du Carnaval sauvage, qui se déroule habituellement sur la place du marché aux puces. Le cortège n’avait pas été annoncé et n’avait donc pas reçu d’autorisation. Les participants ainsi que les spectateurs ne respectaient en outre pas les gestes-barrières. La police, qui a demandé à ce que les mesures soient respectées, est finalement intervenue. Deux sections de la police ont été prises pour cible dans la rue du Charroi à Forest. 

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Covid-19 / Le monde de demain : (r)évolution ou régression sociale ?

La voix des invisibles

Première capsule d'une série de trois capsules vidéo réalisée par l'Atelier des Droits Sociaux
 
Depuis le début de la crise sanitaire, les associations ont continué vaille que vaille (et continue encore) à soutenir celles et ceux qui manquent de tout : de revenu bien sûr, mais aussi de soins physiques et psychologiques et parfois même d'un toit… Qui sont ces oubliés ?

Témoignages d'associations, porte-voix de ces invisibles.

Visionner la première capsule

Le secteur associatif à bout de souffle

Deuxième capsule d'une série de trois capsules vidéo réalisée par l'Atelier des Droits Sociaux

Le monde associatif, tout au long de la crise sanitaire, s’est retrouvé seul à répondre aux appels au secours des populations délaissées ou carrément ignorées des services publics. On savait que le secteur manquait déjà cruellement de moyens : la pandémie n’a fait que compliquer les choses, démontrant non seulement le manque de moyens financiers mais aussi de personnel pour assurer un soutien aux personnes les plus vulnérables.

Episode 2/3

Penser et agir pour une véritable politique sociale

Troisième capsule d'une série de trois capsules vidéo réalisée par l'Atelier des Droits Sociaux

La pandémie, une occasion d’une prise de conscience pour agir autrement. La précarisation de la population s’est amplement aggravée. Pour les travailleurs de première ligne, la crise sanitaire ne peut pas être juste une parenthèse.

Episode 3/3

Cette capsule vidéo s'inscrit dans un projet soutenu par la COCOF et dont les autres étapes sont :

  • Des interviews d'experts (capsules vidéo) : analyse critique de sept «experts» issus de disciplines différentes sur le confinement, la gestion du déconfinement et les perspectives d'avenir. A travers la problématique spécifique de la crise sanitaire, elles invitent surtout à penser notre système socio-économique et les conséquences de celui-ci sur l'état de notre société, de notre démocratie et de notre environnement.
    Visionner les interviews
  • Le webinaire du 15 décembre 2020 a réuni des représentants des associations et les parlementaires francophones bruxelloisAlain Maron, ministre du gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale, également membre du collège de la commission communautaire française (COCOF), chargé de l'Action sociale et de la Santé à avoir eu les échanges. Eddy Caekelberghs a modéré les débats.
    Visionner le webinaire

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19 février 2021

Ordre d’expulsion d’un bâtiment de la FGTB: le syndicat explique n’avoir eu d’autre choix

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210219_01556410/ordre-d-expulsion-d-un-batiment-de-la-fgtb-le-syndicat-explique-n-avoir-eu-d-autre-choix

Ordre d’expulsion d’un bâtiment de la FGTB: le syndicat explique n’avoir eu d’autre choix

IllustrationBELGA

Les habitants déplorent un délai extrêmement court, mais la FGBT affirme que ceux-ci ont été avertis de la vente du bâtiment dès mars 2020.

«Ce bâtiment, nous ne l’occupons plus depuis mai 2019. Nous avons alors permis, en juin de la même année, une occupation temporaire. Puis, en mars 2020, nous avons informé les habitants que nous avions signé un compromis de vente et nous leur avons proposé de l’aide pour le relogement», a expliqué vendredi Thierry Bodson, président de la FGTB.

«Nous les avons rencontrés une nouvelle fois en novembre 2020, pour leur dire que l’échéance approchait, puis ils ont rompu le contact», a-t-il ajouté. «Nous n’avons pas eu d’autre choix car le temps presse. Nous avons en effet rendez-vous chez le notaire mi-avril et nous allons devoir nous engager à céder un bâtiment libre d’occupation», a-t-il souligné.

«S’il y a une reprise du dialogue et que l’on trouve un accord à l’amiable, tant qu’il se situe avant la mi-avril, alors bien sûr nous retirerons notre requête. Mais à ce jour, la communication semble rompue», a précisé Thierry Bodson.

Les occupants ont déclaré jeudi qu’ils espéraient pouvoir rester jusqu’en juin. «Quitter le bâtiment en pleine période hivernale, au milieu de l’année scolaire et à un moment où il est clair que la pandémie et sa batterie de mesures sanitaires contraignantes sont loin d’être terminées, c’est impossible! À moins de provoquer un véritable drame social», avait pour sa part argué une habitante.

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18 février 2021

“Ceci n’est pas un complot” suscite la controverse: “Pour être entendu, il fallait que je tape fort”

https://www.7sur7.be/belgique/ceci-n-est-pas-un-complot-suscite-la-controverse-pour-etre-entendu-il-fallait-que-je-tape-fort-br~aecf2f72/

Le réalisateur Bernard Crutzen

Le réalisateur Bernard Crutzen © Bernard Crutzen / Zistoires

Ceci n’est pas passé inaperçu. Depuis sa publication le 6 février dernier, le documentaire “Ceci n’est pas un complot” de Bernard Crutzen comptabilise déjà plus d’un million de vues cumulées sur les plateformes Vimeo, Youtube et Odysee. L’objectif? Interpeller sur le traitement médiatique de la crise sanitaire. Cible de critiques, on lui reproche notamment une certaine prise de liberté quant à la réalité factuelle, le réalisateur revendique “un film militant”, mais regrette la “mauvaise foi des journalistes” qui s'attellent, selon lui, à esquiver leur examen d'autocritique. De son côté, l’Association des journalistes professionnels déplore une “polarisation du débat” et estime “compliqué de débattre autour d’une thèse qui n’est pas appuyée par des faits.” 

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08 février 2021

VIDÉO | «Ceci n’est pas un complot», le docu qui va faire un Ramdam

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210207_01552728/video-ceci-n-est-pas-un-complot-le-docu-qui-va-faire-un-ramdam

Pendant 9 mois, le réalisateur Bernard Crutzen a observé ce que des médias belges disent – ou taisent – à propos du Covid. Avec, pour résultat, un documentaire qui dérange. Celui-ci peut être visionné gratuitement via le lien repris à la fin de cet article.

Initialement, l’avant-première mondiale du film était programmée pour la 11e édition du Tournai Ramdam Festival dont on sait qu’elle a, comme tant d’autres activités, été, elle aussi, sacrifiée sur l’autel des mesures imposées dans le cadre de la crise sanitaire.

Voici la bande-annonce du docu, le film complet peut être visionné gratuitement via le lien repris en fin d’article:

La sortie sur grand écran se fera attendre mais tout un chacun peut désormais visionner le docu sur la Toile, via les plateformes Youtube ou Vimeo. Il serait dommage de s’en priver car la qualité de la réalisation est à la hauteur du travail déployé durant 36 semaines par le journaliste-réalisateur.

Deux ans à Tournai, deux ans à Mons et un tour du monde…

Le verviétois Bernard Crutzen connaît bien la ville de Tournai pour avoir étudié à l’IHECS, alors que l’école avait encore ses quartiers à Ramegnies-Chin. Il y effectua deux années entrecoupées, de 1981 à 1982, par sa participation à la Course autour du monde qui l’amena à découvrir de nouveaux horizons et à s’ouvrir à d’autres cultures.

Comme beaucoup d’Ihecsiens à l’époque, c’est dans la Cité du Doudou qu’il a terminé ses études.

Depuis, il n’arrête plus de tourner, autour du monde toujours, mais aussi avec sa caméra qui reste son moyen d’expression de prédilection. Il a réalisé un nombre assez impressionnant de films et documentaires dont l’un d’entre eux – «Malaria Business» – avait été présenté lors d’un précédent Ramdam Festival à Tournai, il y a quatre ans.

«Incivique, un mot qu’elle a dû entendre à la télé…»

L’idée de son dernier documentaire lui est venue alors qu’il projetait d’aller rendre visite à ses parents fin mars, lorsque la pandémie était déjà à la une de tous les médias. Sa maman lui avait adressé un message l’incitant à renoncer à son projet de l’emmener, elle et son mari, faire le tour du quartier à pied car «cela pourrait être dangereux et… incivique».

«Incivique, un mot qu’elle a dû entendre à la télé…», pensa Bernard. Celui-ci s’est aussi inquiété de constater à quel point son père – médecin à la retraite – perdait tout sens critique face au matraquage médiatique opéré par la télévision. Il décida alors d’écrire une lettre ouverte à ses amis et connaissances journalistes. C’est suite à la réponse de l’un d’eux, ironisant sur un possible complot, qu’il s’intéressa à la manière dont certains médias disqualifient toute pensée critique en la qualifiant de complotiste.

Durant 9 mois, il a observé la manière dont des médias belges francophones «racontent» la crise du Covid: ce qu’ils disent, comment ils le disent, mais aussi ce qu’ils taisent. Des silences que met en exergue le réalisateur dans ce documentaire entièrement financé sur fonds propres mais aussi grâce à une opération de crowdfunding lancée en octobre et à laquelle ont répondu plus de 1480 contributeurs.

La crise sanitaire serait-elle un écran de fumée?

«À travers ce film, je voudrais donner la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas, ou plus, explique Bernard Crutzen. Ouvrir le débat sur les plateaux et dans les rédactions. Interpeller les juristes sur les entorses à l’état de droit. Réveiller nos élus pour remettre de la démocratie là où je ne constate plus qu’autoritarisme, menaces, chantage. J’aimerais aussi partager cette inquiétude, trop lourde à porter seul: le coronavirus ne serait qu’un écran de fumée qui masque une crise beaucoup plus systémique, à laquelle les gouvernements nous préparent sous couvert de crise sanitaire.»

Le réalisateur n’hésite pas à tendre le micro à des personnalités qui, parce qu’elles ont osé ouvrir le débat en tenant des propos (trop) différents des discours officiels, ont été purement et simplement écartées des antennes. Bernard Crutzen a également retrouvé le papa de «la plus jeune victime du Covid en Belgique». Un père qui, dans le documentaire, explique, de quoi est réellement décédé son enfant…

Bernard Crutzen ne cherche pas à convaincre et ne verse pas non plus dans les thèses «complotistes». À l’issue de 9 mois d’observation, et d’investigation, il s’interroge et nous invite, si nous en sommes encore capables, à faire de même. ..

Ceci n’est pas un complot produit par la srl ZISTOIRES est diffusé sur Vimeo et YouTube: https ://linktr.ee/CNPC_2020

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05 février 2021

Pour une baisse des loyers à Bruxelles

https://www.levif.be/actualite/belgique/pour-une-baisse-des-loyers-a-bruxelles/article-opinion-1386513.html

  • 30/01/21 à 10:30
  • Mise à jour à 10:30

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Le nouveau Plan d'urgence logement présenté au début de l'année 2021 montre encore une fois que la Région bruxelloise refuse de faire face à la montée fulgurante des loyers. Les loyers sont pourtant trop chers depuis des années.

En effet, la hausse annuelle des prix continue en roue libre, avec un loyer moyen atteignant 1135 euros en 2019 selon la confédération flamande du secteur de l'immobilier (CIB Vlaanderen) qui publiait son premier baromètre annuel des loyers bruxellois . Ce chiffre est dangereusement plus élevé que celui publié précédemment par l'Observatoire des loyers de la Région bruxelloise, qui estimait le loyer moyen à 739 euros un an plus tôt ! Les pouvoirs publics connaissent-ils la réalité du marché bruxellois ? Entre 2004 et 2018, Bruxelles a vu ses loyers augmenter de plus de 25% hors inflation, c'est énorme . Cela veut dire que se loger coûte 25% plus cher pour les locataires. Cette augmentation n'est pas due à une amélioration des bâtiments, ou au fait que le niveau de vie de tous et toutes ait augmenté, elle n'est due qu'au fait que le logement est traité comme une marchandise comme une autre. Parmi les ménages locataires, près de la moitié dépensaient, avant la crise sanitaire, 50 % à 60 % de leur revenu pour payer leur loyer - une situation qui s'est très probablement aggravée depuis mars 2020.

Entre 2004 et 2018, Bruxelles a vu ses loyers augmenter de plus de 25% hors inflation, c'est énorme

La majorité des habitant.e.s de Bruxelles sont locataires (60%) et plus d'un tiers des ménages vit sous le seuil de pauvreté. Comment donc expliquer que la Région refuse de limiter les loyers ? Les loyers abusifs sont dénoncés par les Bruxellois.es et par de nombreuses associations depuis des années. Le gouvernement semble penser qu'en mettant à disposition de nouveaux logements et en rénovant des logements, sans réguler le marché privé, le problème se réglera. Si nous pensons qu'il est absolument indispensable qu'une politique volontariste de construction et de rénovation de logements sociaux ait lieu à Bruxelles, nous constatons que des plans sont annoncés depuis plus de quinze ans sans résultats.

Ce nouveau plan logement entend entre autres :

• rénover, construire, acheter des logements sociaux et transformer des logements publics en logements sociaux. C'est une bonne chose, mais cela prendra du temps, que se passe-t-il pour les locataires pauvres du marché privé dans l'attente ?

• poursuivre la mise en gestion en AIS. Or, elle est clairement apparue ces dernières années comme une opportunité pour de gros investisseurs, et se révèle coûteuse : in fine, il s'agit d'un transfert d'argent depuis les caisses publiques vers des propriétaires ou des investisseurs, sans augmentation du portefeuille immobilier public.

• créer un système de conventionnement des logements. Le principe de limiter les aides publiques (en matière de rénovation, mais également en réduction fiscale) ne serait pas absurde, s'il était financé par les "gros bailleurs privés" plutôt que par des fonds publics. Par ailleurs, ce conventionnement ne touchera probablement qu'une partie limitée du parc privé, hors des quartiers populaires ou des espaces de forte augmentation des valeurs foncières, et donc essentiellement les logements loués par "la classe moyenne". La mise en place d'un tel dispositif nécessitera des moyens humains et techniques inédits : quitte à déployer de tels moyens, pourquoi se limiter à des mesures incitatives ?

• réformer le système d'allocation-loyer en le généralisant sans tenir compte de la valeur du loyer. Si une telle mesure n'est pas couplée à un encadrement contraignant du marché locatif privé, elle fera inévitablement augmenter les loyers et bénéficiera en bout de course à certains propriétaires.

• "étudier" certaines pistes destinées à aider les locataires : fonds de garantie locative, fonds destiné au paiement d'arriérés de loyers, moratoire hivernal sur les expulsions domiciliaires, etc. Notons que pour partie ces pistes sont proposées et défendues par des associations depuis des années, et aujourd'hui nous n'en sommes encore réduit.e.s qu'à des promesses d'études.

• traiter les situations de loyers abusifs via une commission consultative, non contraignante, et exclusivement à la demande de locataires particulièrement informé.e.s et courageux/ses. Nous connaissons les effets pervers de ce genre de procédures car la même stratégie est adoptée pour dénoncer l'insalubrité des logements : les propriétaires ne sont presque jamais contraints de répondre à leurs obligations.

En d'autres termes, aucun changement structurel, aucun renversement de tendance : les loyers continueront d'augmenter, les loyers abusifs continueront d'exister. Les bénéfices tirés des loyers ne seront toujours pas taxés, les pouvoirs publics poursuivront le financement des propriétaires (essentiellement en aidant les pauvres à payer un loyer trop cher - AIS, allocation, conventionnement, etc.), et on observera encore un flux continu d'argent du public vers le privé. C'est une solidarité, de la collectivité vers les bailleurs.

Pendant ce temps-là, 47 000 ménages attendent un logement social, et, entre un tiers et la moitié des ménages bruxellois serait en droit de prétendre à un tel logement. Se loger est compliqué et cher pour les locataires de la classe moyenne, et du côté des classes populaires, la situation est désastreuse. Le marché privé ne peut pas loger dignement les ménages pauvres : la concurrence est immense, les logements coûtent trop cher. Ces loyers trop élevés ont des conséquences graves sur la vie des gens : 90% des demandes d'expulsion ont lieu suite à des loyers impayés. Ce marché exclut, fragilise, menace la santé physique et mentale des habitant.e.s, sans compter que s'y exerce un racisme structurel puissamment appauvrissant et excluant. Rappelons encore que 41% des enfants de Bruxelles vivent dans des logements insalubres (voir le débat parlementaire de la Commission logement en 2018).

Dans d'autres villes européennes, à Paris, à Berlin, à Lille, en Écosse et ailleurs, les pouvoirs locaux ont eu le courage politique de limiter les loyers en instaurant un plafond contraignant. À Berlin, une décision gouvernementale a même imposé un gel des loyers pour une période de 5 ans afin de faire face à leur montée fulgurante. À Bruxelles, rien. Pourtant, les revenus ont chuté à cause de l'arrêt partiel de l'activité économique, et avec la hausse des prix de l'immobilier, la part des revenus consacrés au loyer pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages. Nous sommes en crise économique et par le passé, lors d'autres crises économiques, la Belgique a agi sur les valeurs locatives privées (que ce soit en annulant des dettes, en limitant les augmentations, en revenant à des valeurs antérieures).

Il est donc inacceptable que la Région bruxelloise se cache derrière les mesurettes de son nouveau Plan d'urgence logement. Ce plan ne fait que démontrer ce que nous savions déjà : à choisir entre trouver structurellement une solution pour les locataires (et les ménages peu nantis), ou se garantir la paix avec les propriétaires bailleurs, le gouvernement choisit toujours la défense de la propriété privée sur la défense du droit au logement.

L'arrêt de l'activité économique, l'exigence de rester chez soi, l'importance accrue de l'habitat dans notre société en crise sanitaire aurait dû mettre la puce à l'oreille de nos dirigeants. Des milliers de Bruxelloises et de Bruxellois ont besoin d'une baisse des loyers.

Carte blanche rédigée par Action Logement Bruxelles : Aline Fares, Sarah De Laet, Eva Betavatzi
https://www.actionlogementbxl.org/

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03 février 2021

Fort recul des libertés en 2020 dans le monde: la Belgique figure dans la catégorie des "démocraties défaillantes"

https://www.lalibre.be/belgique/societe/libertes-dans-le-monde-la-belgique-figure-dans-la-categorie-des-democraties-defaillantes-601a3f54d8ad5844d1cd4aa6

Les libertés démocratiques ont reflué dans près de 70% des pays du monde en 2020 à cause des restrictions provoquées par la lutte contre la pandémie, selon une étude du groupe britannique The Economist publiée mercredi, insistant sur le repli dans les régimes démocratiques.

Fort recul des libertés en 2020 dans le monde: la Belgique figure dans la catégorie des "démocraties défaillantes"
© Belga

La Belgique figure à ce titre dans la catégorie des "démocraties défaillantes". "La pandémie de coronavirus a provoqué un énorme recul des libertés démocratiques, conduisant le score moyen de l'indice à son plus bas niveau historique", selon cette étude publiée par l'unité de recherche de l'hebdomadaire britannique.

Le phénomène est mondial, particulièrement marqué dans les régimes autocratiques d'Afrique ou du Moyen-Orient, mais la "suppression des libertés individuelles dans les démocraties avancées a été le fait le plus marquant de 2020", relève l'étude.

"L'abandon volontaire de libertés fondamentales par des millions de gens a été peut être une des occurences les plus remarquables de cette extraordinaire année (...) mais nous ne pouvons pas conclure que le haut niveau d'acceptation des mesures de confinement signifie que les gens dévalorisent la liberté", a commenté Joan Hoey, responsable de l'étude.

"Ils ont simplement jugé, sur la base des preuves (...), qu'éviter des décès catastrophiques justifiait une perte de liberté temporaire", selon elle. La Belgique est ainsi reléguée dans la catégorie des "démocraties défaillantes", avec un indice de démocratie s'élevant à 7,51 sur 10. La France, aussi dans cette catégorie, fait à peine mieux avec une note de 7,99.

Au dessus de 8, les pays sont considérés comme des "démocraties à part entière". Cette catégorie regroupe les 23 premiers pays, le premier étant la Norvège avec un indice de 9,81. La Suisse ou le Canada y figurent.

L'indice de démocratie est calculé tous les ans par l'unité de recherche du groupe britannique The Economist. Il est calculé en base 10 selon 60 critères, regroupés en cinq catégories d'évaluation : processus électoral et pluralisme, libertés civiques, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique.

Avec un résultat mondial de 5,37, c'est "la pire moyenne mondiale depuis la création de l'indice en 2006". La plus forte baisse concerne le Mali, tandis que Taïwan enregistre de son côté la plus forte hausse.

Le pays le moins bien classé en 2020 est la Corée du Nord, avec un indice de démocratie de 1.08, classée parmi les "régimes autoritaires".

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02 février 2021

"La gestion de la crise Covid est un échec. Persévérer est diabolique"

https://www.lalibre.be/debats/opinions/la-gestion-de-la-crise-covid-est-un-echec-perseverer-est-diabolique-601930c09978e227dffcc174

Nos politiques et leurs conseillers ont privilégié le principe de précaution ou technique dite du parapluie plutôt que des procédures basées sur le bénéfice-risque-coût et la proportionnalité des mesures. Vu son bilan (taux de mortalité des plus élevés et une situation dramatique sur les plans économique, social, éducationnel et psychologique) notre politique sanitaire anti-covid19 doit être modifiée au plus tôt.

"La gestion de la crise Covid est un échec. Persévérer est diabolique"
© Belga
Une opinion du docteur Olivier Lhoest, chef de service associé du service d'anesthésie-réanimation et membre du conseil médical du CHC Liège (Mont Légia- ND Hermalle – ND Waremme)

Dans mon article d’août, j’avais signalé la dangerosité des politiques visant le risque zéro. On pouvait déjà pressentir que le gouvernement s’engageait dans une voie qui allait nous mener vers une situation dont il serait difficile de s’extirper. Quand on commence à calquer son modèle de gestion d’une crise sur la Chine, une dictature qui ment perpétuellement sur ses chiffres, on est évidemment mal parti.

Les intensivistes, cliniciens et non bureaucrates, ayant une habitude de gestion de crise, ont complètement changé la prise en charge des patients Covid après le premier pic en les intubant le plus tard possible et en introduisant les corticoïdes (contre les recommandations de l’OMS) ce qui a permis de réduire la mortalité. Nos dirigeants, en revanche, ont décidé de ne rien apprendre du premier pic. En effet, en regardant les statistiques de Sciensano qui, à défaut de savoir les interpréter, réalise de très belles courbes, ils auraient déjà pu constater que la surmortalité ne concernait pas la population des moins de 64 ans. On connaissait également les facteurs de risque de présenter une forme grave de la maladie que sont le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité. Nous savions également que le virus n’était différent des virus respiratoires habituels ni par sa contagiosité, ni sa létalité, ni un problème d’immunisation mais uniquement par son évolution en 2 phases dans les formes graves. La seule raison de prendre des mesures exceptionnelles était donc la surcharge des hôpitaux.

Gouvernement, experts et médias

Pourtant la létalité, la contagiosité et l’impossibilité de s’immuniser sont des arguments, largement relayés par nos médias nationaux pour justifier la politique menée par notre gouvernement conseillé par leurs "experts". Ces mêmes "experts" nous ont annoncé un deuxième pic épidémique tous les jours depuis juin. Il est d’ailleurs piquant de constater que beaucoup de journalistes ont conclu depuis le deuxième pic d’octobre que les "experts" avaient raison. Pourtant, dirait-on d’un météorologue qui prédit de la pluie pour le lendemain pendant 4 mois en se trompant tous les jours qu’il a raison parce que finalement il pleut un jour ? Cette politique sanitaire non ciblée a évidemment volé en éclat dès que l’épidémie a retrouvé des conditions favorables en octobre. Pourtant malgré l’évidence de cet échec, nos politiques n’ont pas remis en question leurs mesures mais plutôt conclu que le plan était bon mais que la population l’avait mal appliqué.

On ne fait pas des colonoscopies à l’ensemble de la population

Non content de ne pas prendre des mesures pour les bonnes raisons, nos décideurs n’ont pas pris des mesures selon les bons principes. Baser une politique de soins commune à l’ensemble de la population n’a aucun sens en médecine qui s’est toujours évertuée à développer une politique de santé adaptée à chaque individu ou groupe d’individus. On ne fait pas des colonoscopies à l’ensemble de la population au nom d’une solidarité générationnelle mais aux personnes à partir de 50 ans et aux personnes ayant une prédisposition génétique (même si des diagnostics de cancer du côlon sont également faits sur des patients n’émergeant pas à cette population cible parce que statistiquement peu fréquents). La médecine pour mettre en place des procédures se base sur le bénéfice-risque-coût et sur la proportionnalité des mesures à prendre par rapport à la cause. Manifestement, ces notions sont totalement étrangères à nos politiques et leurs conseillers qui préfèrent le principe de précaution ou technique dite du parapluie.

Une stratégie imposée à tous, basée sur l’autoritarisme, la violence, la délation et la peur.

La population à risque est connue depuis juin, la prévention aurait dû se focaliser uniquement sur cette population en leur permettant d’avoir des masques de qualité professionnelle, ainsi qu’une information dédiée afin de leur expliquer comment éviter les situations dangereuses en attendant le vaccin qui ne concerne d'ailleurs que cette population à risque. Les autres auraient dû pouvoir vivre leur vie quasiment normalement. Une stratégie ciblée basée sur la bienveillance, l’empathie et la pédagogie a plus de chance de fonctionner qu’une stratégie imposée à tous, basée sur l’autoritarisme, la violence, la délation et la peur.

Primum non nocere (NdlR : D'abord ne pas nuire) est un principe de base de la médecine, manifestement pas de nos "experts" car si on regarde le bilan des mesures prises qui ne sont basées sur aucune évidence scientifique forte et qu’on effectue la balance bénéfice-risque, le bilan est malheureusement catastrophique : une des mortalités les plus importantes au monde et un effet sur le pic épidémique au mieux modéré versus un désastre économique, social, éducationnel et psychologique qui eux étaient bien certains. Les mesures utilisées n’ont pas empêché les plus âgés de mourir mais ils sont morts seuls et abandonnés. Ne parlons même pas de notre jeunesse accusée de tous les maux et sacrifiée sur l’autel de la "bien-pensance".

Notre gouvernement, à force de ne pas vouloir faire de discrimination, est tombé dans le simplisme

En conclusion, notre gouvernement a voulu des mesures simples mais est tombé dans le simplisme, il a voulu ne pas faire de discrimination, en oubliant que la définition de la discrimination en médecine n’est pas le fait de séparer un groupe humain des autres en le traitant plus mal mais l’action de discerner, de distinguer les choses les unes des autres avec précision. Utiliser la PCR seule comme moyen de discernement de l’évolution d’une épidémie est une grave erreur car cette technique ne fait pas la différence entre les personnes malades et saines, contaminantes ou non contaminantes. Cette affirmation est d’autant plus vraie quand une grande partie de la population a déjà été infectée par le virus. La seule variable incontestable à surveiller est le nombre d’hospitalisations car il faut le répéter, la seule raison pour le gouvernement d’appliquer des mesures restrictives à sa population est la surcharge des hôpitaux et non la suppression des maladies respiratoires infectieuses. 

On peut comprendre les difficultés d’être gouvernant mais vu le bilan affiché, il serait temps de prendre un peu de recul, de constater son échec, de changer de conseillers et de modifier sa politique sanitaire afin de se rapprocher du monde réel : Errare humanum est, perseverare diabolicum (NdlR: L'erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique).

=> Titre original : Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

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01 février 2021

Manifestants pacifiques, situation sous contrôle: pourquoi avoir interdit la manifestation à Bruxelles ce dimanche ?

https://www.lalibre.be/regions/bruxelles/manifestants-pacifiques-situation-sous-controle-pourquoi-avoir-interdit-la-manifestation-a-bruxelles-ce-dimanche-601820a89978e227dff95ddb

Ce dimanche, des centaines de manifestants ont été interpellés lors d'un rassemblement pour protester contre les mesures Covid à Bruxelles, devant la gare Centrale. Cependant, les raisons de ces arrestations et les conditions dans lesquelles elles se sont déroulées posent question.

Manifestants pacifiques, situation sous contrôle: pourquoi avoir interdit la manifestation à Bruxelles ce dimanche ?
© BELGA

Les personnes présentes étaient relativement calmes et la situation semblait sous contrôle. Pourtant, les autorités communales n'avaient pas autorisé cette manifestation et la police a donc procédé à l'interpellation des manifestants.

Cependant, les conditions des arrestations sont quelque peu contestables: les mains sont entravées par des colsons et les personnes sont assises par terre les unes derrières les autres sans le 1m50 de distanciation sociale. Une situation qui étonne Olivia Venet, présidente de la Ligue des Droits Humains, au micro de RTL : "A la base, ces arrestations sont justifiées par le non respect des mesures sanitaires mais en réalité les conditions dans lesquelles les personnes sont arrêtées ne sont pas conformes à la crise sanitaire. On peut alors se demander 'Quelle est l'intention de l’État ?'", s'interroge-t-elle, "Est-ce que c'est faire respecter les mesures sanitaires ou montrer sa force ?"

De son côté, Philippe Close (PS), bourgmestre de la ville de Bruxelles, se défend en avançant le nombre important de manifestants présents. Ils étaient environ 500 contre les 100 autorisés actuellement: "C'est ce que la loi nous autorise. Je rappelle que la manifestation était interdite. Il y avait également une demande de la Ministre de l'Interieur (Annelies Verlinden, ndlr.) de ne pas l'accepter", se justifie-t-il.

Philippe Close reconnaît cependant que le cadre actuel n'est pas adapté: "Il faut que les gens qui sont contre les mesures puissent aussi s'exprimer. C'est aussi ça la démocratie."

En effet, manifester est un droit en Belgique comme le rappelle l'article 19 de de notre Constitution: "La liberté des cultes, [...] ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties [...]"

Selon Olivia Venet, se sont donc bien les individus qui commettent des infractions qui doivent être interpellés: "Comme tous les citoyens, ceux qui manifestent pacifiquement doivent être protégés par les forces de l'ordre."

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30 janvier 2021

Un collectif réquisitionne un bâtiment de Citydev pour des sans-abri

https://bx1.be/molenbeek-saint-jean/un-collectif-requisitionne-un-batiment-de-citydev-pour-des-sans-abri/

Le collectif dit vouloir “signer rapidement une convention d’occupation avec Citydev“.

Des militants du collectif de “Campagne de réquisitions solidaires” ont investi ce vendredi après-midi un bâtiment appartenant à Citydev pour y loger 200 personnes sur le point de se faire expulser. Le bâtiment est situé 38 rue de Koninck, à Molenbeek. Le collectif dit vouloir “signer rapidement une convention d’occupation avec Citydev“.

Déjà à plusieurs reprises, ce collectif a décidé de réquisitionner des bâtiment innoccupés “tant que les pouvoirs publics n’apportent pas de réponses structurelles suffisantes à la crise sociale et sanitaire (…) Les pouvoirs publics semblent incapable de garantir le droit au logement, et pourtant, de nombreux bâtiments publics sont vides et le marché privé pourrait être encadré“, expliquent-ils dans un communiqué.

T.D.

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Bâtiment Réquisitionné - 38 rue de Koninck, Molenbeek

https://bxl.indymedia.org/Batiment-Requisitionne-38-rue-de-Koninck-Molenbeek

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Les pouvoirs publics ne s’occupent pas de la question du logement ? Occupons !

Nouvelle réquisition solidaire aujourd’hui, vendredi 29 janvier, et nouveau témoignage de la quantité absurde et indécente de bâtiments vides à Bruxelles.

Grâce à la quatrième ouverture de cette campagne de réquisition, les solutions de relogement continuent pour 200 personnes migrantes sur le point de se faire expulser de chez elles à Jette et pour d’autres qui dorment à la rue, mais la question reste toujours la même : qui s’organise pour le droit au logement ?

Les pouvoirs publics semblent incapables de garantir le droit au logement, et pourtant, de nombreux bâtiments publics sont vides. C’est la région qui est propriétaire du bâtiment occupé, de 12.000m2, situé au 38 rue de Kokinck. A travers Citydev (son bras armé immobilier), dont les stratégies font la part belle à la spéculation immobilière et aux partenariats public-privé, elle se fait actrice de la gentrification. Laisser de tels batiments vides, c’est choisir de laisser des gens dormir à la rue.

Nous ne pouvons accepter ni le non ni le mal-logement. De même, nous ne pouvons accepter de vivre dans des villes dont les habitant∙es sont chassé∙es pour laisser la place aux plus aisé∙es. Nous ne pouvons accepter que la précarité immobilière s’aggrave encore.
Nous revendiquons que les espaces disponibles soient utilisés pour que les personnes puissent se loger ! Une nouvelle fois, une maison et des papiers pour toutes et tous !

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29 janvier 2021

Le virus des inégalités

https://www.alterechos.be/longform/le-virus-des-inegalites/

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Depuis plusieurs mois, la crise sanitaire sévit dans la région bruxelloise. En s’infiltrant dans les failles de notre société, le Covid-19 a renforcé des inégalités déjà existantes.

ANAËLLE LUCINA ET MATTHIAS MASINI, ÉTUDIANTS EN JOURNALISME À L'ULB  19-01-2021
« Tous unis contre le Covid », « #OnResteEnsemble »… Depuis bientôt un an, la crise sanitaire semble offrir une expérience collective universelle. Confiné·e·s et masqué·e·s, les Belges partageraient (enfin) un quotidien identique. Mais si les masques se sont invités dans tous les foyers, les fractures socio-économiques se transforment en véritables gouffres. Télétravailler dans une villa-piscine, perdre son unique source de revenu, (sur)vivre sans lien social, mourir du virus, la même crise sanitaire n’a pas les mêmes conséquences sur l’ensemble de la population.

La pauvreté est-elle une condition favorisant l’exposition au virus ? Oui. Les personnes précaires portent un double fardeau face à la pandémie : elles vivent, pour la plupart, dans des quartiers à forte densité de population et travaillent dans des secteurs surexposés au coronavirus. Si la précarité rime avec surexposition, une bonne situation financière, elle, rime avec moins de risque sanitaire.

Depuis le début de la crise sanitaire, les communes du nord de la Région bruxelloise sont plus touchées par la pandémie. Autrement dit, les habitants de Molenbeek ont 50 % plus de risque de contracter la maladie que les résidents de Woluwe-Saint-Pierre. En cause, des quartiers où la distanciation sociale est plus difficile à respecter de par leur densité, et des logements trop petits pour ralentir les contaminations intrafamiliales. Quant aux travailleurs moins qualifiés, ils exercent souvent des professions où le télétravail est impossible et le contact rapproché fréquent.

L’épidémie a touché l’ensemble de la région à des degrés divers. La crise sanitaire se superpose à d’autres inégalités sociales et sévit plus sévèrement dans les quartiers cumulant un niveau de revenu par habitant plus faible et des conditions sanitaires défavorables.

La tendance est présente dans toutes les communes bruxelloises : la crise sanitaire est plus forte dans les communes les plus précaires. Les communes avec des bas taux d’habitants touchant le RIS accusent un nombre de cas Covid plus faibles que le reste de la Région. Au Royaume-Uni, l’Office national de la statistique a estimé que les habitants des localités les plus pauvres meurent deux fois plus de la crise sanitaire que les banlieues aisées. On explique ce phénomène par une densité forte de population, des logements où la distanciation est impossible, ainsi qu’une qualité et un accès aux soins bien inférieurs du reste du pays.

Le fardeau économique pèse sur les plus vulnérables

Si l’impact sanitaire varie selon les communes, les conséquences économiques, elles, pourraient être encore plus inégalitaires. En effet, si l’économie dans son ensemble ralentit avec le Covid-19, certains secteurs s’effondrent totalement.

Selon la Banque nationale de Belgique, les pertes financières varient énormément selon les métiers. L’Horeca, la culture, ou encore les commerces non-alimentaires ont subi de plein fouet les mesures sanitaires et leurs conséquences économiques.

Les communes bruxelloises compilent des profils socio-professionnels très divers. Logiquement, les retombées économiques sont très inégalitaires et diffèrent selon les localités. Sans surprise, les secteurs d’activité les plus touchés sont majoritairement composés de travailleurs avec un niveau de qualification bas et se trouvent davantage dans les quartiers populaires.

Par exemple, à Saint-Josse-ten-Noode, commune avec le plus bas revenu par habitant de la Région bruxelloise, l’horeca représente 11,90 % de l’activité économique, contre 4 % dans les communes les plus riches telles qu’Auderghem, Uccle, Watermael-Boitsfort ou Woluwe-Saint-Pierre. Pour les communes du nord de la Région, la facture du Covid-19 est donc beaucoup plus salée.

Jan Willems, responsable de la cellule Covid au centre public d’aide sociale (CPAS) de Bruxelles, ajoute qu’en plus de constater une baisse d’activité dangereuse pour les secteurs majoritairement implantés dans les communes les plus défavorisées, de nouveaux profils de personnes crient au secours.

« Avec le Covid, on voit beaucoup de personnes différentes qui sont touchées. Désormais, des gens qui avaient des revenus irréguliers, des CDD, des étudiants jobistes se sont rajoutés à ceux qui avaient des revenus très faibles, notamment le revenu d’insertion sociale. »

Sans emploi à cause du coronavirus, Tatiana a opté pour la reconversion

La précarité des jeunes et des étudiants a crû ces derniers mois. Tatiana, 24 ans, est étudiante en art, barmaid et depuis peu, vendeuse en prêt à porter. Elle est l’illustration parfaite d’un marché du travail tari et d’une adaptation sous contrainte.

Avant le premier confinement, cela faisait quatre ans que Tatiana travaillait au Montmartre, un bar du cimetière d’Ixelles. Lorsqu’elle a appris que le virus se répandait progressivement en Belgique, elle a continué à travailler, avec le sourire et en relativisant : « Au départ, je n’avais pas peur d’aller bosser, même en pleine épidémie. Je ne m’inquiétais pas trop... » raconte l’étudiante. Puis, petit à petit, la peur et la crainte ont semé leurs graines. Tatiana l’avoue, au début, elle trouvait les médias « trop alarmistes ». Mais après plusieurs semaines à travailler au bar, à écouter les « on dit que », à entendre les clients s’inquiéter et à collecter les témoignages, le stress s’est installé. L’annonce de la fermeture des bars et restaurants (donc du Montmartre) n’a pas été un choc pour la jeune femme. Elle confie que, pour elle, c’était l’occasion d’avoir du temps pour se reposer et pour profiter de ses proches. Pourtant, après presque un mois de confinement sans aucun revenu, elle a dû se résoudre à trouver un emploi. Il lui était impossible de récupérer ce manque à gagner, sans activité, sans entrée d’argent et sans chômage temporaire.

« Je ne voulais pas me retrouver sans revenu une seconde fois… Je n’aurais pas pu. »

C’est l’enseigne de prêt-à-porter & Other Stories qui l’a sauvée. « Tous les étudiants jobistes que je connais se sont retrouvés dans l’impasse, pour dire ça joliment. Je me suis dit qu’il fallait que je postule quelque part… Le Montmartre risquait de fermer à nouveau et je ne pouvais pas envisager de passer encore plusieurs mois sans salaire. C’est comme ça qu’en prévision, je me suis retrouvée à travailler pour une boutique de prêt à porter, dès la fin du premier confinement », raconte-t-elle. Avoir ce plan B en option était une façon pour elle de s’assurer un revenu en cas de seconde vague et de reconfinement. Un revenu dont elle ne peut se passer. Aujourd’hui, grâce à ce poste de vendeuse, elle reçoit chaque mois 75 % de son salaire – même si la boutique a cessé ses activités.

Les mesures liées au coronavirus pèsent lourd sur le mental des employés de l’Horeca et des autres secteurs ébranlés par l’épidémie. Économiquement et socialement, le virus a détérioré le quotidien d’individus, pour certains déjà en difficulté, et dont les emplois ont été les premiers touchés. Sans persévérance et adaptation, Tatiana n’aurait ni salaire, ni emploi depuis mars dernier. Une belle ode à la positivité.

Inadaptés au monde du télétravail

Selon le type de profession, primaire, secondaire ou tertiaire, une bonne connexion internet est plus ou moins nécessaire. Un maçon, par exemple, sera moins dépendant du haut débit qu’un responsable communication. Pour ces secteurs d’activités plus « réels » que « virtuels », la crise du coronavirus a été destructrice.

Jérémy Dagnies, chargé de cours invité à l’Université Catholique de Louvain explique que les personnes issues de communes plus riches et qui ont continué leurs études jusqu’au secondaire, possèdent un « boulot beaucoup plus adapté au télétravail ». Elles ont donc pu continuer à travailler, même pendant le confinement.

À Molenbeek, les statuts professionnels les plus représentés sont ceux d’ouvrier.ère et de caissier.ère dans les hypermarchés et dans les commerces de proximité. Des secteurs pour lesquels le travail à distance n’est pas une option. Pour eux, impossible de se mettre à l’abri du virus grâce au télétravail, en déduit Jéremy Dagnies. En plein reconfinement, la plupart de ces travailleurs, n’ont pas le choix. S’ils veulent continuer leur activité, ils doivent prendre le risque de s’exposer au virus. Le professeur ajoute que le secteur ouvrier et celui de l’industrie se sont précarisés et raréfiés au fil des années (davantage de contrats intérim ou à durée déterminée).

« De manière générale, que cela soit pour des raisons sanitaires ou économiques, les employés des secteurs d’activité plus précaires sont plus sensibles aux conjonctures économiques. »

L’universitaire se trouve désolé de constater qu’à chaque fois qu’une crise frappe la capitale les personnes les plus vulnérables sont les plus à même de perdre leur emploi.

Les vendeurs au front, dans le flou

Mehdi, 24 ans, est vendeur dans une chaîne de produits bio. Pour lui, les deux confinements ont été vécus différemment, mais avec un sentiment commun : celui d’aller au front. Pour lui et son équipe, il n’y a pas eu de temps mort entre le moment où le virus a commencé à se propager, les premières annonces gouvernementales, et le début du confinement.

« On était obligés de continuer à travailler alors que tout le monde commençait à se confiner, sans vraiment savoir ce qui allait se passer… Une certaine angoisse montait de jour en jour. »

Il raconte que cette appréhension d’aller travailler en pleine épidémie est partagée par tous les employés de l’enseigne. Dans le flou, ils ont dû s’adapter à ce nouveau quotidien, rendre le port du masque systématique et faire respecter les distanciations avec les clients que Mehdi prend toujours plaisir à conseiller. Cette période, difficile et éprouvante émotionnellement, aura été une mise en jambe pour le deuxième confinement. « Pendant le premier confinement ça a été la nouveauté et l’appréhension. Ce deuxième est plutôt synonyme de lassitude. On est complètement ancrés dans un quotidien très protocolaire » s’attriste le vendeur. Il décrit des journées plombées par l’agacement, rythmées par des clients moins souriants, moins tolérants et moins patients.

« On a l’impression d’aller au front, et ça, depuis le début. »

Dès les premières annonces, Mehdi a compris qu’il allait devoir faire une croix sur le télétravail et le chômage temporaire. Il s’est senti « condamné à aller travailler ». Malgré l’épidémie, son équipe et lui peuvent croiser jusqu’à 250 clients différents par jour. Le vendeur raconte qu’après avoir vécu une période d’adaptation et d’acceptation un peu difficile, il arrive aujourd’hui à voir sa situation d’un œil positif. Mehdi se dit chanceux de ne connaître, ni la baisse ou la disparition de revenu, ni la diminution d’horaires de travail dont plusieurs personnes de son entourage sont victimes. « Une fois bien armé, il y a des points positifs et négatifs à continuer à travailler » conclut-il.

Le coût du retard numérique

Le manque d’accès numérique a rendu l’aide aux plus défavorisés encore plus compliquée.

La crise sanitaire actuelle a entraîné une baisse des inscriptions des habitants des quartiers populaires de Bruxelles comme demandeurs d’emploi inoccupé (DEI). Sean Vanonckelen, porte-parole chez Actiris, suppose que les personnes moins qualifiées et les classes sociales les plus pauvres considèrent le marché de l’emploi comme inaccessible pour le moment. Ils ne verraient donc pas l’utilité de s’inscrire chez Actiris en pleine crise. De plus, pour recevoir les allocations, l’enregistrement en tant que DEI n’est pas obligatoire. « Il y a beaucoup de gens qui ont perdu leur emploi qui ne s’inscrivent pas chez nous. Nous avons peur de les avoir perdus pendant la crise », s’inquiète le porte-parole. En bref, l’inscription chez Actiris n’aurait pas été un réflexe pour les populations du croissant pauvre de Bruxelles, à savoir Molenbeek, Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek – contrairement aux habitants des communes plus aisées.

Cette diminution des inscriptions dans les communes les moins aisées est liée à la fracture numérique. Actiris dispose de bureaux dans quasiment toutes les communes bruxelloises, mais suite aux dernières mesures sanitaires, le groupe s’est vu contraint de fermer la plupart de ses antennes et de passer en 100 % digital ou téléphone. C’est justement depuis ce passage en mode « virtuel » que l’équipe de Sean a constaté, d’une part, une baisse des inscriptions de la part des habitants de communes défavorisées, et de l’autre, une hausse des inscriptions pour les communes les plus aisées.

« Beaucoup des plus concernés n’ont pas internet chez eux. »

Le porte-parole ajoute, le regard désolé, que depuis le passage en mode digital, « on constate qu’il y a beaucoup de gens qui ont besoin de venir sur place… Sinon on les perd ». Actiris avait d’ailleurs remarqué une augmentation des inscriptions lors de la réouverture en juin. D’après les chiffres affichés sur son ordinateur, 30 % des ménages à faible revenu ne disposent pas de connexion internet en Belgique.

« Tous ceux qui ne se sont pas inscrit pendant le confinement, nous les retrouverons plus tard, lors de la réouverture physique. »

Pendant l’épidémie, les situations de chômage se sont généralisées sur tout le territoire comme un vécu désormais commun et collectif. Mais le porte-parole d’Actiris craint que les fossés et inégalités entre communes se creusent à nouveau. Pour lui, après la crise, les chiffres seront plus représentatifs de la réalité et dessineront « réellement » l’effet de l’épidémie sur le chômage.

Même s’il est inquiété par la situation, Sean Vanonckelen relativise et garde une lueur d’espoir. Trois agences Actiris resteront ouvertes pendant le confinement. Les rendez-vous y sont limités et réservés à ceux qui ne disposent pas de connexion internet, ou qui ne parlent ni le français, ni le néerlandais. Sean et son équipe espèrent ainsi limiter l’impact de la fracture numérique.

Une fracture plus que matérielle

Pour Jan Willems, responsable du centre public d’action sociale de Bruxelles (CPAS), la situation est alarmante. Submergés par les demandes, le centre aurait atteint « le point de critique ». En plein Covid, sa priorité est numérique. Le CPAS a été surpris du nombre de familles qui ne possédaient pas un seul ordinateur pour le foyer. La plupart de celles-ci sont composées de parents dont l’activité professionnelle ne nécessite pas d’équipements numériques, comme la grande distribution et le secteur de la construction.

L’objectif du moment est donc de combler la fracture numérique « notamment pour les familles où il n’y a pas de matériel informatique suffisant pour que les enfants suivent leur programme scolaire virtuellement », précise le responsable. Ce nouveau confinement risquerait d’accentuer le décrochage scolaire des enfants dont le ménage ne possède pas d’ordinateur ou pas d’accès à internet.

Professeur en sciences politiques et sociales, Jeremy Dagnies, tire lui aussi la sonnette d’alarme concernant la fracture numérique. Mais plutôt que de se limiter à la non-utilisation d’internet, M. Dagnies creuse le problème plus en profondeur. Son travail cible les conséquences concrètes d’un accès inexistant ou limité à internet sur la situation socio-économique des Bruxellois (famille, liens sociaux, emploi et santé). Son objectif est de montrer que le manque d’accès à internet est créateur d’inégalités.

En écho aux observations du CPAS, Jérémy Dagnies propose une explication. Selon le chargé de cours, une des principales impasses de cette fracture s’illustre avec le fait que les politiques répondent avec un point de vue uniquement matériel. En organisant des campagnes pour fournir aux ménages, au moins, un ordinateur et un accès à internet haut débit, ces politiques font beaucoup mais « pas assez ».

« Les fractures sont beaucoup plus complexes, elles concernent aussi la manière d’utiliser internet. »

Les plus favorisés aussi frappés par le Covid

Loin d’être épargnées par la Covid-19, les communes plus aisées sont aussi touchées sanitairement et économiquement parlant. Le sud de Bruxelles affiche en effet un taux de mortalité conséquent mais également des signes économiques inquiétants. Responsable du CPAS de Bruxelles, Jan Willems affirme qu’« une augmentation importante des demandes d’aides a lieu partout dans la Région ». Il confie qu’il ne s’attendait pas à une augmentation aussi importante auprès des centres des communes aisées.

Taux de chômage record dans les communes du sud

D’après les données de l’IWEPS de 2018, le taux de chômage est bien plus élevé dans les communes les plus défavorisées. Ce sont ces communes qui, de manière générale, cumulent les inégalités. Pourtant, en pleine épidémie de coronavirus de nouvelles courbes se dessinent. Les dernières données diffusées par Sciensano, l’Institut fédéral de santé publique, illustrent que les communes du nord de la capitale comme Molenbeek, Schaerbeek, ou Saint-Josse-ten-Noode, ne sont pas celles qui enregistrent la plus forte hausse de chômeurs. En tête du classement on trouve plutôt Uccle (avec une hausse de 8,2 %), Woluwe-Saint-Pierre (+8,7 %) et Woluwe-Saint-Lambert qui casse les scores avec une augmentation de 9,8 %.

Le « jeune diplômé », nouveau profil-type du demandeur d’emploi

En s’appuyant sur les chiffres récoltés par Actiris ces derniers mois, Sean Vanonckelen affirme que depuis le début de l’épidémie, ce sont surtout les jeunes de catégories sociales élevées et diplômés qui se sont enregistrés en tant que demandeurs d’emploi.

« Ce que l’on constate actuellement, c’est que le taux de chômage augmente très fortement dans les communes riches, et très peu dans le croissant pauvre. Ce qui ne représente pas la réalité. »

Le porte-parole l’illustre en deux volets. Premièrement, les secteurs d’activité les plus touchés par la crise (l’horeca et l’événementiel), employaient majoritairement des étudiants ou des profils fraîchement diplômés. Ceci expliquerait une hausse du taux de chômage pour cette part de la population qui espère utiliser Actiris comme tremplin professionnel.

Une surmortalité dans le Sud de Bruxelles

Jean-Paul Sanderson est chercheur post-doctorant au centre de recherche en démographie de l’Université catholique de Louvain. Avec plusieurs de ses collègues, il a réalisé une étude sur la mortalité en Belgique depuis le début de l’épidémie. Pour cela, ils ont créé un « indicateur de positionnement social » qui prend en considération trois variables : la catégorie socio-professionnelle, le niveau d’instruction et les caractéristiques du logement. Les résultats ont été publiés en septembre et méritent d’être observés – les yeux grands ouverts. 

Assez classiquement, la mortalité est plus importante aux âges plus avancés. Mais, ils ont constaté que depuis le début de l’épidémie, la surmortalité concernait particulièrement les personnes âgées.

Avant de réaliser leur enquête, l’équipe de M. Sanderson présupposait que le croissant pauvre de Bruxelles, (à savoir les communes qui se trouvent le long du canal) présenterait le plus fort taux de surmortalité. Mais, surprise : les communes les plus aisées ont enregistré un taux de surmortalité record. Les communes les plus pauvres ne seraient pas les plus touchées par la létalité du virus. « Nous ne nous attendions pas à découvrir que Saint-Josse et Schaerbeek, des communes plutôt défavorisées, se retrouveraient parmi celles avec le plus faible taux de mortalité », raconte le chercheur.

Selon leur indicateur (encore en phase d’exploration) la mortalité liée au coronavirus s’attaque à tous les groupes sociaux, mais n’est pas plus importante chez les plus défavorisés. En effet, Berchem-Sainte-Agathe (commune du nord de Bruxelles) compile le taux de surmortalité le plus haut, suivie de près par Watermael-Boitsfort – deux communes habituellement immunisées face à ces problèmes sociaux.

Selon Jean-Paul Sanderson, cette hausse de surmortalité dans les communes du sud de Bruxelles s’expliquerait avec l’âge de la population. En effet, la relation entre « surmortalité liée au coronavirus » et « âge » prend tout son sens en analysant l’âge moyen de chaque commune. D’après Statbel, en 2019, le taux d’âge moyen de la population est plus élevé dans les communes du nord de la capitale. Suite à ces résultats, le chercheur souhaite apporter une nuance. Sur le long terme, il avance que, peu importe les tendances, la mortalité des groupes les plus défavorisés sera toujours nettement plus importante que celles des plus aisés.

Il suffit d’une période aussi mortifère que l’épidémie de coronavirus, pour que les taux de surmortalité explosent. En temps normal, ce chiffre est plus élevé pour les classes sociales les plus basses. Une hausse de la surmortalité est, de fait, moins forte en période d’épidémie. À contrario, dans les groupes sociaux les plus aisés le taux de surmortalité est plutôt faible de manière général. « Dans un groupe où un phénomène [ici la mortalité] est rare, si j’augmente le taux d’un pourcent, c’est une très forte croissance », décrit le chercheur. Pour les communes du sud de Bruxelles, ces chiffres alarmants pourraient, dans quelque temps se résumer à un mauvais souvenir.

L'horizon d'un futur encore plus inégalitaire

Si la crise est inégalitaire, le monde « post-Covid » pourrait l’être encore bien plus. La reprise économique ne sera pas évidente pour tous. En d’autres termes, plusieurs secteurs se remettront plus facilement de la crise sanitaire, tandis que d’autres resteront marqués par ses effets. L’horeca, la construction et le transport, estiment une perte de revenu exceptionnel de, respectivement, 36 %, 13 % et 23 %. Économiquement, les plus vulnérables sont les premières victimes et seront vraisemblablement les derniers relevés de la crise.

« On souffre tous, d’une manière ou d’une autre de cette crise », avance Jérémy Dagnies. Il nuance : le fait d’avoir vécu cette crise de manière différenciée pourrait, selon lui, accentuer un sentiment d’exclusion déjà bien ancré. Après l’épidémie, les inégalités de logements, de revenus, de la santé et le niveau d’insertion sociale des plus démunis n’auront pas disparues. « ll n’a pas fallu attendre la crise du Covid pour pouvoir observer toute une série de fractures culturelles et psychologiques entre certains groupes de la population », déplore le professeur.

Jean-Paul Sanderson rejoint ce constat. Lui et son équipe de recherche s’attendent à des « conséquences d’après-crise différenciées » selon les communes. Depuis bientôt un an, la crise sanitaire s’est introduite dans les failles sociales et les a transformées en véritables fractures. Les plus vulnérables d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux d’hier, à la différence que leur fardeau s’alourdit.

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Coronavirus: la légitimité démocratique du pouvoir d'exception remise en question par des chercheurs

https://plus.lesoir.be/351812/article/2021-01-28/coronavirus-la-legitimite-democratique-du-pouvoir-dexception-remise-en-question

Des chercheur.e.s de toutes les universités francophones s’interrogent sur les conséquences démocratiques de la crise et la question de la légitimité du pouvoir d’exception.

Coronavirus: la légitimité démocratique du pouvoir d'exception remise en question par des chercheurs

Il y a plus de 10 mois, les premières mesures de confinement étaient prises en Belgique. Ces dispositions inédites et impensables encore quelques semaines auparavant ont bouleversé nos vies et notre société. Elles ont été adoptées dans l’urgence, face à un phénomène, l’épidémie de covid-19, qu’il était difficile de prévoir. L’absence de débat démocratique pouvait à l’époque se comprendre au vu de l’urgence et du caractère exceptionnel des mesures. Une large coalition de partis démocratiques créait alors un consensus autour d’un gouvernement minoritaire. A situation inédite, réactions politiques inédites.

A l’automne dernier, un gouvernement de plein exercice était mis en place. Moins d’un mois après son installation, le second confinement a eu lieu. Il diffère fondamentalement du premier sur deux points. Tout d’abord, il est désormais impossible d’invoquer la surprise. Par ailleurs, le caractère temporaire et exceptionnel du confinement n’a plus rien d’évident.

Les mesures covid-19 sont donc maintenues depuis des mois pour des périodes déterminées à répétition qui se transforment de facto en période indéterminée. Récemment, la prolongation jusqu’au 1er mars des mesures de confinement témoigne d’une nouvelle dégradation préoccupante de la situation. Jusqu’à présent, les autorités prenaient à tout le moins la peine d’avertir les citoyens et citoyennes de leurs décisions lors de conférences de presse. Désormais, elles agissent en catimini. Ainsi, nous ne sommes plus dans le cas de l’urgence mais d’un régime d’exception qui s’installe dans la durée. Trois mois après le début du 2e confinement, le gouvernement ne communique toujours aucune perspective de sortie.

Des dégâts économiques, sociaux et psychologiques considérables

Malgré la durée de la crise, la communication est toujours celle de l’urgence. Les médias reçoivent leur dose quotidienne de chiffres Covid, sans aucun recul ou analyse ni, sauf cas rares, modération critique. De même, le nouveau feuilleton de la course entre la vaccination et la dissémination des nouveaux variants est censé nous tenir en haleine. Surtout, les données fournies sont incomplètes pour qui veut se faire une idée réelle des implications du confinement. Quid de la santé mentale, des tentatives de suicide, du décrochage scolaire, de la paupérisation, de l’augmentation des violences intra-familiales ? Il semble en tout cas que ces dimensions n’influent que de manière marginale sur les décisions prises. Probablement parce que les effets concrets ne se font ici ressentir qu’avec retard, alors que les contaminations se voient chaque jour avec une publicité maximale. Est-ce dès lors une raison pour ne pas prendre en compte ces réalités au moins aussi importantes ? 

Or, c’est bien ce tableau global des conséquences de la gestion de cette crise qu’il convient urgemment de dresser. Avec des étudiants ou adolescents en mal-être grave, des professions en déroute et sans perspectives, des usages normalisés des limitations de libertés, peu d’évaluations rendues publiques de l’efficacité de certaines mesures liberticides… Il est plus que temps de se poser la question du vivre ensemble en pandémie dans une société où le risque zéro n’existe pas.

Actuellement, on tente toujours de minimiser un double risque très étroit : la saturation des hôpitaux couplée aux décès des personnes vulnérables, sans s’interroger vraiment sur l’équilibre à trouver avec les autres risques et les dommages causés aux autres catégories de citoyens et citoyennes. Or ces risques explosent en ce moment de toutes parts, comme des dizaines de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales le prédisent depuis des mois, et dont les propositions ne semblent pas entendues par les autorités politiques.

Des restrictions massives des libertés publiques

La gestion covid-19 soulève aussi un problème fondamental de respect de la légalité et de l’Etat de droit. Depuis plusieurs mois, les constitutionnalistes et les politologues dénoncent la gestion de la crise par simple arrêté ministériel et réclament une loi Corona (lire aussi). Au-delà du simple respect de la Constitution, l’État de droit assure la limitation de l’action de l’État envers les citoyens et citoyennes en lui imposant un cadre juridique et en lui interdisant l’arbitraire. En un mot comme en cent : l’Etat ne peut pas agir comme bon lui semble, aussi impérieuse et légitime lui semble la finalité qu’il poursuit.

Chaque jour, nous pouvons constater les graves conséquences de l’estompement de ce principe. La lutte contre le covid-19 sauve sans doute des vies. Mais elle étouffe nos droits et libertés. L’état d’exception qui s’installe permet à la police de pénétrer de nuit dans les domiciles, de tracer les GSM sans ordonnance de juge, de restreindre le droit de manifestation, de suspendre le droit au travail, de maltraiter le droit à l’enseignement, de s’emparer de nos données médicales à des fins de contrôle, de limiter nos déplacements, de faire disparaître les droits culturels… Cette rétrogradation a lieu sans débat ni décision parlementaire et en contournant trop souvent les autorités de contrôle (section de législation du Conseil d’Etat, Autorité de la protection des données).

Des mesures de contrôle incontrôlées

La démocratie belge est aujourd’hui atone. Le confinement et ses modalités ne font pas l’objet d’un débat démocratique public, pluraliste et ouvert. Les positions et arguments en contradiction avec la parole officielle n’ont pas droit au chapitre. Comme le démontre Amartya Sen, le débat public est la condition incontournable de toute décision légitime et raisonnable, sur la base de positions parfois toutes défendables quoique contradictoires (1).

Le contrôle de l’application des règles par les citoyens et citoyennes fait l’objet d’une sévérité de plus en plus grande. Mais dans le même temps, le contrôle des règles par les autorités fait l’objet de plus en plus d’inattentions. La piste est glissante : ne basculons-nous pas dans une gestion autoritaire de la pandémie ?

Il est donc indispensable d’avoir un débat démocratique et ouvert sur au moins trois éléments. Premièrement, la définition de l’objectif poursuivi par ces mesures : s’agit-il d’éviter la saturation des services hospitaliers ou d’éradiquer le virus en éludant la question des moyens pour renforcer les dispositifs médicaux ? Deuxièmement, le degré de risque que nous sommes collectivement prêts à accepter au regard de tous les autres risques. Et troisièmement, les mesures légitimes et proportionnées prises pour atteindre ces objectifs.

Un débat éclairé nécessite d’avoir des données fiables et des avis partagés. Il faut dès lors au plus vite un partage des données en opendata afin que tout chercheur ou chercheuse puisse les vérifier, les compléter, les discuter et les analyser. Il est également nécessaire de rendre publics tous les avis exprimés par les divers organes d’expert.e.s, afin que chaque citoyen et citoyenne puissent être informé.e et comprendre les mesures.

De graves conséquences à moyen et long termes

Le basculement que nous observons entraîne de graves conséquences à moyen et long termes que les autorités ne peuvent ignorer : perte d’adhésion des citoyens et citoyennes dans les mesures, décrédibilisation des dirigeants déjà en perte de vitesse, mouvements de désobéissance civile qui peuvent entraîner la division et le conflit. En outre, la création d’un tel précédent est un danger pressant dans un contexte de montée des populismes et des régimes autoritaires, ainsi que dans la perspective scientifiquement envisagée d’épidémies ultérieures. Comment les démocrates pourront-ils.elles faire barrage à des poussées illibérales si l’Etat libéral ouvre la brèche ? La classe politique actuelle prépare-t-elle à son insu, par manque de vision et de courage, la fin de la démocratie telle que nous la connaissons ? Il est encore temps d’un sursaut.

*Signataires : Diane Bernard (USL-B), juriste et philosophe ; Anne-Emmanuelle Bourgaux (UMons), juriste ; Marie-Sophie Devresse (UCLouvain), criminologue ; Alain Finet (UMons), management ; François Gemenne (ULiège), politologue ; Christine Guillain (USL-B), juriste ; Chloé Harmel (UCLouvain), juriste ; Vincent Laborderie (UCLouvain), politologue ; Irène Mathy (USL-B), juriste ; Anne Roekens, (UNamur), historienne ; Damien Scalia (ULB), juriste ; Olivier Servais (UCLouvain), anthropologue et historien ; Dave Sinardet (VUB- USL-B), politologue ; Nicolas Thirion (ULiège), juriste ; Erik Van Den Haute (ULB), juriste.

(1) A. Sen, L’idée de justice, Flammarion, 2010 (pour la trad. en français), notamment p. 141 et 417.

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28 janvier 2021

«La crise aiguë du logement étouffe les plus précaires»: les occupants de la clinique Depage peuvent y rester

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210128_01549596/la-crise-aigue-du-logement-etouffe-les-plus-precaires-les-occupants-de-la-clinique-depage-peuvent-y-rester

«La crise aiguë du logement étouffe les plus précaires»: les occupants de la clinique Depage peuvent y rester

Les occupants sont entrés à la clinique Depage, abandonnée, pour s’y loger.ÉdA – Mathieu GOLINVAUX

Le conseil de l’action sociale du CPAS de la Ville de Bruxelles a approuvé ce mercredi matin la convention d’occupation temporaire avec les quatre collectifs de personnes sans-papiers et sans logements qui sont entrés dans l’ancienne clinique Depage le 18 décembre dernier. Elle sera signée dans les jours à venir par les différentes parties.

Le document autorise l’accueil d’un maximum de 80 personnes jusqu’au 30 juin prochain, date espérée pour la conclusion d’une vente initiée en ce début d’année.

+ REPORTAGE | Le temps d’une occupation temporaire, la clinique Antoine Depage revit : « Tout ce que nous avons déjà traversé, même à mon pire ennemi, je ne le souhaiterais pas »

Le CPAS de la Ville de Bruxelles a acquis le bâtiment en 2012. La clinique Depage, qui était locataire, a fermé il y a environ un an, après une opération de liquidation de l’ASBL en charge du fonctionnement de l’institution de soins. En conséquence, le CPAS de la Ville a décidé de procéder à la vente du bâtiment, qui a récemment été placé dans les mains d’un notaire pour trouver un acquéreur.

Crise aiguë du logement

Le CPAS a autorisé l’occupation durant les procédures de vente en raison du manque de places d’hébergement qui est criant en cette période hivernale marquée par la crise sanitaire. «Autant je suis convaincu que l’organisation de squats ne peut être admise dans un État de droit, autant je pense que c’est dans le dialogue et le respect que l’on peut dégager des solutions», estime Khalid Zian, président du CPAS de la Ville de Bruxelles. «La crise aiguë du logement à Bruxelles étouffe littéralement les personnes les plus précaires. Dans ce contexte, j’entends exploiter toujours plus systématiquement toute opportunité de convertir une inoccupation d’un immeuble en solution de logement temporaire.»

Le lieu a été baptisé «L’hospitalière» par ses occupants.

La Fébul, Fédération bruxelloise de l’Union pour le Droit au Logement, participera à la gestion du lieu. D’autres intervenants sociaux et médicaux participent à l’accompagnement des collectifs.

Le CPAS ajoute que la Région a accordé deux subsides pour l’accompagnement et l’aménagement.

NOTRE DOSSIER

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21 janvier 2021

Marc Raisière et les risques de la destruction créatrice

https://www.rtbf.be/info/dossier/chroniques/detail_marc-raisiere-et-les-risques-de-la-destruction-creatrice-bertrand-henne-les-coulisses-du-pouvoir?id=10676964

Bertrand Henne - Les coulisses du pouvoir

Publié le mardi 19 janvier 2021  Mis à jour le mardi 19 janvier 2021 à 10h22

"Il y aura des faillites dans l’Horeca, car il y a trop de cafés et de restaurants en Belgique", ces mots sont de Marc Raisière le patron de la banque Belfius. Des propos qui ont suscité de nombreuses réactions outrées de la part du secteur de l’Horeca. A tel point que beaucoup de politiques ont tenu à réagir, du MR au PTB.

Une histoire de zombie

C’est ce qu’on appelle un strike. Arriver à se prendre des critiques croisées de la part de Denis Ducarme et de Raoul Hedebouw n’est pas si facile. Marc Raisière, plutôt abonné aux interviews consensuelles et il faut le dire plutôt soporifiques, s’est exprimé dans le magazine Trends à propos des faillites à attendre dans l’Horeca. Et il se pose la question :

N’y a-t-il pas trop de cafés et de restaurants en Belgique ? J’ai bien conscience de parler crûment, mais les économies ont de temps à autre besoin d’une vague d’assainissement. Des entreprises zombies vont disparaître. Est-ce grave ? Pour leur personnel oui, mais pas pour l’économie

Nous voilà donc face à une traduction plus ou moins fidèle du célèbre principe de destruction créatrice formulé par l'économiste Joseph Schumpeter, cette idée que les crises sont inhérentes au système capitaliste et qu’elles permettent de faire progresser l’économie.

Les premiers à réagir ont été des entrepreneurs de l’Horeca. Ils dénonçaient le fait que le rôle d’une banque, une banque publique de surcroît, était de soutenir les entrepreneurs pas de les enfoncer. Des appels au boycott ont même été lancés.

Côté politique, Denis Ducarme au MR parle de honte et demande un recadrage sévère. Pierre-Yves Dermagne au PS, ministre de l’Économie, juge qu’un patron ne devrait pas dire ça. Raoul Hedebouw et le PTB demandent l’audition de Marc Raisière au Parlement.

Le premier qui dit la vérité…

L’économie n’est pas une science exacte. Elle est pétrie d’idéologie. Mais il y a des faits pour soutenir la vision de Marc Raisière. Thierry Neyens, président de la fédération Horeca Wallonie explique dans la Libre, qu’il y a deux fois plus d’établissements Horeca par habitant chez nous qu’en Allemagne. Que nous en avons autant qu’aux Pays-Bas où il y a 6 millions de clients potentiels en plus. Donc oui, il existerait bien des indices d'un problème structurel dans l’Horeca en Belgique. Et oui, cette crise pourrait être un juge de paix.

Marc Raisière n’a donc pas forcément tort. Mais la manière de dire les choses ne passe pas. En pleine crise, vanter les mérites de la destruction créatrice de Schumpeter ça peut marcher à Saint-Moritz ou à Knokke, dans les cercles d’entrepreneurs, mais c’est plus compliqué dans la population générale, ou des milliers de gens souffrent d’un choc extérieur, c’est un à dire un choc qui n’est pas lié à leur bonne ou leur mauvaise gestion des affaires. C’est une erreur de communication manifeste, Marc Raisière s’est d’ailleurs dit désolé.

La fin du capitalisme

Au fait, Schumpeter est un économiste très intéressant, assez inclassable. On a beaucoup retenu sa destruction créatrice et sa défense du capitalisme et des entrepreneurs. Mais on sait moins qu’il était assez pessimiste sur l’avenir du capitalisme. Pour lui, le capitalisme porte en lui-même la destruction créatrice du capitalisme lui-même.

Les entrepreneurs céderont la place aux patrons rentiers. Le capitalisme suscitera, pense-t-il, des réactions de rejet et d’hostilités croissantes dans la population lassée des crises à répétition. Schumpeter pointe notamment le rôle des nouvelles classes moyennes éduquées dans la construction intellectuelle de ce rejet. Cela conduira les démocraties à la création d’États-providence de plus en plus régulateurs, tellement régulateurs que le capitalisme s’effacera au profit d’une forme de socialisme.

Quoi qu’il en soit, si aujourd’hui Marc Raisière peut faire du Schumpeter, c’est parce qu’en 2008, 10 millions de citoyens belges ont payé plusieurs milliards pour que la Banque qu’il gère aujourd’hui ne soit pas victime du mécanisme de Schumpeter.

Marc Raisière est là aujourd’hui à faire du Schumpeter parce que l’État est intervenu pour éviter les conséquences sociales tragiques d’une faillite d’une banque protégée par son statut de "too big to fail", trop grande pour tomber. Exactement le genre de rente de situation dont Schumpeter prévoyait qu’elle allait susciter l’hostilité de la population.

Mais ce qui saute aux yeux c’est que ceux qui vantent Schumpeter et sa destruction créatrice ne sont jamais, jamais, jamais ceux qui en sont victimes.

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15 janvier 2021

La trappe à confinement

https://www.lecho.be/economie-politique/belgique-general/La-trappe-a-confinement/10277338

VINCENT LABORDERIE

Politologue - UCLouvain

Aujourd'hui à 11:00

La chronique politique de Vincent Laborderie, politologue à l'UCLouvain.

C’est par un simple arrêté ministériel que la décision est tombée : les mesures de lutte contre le Coronavirus, prévues à l’origine jusqu’au 15 janvier, sont prolongées jusqu’au 1er mars. Aucune communication officielle n’a été prévue autour de cette annonce afin, selon le cabinet de la ministre de l’Intérieur, d’éviter la « confusion » dans la population.

Dans quel autre pays démocratique peut-on prolonger un confinement, non seulement sans débat, mais sans même une communication officielle ? Ne cherchez pas, il n’y a qu’en Belgique que des mesures aussi contraignantes, liberticides et aux conséquences aussi lourdes peuvent passer en stoemelings. Surtout, il n’y a que durant la période de coma démocratique que nous vivons que ceci peut se faire sans véritable réaction ni du monde politique ni de la société civile.

Voici une nouvelle preuve que le confinement est devenu, pour nos dirigeants et une partie de la population, un mode de fonctionnement normal et légitime. Or ceci n’a rien d’évident. En effet, le confinement a été pensé pour casser une courbe épidémique exponentielle, d’où le fameux slogan-objectif « flatten the curve ». Il n’a en revanche jamais eu pour but de durer des mois afin de maintenir une épidémie à un bas niveau.

Il est évident que certaines mesures restrictives ou obligatoires (port du masque, distanciation sociale) sont nécessaires pour cela. Mais croire qu’il faut maintenir l’entièreté des mesures qui nous ont permis de casser la courbe sous peine de redémarrage de l’épidémie relève de la croyance.

Dogme et myopie

Celle-ci est d’ailleurs contredite par les faits. En effet, si elle était exacte, on aurait assisté à des rebonds de l’épidémie à la suite du déconfinement de printemps. Or ce ne fut nullement le cas, ni en Belgique ni en Europe malgré la diversité des calendriers de déconfinement. Malgré cela, on est resté dans cette dichotomie simpliste confinement-déconfinement, considérant que toute levée des mesures restrictives – quelles qu’elles soient – représentait mécaniquement un risque de reprise de l’épidémie. On en arrive alors à cette situation étonnante où, si les indicateurs sont mauvais il faut confiner, alors que s’ils sont bons il ne faut surtout pas déconfiner.

A ce dogme s’ajoute une myopie : la méconnaissance totale des effets des mesures restrictives prises isolément. Pour certaines d’entre elles, l’efficacité est difficilement discutable. Ainsi il fait peu de doute que la fermeture des bars et des restaurants ou le recours au télétravail ont un impact sur la circulation du virus – même si ledit impact est difficile à quantifier.

On peut en revanche s’interroger sur la fermeture des cinémas et des théâtres, des coiffeurs ou l’imposition de couvre-feux. Très concrètement, on voit mal comment il est possible de se contaminer dans une salle où des spectateurs, séparés à distance respectable par bulle, sont tenus de garder un masque et de rester constamment assis.

Suivant une approche rationnelle, les autorités espagnole et portugaise ont laissé les théâtres ouverts. On n’y a jamais détecté aucun cluster. De même, il est légitime de se demander si, plusieurs mois après son entrée en vigueur, le couvre-feu à 22h a un réel impact. Si oui, quelle est sa valeur ajoutée par rapport au couvre-feu débutant à minuit en Flandre ? Voilà des questions auxquelles il semble utile de répondre pour prolonger des mesures dites exceptionnelles. Mais apparemment aucune étude d’impact n’a été menée pour cela.

Renversement de la charge de la preuve

On peut le comprendre lorsque les décisions doivent être prises en urgence. Mais qu’aucune évaluation ex post ou ex ante des risques de contamination par activité ou de l’impact de leur fermeture ne soit disponible plusieurs mois après celles-ci est tout bonnement incroyable. On se contente apparemment de considérer que toute activité présente a priori un risque. Une exception significative concerne les coiffeurs. Mais il est intéressant de noter qu’il a fallu un lobbying intense et une pression politique pour que les experts daignent justifier cette fermeture par des arguments scientifiquement étayés. Tout pouvoir a donc été délégué à un comité scientifique (le GEMS) qui ne fournit, sauf exception, aucun argumentaire scientifique précis.

L’élément central ici est constitué par un renversement de la charge de la preuve. On part aujourd’hui du principe que toute activité humaine est contaminante et dangereuse. Il faudrait prouver le contraire pour que celle-ci reprenne.

Le même raisonnement concerne le confinement. Au lieu de devoir être sans cesse justifié, il est devenu la situation normale, prolongée indéfiniment jusqu’à ce que les experts en décident autrement. En conséquence, nous nous trouvons aujourd’hui dans une trappe à confinement dont on voit mal comment et quand nous pourrons sortir. Et ce d’autant plus que le critère de sortie de crise – moins de 75 nouvelles hospitalisations Covid par jour – apparait toujours plus lointain.

Cette obligation de justifier la liberté...

Le plus probable est qu’il soit tout simplement hors de portée en période hivernale. Pour rappel, sa justification était, comme toute la politique de confinement, d’éviter la saturation des services hospitaliers. Or nous avons appris cette semaine que nos hôpitaux sont prêts à accueillir des patients Covid venant de pays étrangers. Dès lors, quel est l’objectif désormais poursuivi ?

Pour ceux qui en douteraient, cette obligation de justifier la liberté au lieu de l’interdiction n’est pas inhérente à une lutte efficace contre le Covid-19. Pour s’en convaincre, il n’est pas nécessaire de regarder plus loin que chez nos voisins immédiats. Au Luxembourg, le “confinement partiel” a été renforcé durant les fêtes de fin d’année, pour une période allant jusqu’au 10 janvier. Comme prévu, les cinémas, théâtres et salles de spectacles ont rouvert à cette date. Le gouvernement luxembourgeois n’a trouvé aucune raison valable de prolonger ces interdictions, alors que le taux d’incidence était alors deux fois plus important qu’en Belgique.

Le confinement a en revanche été prolongé aux Pays-Bas, mais non sans que Mark Rutte fasse une allocution solennelle justifiant cette décision. La charge de la preuve restait à l’interdiction, soit tout simplement le mode de fonctionnement en vigueur dans une société libre.

Vincent Laborderie
Politologue UCLouvain

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29 novembre 2020

Plusieurs centaines de Liégeois se mobilisent contre le couvre-feu et pour des mesures sanitaires solidaires

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_plusieurs-centaines-de-liegeois-se-mobilisent-contre-le-couvre-feu-et-pour-des-mesures-solidaires?id=10642047

Plusieurs centaines de Liégeois se mobilisent contre le couvre-feu et pour des mesures solidaires
Plusieurs centaines de Liégeois se mobilisent contre le couvre-feu et pour des mesures solidaires - © Eric Dagonnier
 Publié le samedi 28 novembre 2020  Mis à jour le samedi 28 novembre 2020 à 23h19

Plusieurs centaines de personnes manifestent dans les rues de Liège pour protester contre le couvre-feu. L'appel à la manifestation vise le couvre-feu et non pas l'ensemble des mesures imposées pour lutter contre la pandémie de coronavirus, a précisé à Belga le groupe de citoyens. Ceux-ci encouragent le port du masque lors de la mobilisation qui a débuté à 21h sur la place Saint-Lambert à Liège.

Passé l'heure du couvre-feu (22h), la police a commencé à prendre les identités de tous les manifestants qui étaient encore présents. 

Dans leur communiqué [VOIR CI-DESSOUS] publié avant la manifestation, les organisateurs de la mobilisation déplorent que "depuis presque une année maintenant, les autorités ont démontré leur impréparation et leur manque de volonté à lutter contre le virus Covid-19", citant entre autres le manque d'embauches et de formations dans les secteurs de la santé ou d'investissements massifs ou le trop peu de soutien pour les petits indépendants en difficulté.

Ce n'est pas la première fois que ce groupe se réunit en rue. Le 17 novembre dernier déjà150 personnes avaient bravé la règle et ont défilé dans les rues de Liège, armés de pancartes, sans jamais être interpellés par les forces de l’ordre. Le groupe de manifestants avait défilé deux heures, dénonçant des mesures qui "entravent à la liberté" et "accroissent les inégalités".

https://www.facebook.com/events/652597602079487/

😷 DES MESURES SANITAIRES SOLIDAIRES, PAS DE COUVRE-FEU 😷
Depuis presque une année maintenant, les autorités ont démontré leur impréparation et leur manque de volonté à lutter contre le virus covid19*. Elles nous demandent de rester passives face à cette situation qui s'enlise et face aux vies détruites par leurs politiques.
Nous ne voulons pas de leur statu quo. Nous prenons la rue. Nous appelons à la désobéissance. Manifester est un droit fondamental (comme le droit de réunion, de rassemblement et de déplacement). Nous ne demanderons pas d'autorisation pour cela.
🔥 RALLUMONS NOS FEUX 🔥
Nous invitons à s'intéresser aux initiatives de lutte et de solidarité qui existent près de chez soi et à vérifier comment les soutenir, à sortir sur le pas de sa porte à 22h, à se réunir sur les places publiques de nos quartiers et à partager de la chaleur, à rallumer nos feux, et à se rassembler ensemble
✊ CE SAMEDI 28 À 21H PLACE SAINT LAMBERT CONTRE LE COUVRE-FEU ET POUR DES MESURES SANITAIRES SOLIDAIRES. ✊
Venez coloré·es, apportez vos lumières : éclairons nos colères et la diversité de leurs expressions.
Nous nous découvrons pour prendre soin les un·es des autres. Nous ne sommes pas un collectif, mais des personnes qui se mettent ensemble pour provoquer ces instants suspendus et ces rencontres. Cette page facebook a accepté de publier notre événement, et nous l'en remercions.
Nous conseillons le port du masque pour plusieurs raisons (il y en aura de disponibles sur place) : pour limiter la transmission du virus en cas de proximité à certains moments, pour être moins reconnaissable par les images de la police, pour ne pas leur donner une occasion de nous donner une amende. Profitons-en aussi pour mettre un masque de carnaval, ce sera plus joyeux !
Dans le cas où vous recevriez une amende contactez-nous par mail : cortegedebraises@riseup.net. Nous les refuserons ou les paierons ensemble. Nous conseillons de venir et de repartir à deux minimum et quatre maximum.
besoin d'un logement le Jour J allez sur ce site: https://framaforms.org/cortege-de-braises-1606304601
Le vent souffle sur nos braises
Ps : et si ce n'était pas clair pour tout le monde, Qanon on t'emmerde.
Ps2: un système d'hébergement vous sera partagé prochainement.
*Presque pas d'embauches, de formations ni d'amélioration des conditions de travail dans les secteurs de la santé et du travail social notamment ; peu de contrôles (et encore moins de sanctions) pour les grandes entreprises qui refusent de protéger leurs travailleuses·eurs ; pas d'implication du terrain dans les décisions ; pas d’investissement massif pour adapter certains foyers de contaminations (écoles, lieux culturels, etc.) ; très peu de réquisitions de logements vides ; trop peu de soutien pour les personnes et petit·es indépendant·es dans la merde (santé mentale, annulations de factures, de dettes, de loyers) ; pas d’augmentation significative de l’offre de transports en commun, de la capacité de tests, du nombre de profs pour réduire la quantité d’élèves par classe, etc...

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Laurent de Sutter : " Chers flics, c'est pour ça que vous frappez : vous savez que vous avez tort. "

https://www.rtbf.be/lapremiere/emissions/detail_dans-quel-monde-on-vit/accueil/article_laurent-de-sutter-chers-flics-c-est-pour-ca-que-vous-frappez-vous-savez-que-vous-avez-tort?id=10641282&programId=8524

Laurent de Sutter : " Chers flics, c'est pour ça que vous frappez : vous savez que vous avez tort. "
Laurent de Sutter : " Chers flics, c'est pour ça que vous frappez : vous savez que vous avez tort. " - © Geraldine Jacques
 le samedi 28 novembre 2020 à 10h30

Après les dernières violences policières et en particulier le passage à tabac d’un producteur à Paris, l’essayiste et éditeurs Laurent de Sutter a choisi de s’adresser aux policiers pour notre rendez-vous " En toutes lettres ! ".

MP3 http://rtbf-pod.fl.freecaster.net/rod/rtbf/geo/open/E/EssCjrkjT0.mp3

Chers flics,

Chers poulets, chers keufs, chers policiers, chers gardiens d'un ordre qui ressemble chaque jour davantage à une grimace.

C'est à vous que je m'adresse aujourd'hui car, comme beaucoup d'entre nous, je suis écœuré. Il s'agit d'un écœurement calculé, d'un dégoût accompagné d'une myriade d'images, de protestations et de commentaires- mais un écœurement tout de même, viscéral et fatigué. Il ne se passe plus une journée, désormais, sans que nous parviennent les nouvelles d'une brutalité, d'une bavure, d'un acte de violence aussi débile que gratuit, de la part d'un membre de votre confrérie. Vous frappez les enfants, les vieillards, les handicapés.

Vous frappez ceux dont la couleur de correspond pas à l'idée que certains se font de la génétique nationale. Vous frappez les témoins de vos exactions, les observateurs chargés de veiller à ce que vous respectiez la loi de votre mission, ceux qui ont l'outrecuidance de documenter vos abominations.

Vous frappez, avec la joie mauvaise de ceux qui n'ont que ce plaisir dans leur vie - mais qui comptent bien en jouir jusqu'à la dernière goutte, toute honte bue, toute dignité évacuée. Car vous le savez, chers flics - et c'est pour ça que vous frappez : vous savez que vous avez tort.

Vous savez que rien ne justifie vos gestes brutaux, vos ordres idiots, vos attitudes de matamores de kermesse, sauf le sentiment d'impunité qui constitue la prérogative que les autorités, envers et contre tout, et sans doute surtout par peur, continuent à vous reconnaître.

Un jour, chers flics, j'ai entendu un commissaire de police de mes connaissances déclarer lors d'un dîner : "Mais tu ne te rends pas compte ! Sous mes ordres, il n'y a que des cons !"

Je vous l'avoue, chers flics : cette phrase m'a glacé. Elle ne m'a pas glacé parce que, soudain, j'aurais réalisé ce qui ressemble de plus en plus à un truisme. Elle m'a glacé parce qu'elle sortait de la bouche de quelqu'un dont le travail était, aurait dû être, de rendre les cons impossibles. Un con naturel, ça n'existe pas. La connerie d'un con est toujours quelque chose de rendu possible par autre chose. Pour qu'un con puisse se manifester comme tel, il lui faut un droit, une politique, une économie, une esthétique.

Il faut un univers où la manière dont sa connerie s'exprime soit reconnue, soutenue, et même encouragée, fût-ce par le silence de ceux qui devraient l'empêcher ou la sanctionner. S'il y a des cons dans la police, chers flics, ce n'est donc pas tant parce que la matraque ou le taser démangent deux ou trois (ou, hélas, beaucoup plus) d'entre vous, mais parce que cette démangeaison est suscitée par vos supérieurs directs, par vos responsables politiques, par vos ministres, et par toute une société pour qui la peur du désordre est devenue pathologique. Lorsqu'un d'entre vous s'en prend à un passant, chers flics, c'est le monde entier qui lève le bras - ceux qui approuvent, ceux qui applaudissent, ceux qui haussent les épaules, ceux qui disent "il n'avait pas qu'à être là" ou "à son âge, on ne va plus manifester".

Mais il est temps que ça cesse. Aujourd'hui, dans nos pays, le nombre des morts, des mutilés, des blessés graves qui sont de votre fait, et donc du fait direct, immédiat, irréfutable, de vos chefs, de vos représentants et de vos ministres, est devenu insoutenable. Oui, nous sommes écœurés. Nous ne le supportons plus. Donc, vous allez cesser cela. Vous allez cesser ou bien, la prochaine fois, c'est nous qui partirons à votre poursuite. C'est nous qui vous traquerons, vous et ceux qui refusent de prendre les mesures requises pour vous arrêter--bien que telle soit pourtant leur mission. Alors, vous comprendrez peut-être, quoiqu'un peu tard, à quel point, en effet, vous aviez tort.

Très cordialement à vous,

Laurent de Sutter

MP3 http://rtbf-pod.fl.freecaster.net/rod/rtbf/geo/open/E/EssCjrkjT0.mp3

Chaque samedi, dans “Dans quel Monde on vit”, un auteur-chroniqueur partage une lettre adressée à une personnalité qui occupe le devant de l’actualité, à un inconnu qu’il a repéré ou à une personne qui le fait rêver…

 

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27 novembre 2020

Coronavirus: le collectif «La Santé en lutte» dénonce l’austérité et la gestion de la pandémie

https://www.lesoir.be/340310/article/2020-11-27/coronavirus-le-collectif-la-sante-en-lutte-denonce-lausterite-et-la-gestion-de

Le mouvement «Santé en lutte» a déployé une banderole sur le palais de justice de Bruxelles pour dénoncer «l’austérité appliquée à la santé, l’insuffisance des mesures d’aide au secteur et la gestion calamiteuse de la pandémie», le 27 novembre 2020
Le mouvement «Santé en lutte» a déployé une banderole sur le palais de justice de Bruxelles pour dénoncer «l’austérité appliquée à la santé, l’insuffisance des mesures d’aide au secteur et la gestion calamiteuse de la pandémie», le 27 novembre 2020 - Photo de «Santé en lutte» sur Facebook

Le mouvement «Santé en lutte» a déployé vendredi matin une banderole sur le palais de justice de Bruxelles pour dénoncer «l’austérité appliquée à la santé, l’insuffisance des mesures d’aide au secteur et la gestion calamiteuse de la pandémie», quelques heures avant l’ouverture d’un nouveau Comité de concertation. «Le capital tue la santé, combattons l’austérité! «, affiche la bannière.

Vives critiques

«Nos dirigeants ont eu sept mois pour faire mieux que la première vague, le résultat? La gestion de la crise est catastrophique», s’insurge le mouvement de soignants. «Le gouvernement préfère culpabiliser honteusement la population.»

Face à la pandémie, «nous n’avons que des réponses médiocres et court-termistes: primes, délégation des soins, appels aux bénévoles, prêt aux hôpitaux, etc.», poursuivent les travailleurs de la santé.

Le mouvement souligne par ailleurs que le dépistage est «loin d’être massif», contrairement aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). De plus, «l’isolement des personnes contaminées est tout relatif quand on impose, par exemple, au personnel de la santé de travailler positif au Covid-19».

«Mettre les patients en danger»

La logique de réduction des coûts dure depuis des années, explique le mouvement, entraînant «marchandisation du soin, manque d’effectifs, sous-financement et précarisation des salaires». Une réalité qui pousse les soignants à «mettre les patients en danger», alertent-ils.

«Alors que nous nous tuons, parfois littéralement, à la tâche, le gouvernement nous remercie avec ce qui équivaut à un bon d’achat pour les fêtes», proteste Santé en lutte, qui appelle les travailleurs du secteur à utiliser la nouvelle prime octroyée pour organiser des actions et faire grève «partout où il est nécessaire».

Un rassemblement est prévu le 11 décembre rue de la Loi à 17h00.

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25 novembre 2020

Le confinement ne serait pas la cause de la baisse de l’épidémie !

https://www.youtube.com/watch?v=Po1cGksY40c

Ni le confinement, ni le couvre feu ne sont responsables de la baisse de l’intensité de l’épidémie. On observe la baisse de l’épidémie dans l'étude des eaux usées franciliennes dès le 17 octobre, avant le confinement. Les chiffres montrent que les prévisions étaient alarmistes. La raison de la diminution de l’épidémie serait surement due à une évolution naturelle, saisonnière de la maladie. Extrait de l'émission 24H PUJADAS présentée par David PUJADAS, sur LCI diffusée le 18/11/20 #Confinement #Covid #Pic #coronavirus #vague #Tests #Raoult

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23 octobre 2020

Port du masque généralisé en extérieur: "Donnez-nous simplement un pourquoi"

https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/port-du-masque-generalise-en-exterieur-donnez-nous-simplement-un-pourquoi/10252742.html

©Martin Bertrand
22 septembre 2020 03:42

Un humain sain d’esprit a besoin de donner du sens à ses actions. Alors, à défaut de nous promettre d’abroger rapidement la mesure, donnez-nous un "pourquoi"!

Celui qui a un «pourquoi» qui lui tient lieu de but, peut vivre avec n’importe quel «‘comment»’. C’est sur cette parole de Nietzsche que le célèbre psychiatre Viktor Frankl a fondé l’entièreté de son approche thérapeutique. L’idée est simple: si l’on trouve du sens aux événements de notre vie (quels qu’ils soient), ils deviennent supportables. A contrario, quand on ne peut pas donner de sens à ce qui nous arrive, on subit, impuissant et malheureux.

Carte blanche de Sarah Halfin
Ingénieure de gestion, consultante et chroniqueuse

Ce principe fondamental m’a fait réaliser pourquoi l’obligation généralisée du port du masque en extérieur était si insupportable pour beaucoup. Ce n’est pas la mesure en elle-même qui fait souffrir (un bout de tissu sur le visage est barbant, mais supportable). Non, le caractère insupportable tient à l’imposition d’une mesure sans «pourquoi». Et bien plus encore, à l’application au pied de la lettre d’une mesure sans «pourquoi» par la grande majorité des habitants des villes concernées (Bruxelles dans mon cas).

Une mesure sans «pourquoi», c’est une mesure qui ne se justifie pas dans la majorité des cas. En gros, c’est porter un préservatif sur soi toute la journée. L’image m’a été soufflée par un médecin. «De fait, le préservatif protège des maladies. Maintenant, vous conviendrez que son usage n’est utile que dans certaines circonstances bien précises», a-t-il ironisé.

Malgré cette évidence, un constat: depuis ma fenêtre bruxelloise, à toute heure de la journée, on peut apercevoir des humains marcher seuls (ou avec leur chien) le visage masqué. Personnellement, autant voir des gens se protéger mutuellement en portant des masques en réunion ou au marché me rassure, autant voir mes contemporains porter des préservatifs tout seuls en rue me fait complètement boguer. Mon esprit rationnel tourne en boucle, désespérément en quête de sens.

Sous couvert de simplicité

Pour rappel, précédemment le port du masque était obligatoire dans les rues commerçantes et les zones à forte densité de population. Sans exception, la mesure d’antan faisait sens dans les faits. Je l’appliquais donc volontiers, voire je la réclamais. Le contraste est abyssal depuis que la mesure a été étendue sous couvert de «simplicité».

Il est certes plus simple de créer une obligation générale applicable indépendamment des circonstances. Mais quid quand ladite «simplicité» rend inaudible et anecdotique le fondamental «pourquoi» de la mesure (protéger et se protéger)? Il est peut-être simple d’après certains de porter un masque mécaniquement, partout, et tout le temps, mais en pratique… quel est le «pourquoi» sous-jacent d’un tel comportement?

«Nous avons été relégués au statut d’hommes-sandwichs, dont le placard facial martèle que 'le virus est parmi nous'.»
SARAH HALFIN
INGÉNIEURE DE GESTION, CONSULTANTE ET CHRONIQUEUSE

Honnêtement, je préférerais de loin que l’on se dise les choses franchement: nous avons été relégués au statut d’hommes-sandwichs, dont le placard facial martèle que «le virus est parmi nous». Nous aurions alors au moins un «pourquoi» qui nous tiendrait lieu de but. Ce serait peu flatteur, mais déjà moins machinal, plus humain. À moins qu’il n’y ait à date une réelle suspicion que le virus soit dans l’air, même quand il n’y a personne à proximité de soi?

Que sais-je, si ce n’est qu’une mesure sans «pourquoi» explicite incite à jouer aux devinettes (la preuve), s’applique par peur (250 € d’amende à Bruxelles) à défaut de raison et stimule toutes sortes de comportements irrationnels dommageables. Typiquement, celui qui consiste à faire tomber son masque une fois «à l’abri», bien au chaud à l’intérieur, en lieu clos, les fenêtres fermées. Ça vous dit quelque chose?

Enfin sur le principe cette fois, n’est-il pas affligeant de souhaiter l’application subjective d’une loi? Pour ne pas tomber dans l’absurde et la radicalité, nous ne pouvons en effet présentement compter que sur la capacité des policiers à s’attacher à l’essence de la loi, plutôt qu’à sa forme. C’est à eux qu’incombe aujourd’hui le choix de verbaliser ou non ceux d’entre nous qui marchent seuls dans des rues peu fréquentées, avec un préservatif dans la poche plutôt que sur nos parties intimes.

Tout avait si bien commencé...

Dire que les choses avaient pourtant si bien commencé dans notre plat pays. Durant le confinement, la Première Ministre Sophie Wilmès avait fait le pari courageux de miser sur l’adhésion des belges aux mesures, quand la France érigeait un cadre strict et infantilisant. Ici, pas d’attestation papier pour contrôler nos heures de sortie. On s’autorégulait, comme des grands. Et ça fonctionnait. Je plaignais alors les Français et j’étais si fière de ma patrie. Quelle tristesse. De motivés, nous sommes aujourd’hui passés à soumis. Laissés pour compte avec un bon vieux « parce que j’ai dit que c’est comme ça, un point c’est tout ! ».

Chers dirigeants, de grâce… Si vous n’avez pas le temps de (re)lire Nietzsche ou de vous former aux bases de la psyché humaine, croyez-moi sur parole: un humain sain d’esprit a besoin de donner du sens à ses actions. Alors, à défaut de nous promettre d’abroger rapidement la mesure, donnez-nous un «pourquoi»! N’importe lequel fera l’affaire, du moment que vous prenez le temps de nous l’expliquer clairement. Cela étant, bonne chance à vous… l’image du préservatif est coriace.

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07 octobre 2020

Les milliardaires se sont encore davantage enrichis durant la pandémie de coronavirus

https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/les-milliardaires-se-sont-encore-davantage-enrichis-durant-la-pandemie-de-coronavirus-5f7d567a7b50a641f632365a

DPA

Publié le 07-10-20 à 07h48 - Mis à jour le 07-10-20 à 07h49

Les milliardaires se sont encore davantage enrichis durant la pandémie de coronavirus
© pexels

La pandémie de coronavirus a rendu encore plus nantis les super-riches du monde entier, selon une étude réalisée par le cabinet de conseil PwC et la banque suisse UBS. Fin juillet, le total des actifs des plus de 2.000 milliardaires du monde avait atteint un niveau record d'environ 10,2 billions de dollars, selon l'analyse publiée mercredi. Le précédent pic était de 8,9 billions de dollars, atteint fin 2017.

L'augmentation de la richesse des super-riches est due en partie à la reprise des marchés boursiers, tandis que les investissements dans des domaines à croissance rapide tels que la technologie et les soins de santé en particulier se sont avérés être des moteurs de richesse, selon l'étude.

Il y a actuellement 2.189 hommes et femmes qui ont des fortunes de plus d'un milliard de dollars.

Les liquidités, l'immobilier et les produits de luxe ainsi que les actions et les actifs des entreprises ont été pris en compte dans l'évaluation de leur fortune, tandis que le passif en était déduit.

Pour ce rapport, UBS et PwC ont analysé les données de 2.189 milliardaires dans 43 pays et ont mené des entretiens avec 60 d'entre eux.

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06 octobre 2020

"Un pays qui se tient sage" | De la légitimité de la violence

https://www.lecho.be/culture/cinema/Un-pays-qui-se-tient-sage-De-la-legitimite-de-la-violence/10256157

Le journaliste David Dufresne à la première de son documentaire. ©Estelle Ruiz
Aujourd'hui à 14:55

Dans son documentaire "Un pays qui se tient sage", le journaliste d'investigation David Dufresne pose la question de la légitimité de la violence policière.

Ce documentaire, signé par le journaliste d’investigation David Dufresne, revient sur les affrontements entre gilets jaunes et forces de l’ordre. Les enjeux sont passionnants, entre légitimité (ou illégitimité), nécessité de faire régner la paix sociale et disproportion des moyens utilisés. Au-delà de la violence, le spectateur se questionne sur le statut donné aux images. En projetant les archives en très grand format devant les victimes, en refilmant aujourd’hui les rues où se sont déroulées les manifestations et en nous révélant peu à peu que les interviews de personnalités sont en fait des dialogues entre certaines d’entre elles, le film brouille les cartes sémantiques pour mieux les analyser.

Documentaire

♥ ♥ ♥

"Un pays qui se tient sage", de David Dufresne

Les images sont insoutenables, et pourraient à elles seules clore tout débat: policiers déchaînés qui s’acharnent sur des silhouettes isolées, armes brandies et utilisées à bout portant, etc. On comprend que la répression policière de grande envergure puisse engendrer l’un ou l’autre dérapage, mais nous sommes ici clairement face à une violence orchestrée, qui nous en dit plus sur la nature du pouvoir en place.

Bande-annonce "Un pays qui se tient sage"

Posté par ul_saintgilles à 16:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]