http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/pique-ne-pas-banaliser-les-2008-03-21-586203.shtml

Il ne peut être question de banaliser les incidents qui se sont produits sur le réseau de la Stib au cours des derniers jours car c'est la partie la plus visible d'une inquiétante évolution dans certains quartiers, a affirmé le ministre-président bruxellois ce vendredi. Alors qu’un accord a été trouvé pour la mise en place d’un dispositif de sécurité commun à Anderlecht, théâtre de plusieurs incidents ces derniers jours.

Aux yeux de Charles Picqué, un seuil a été franchi et de « nouvelles formes de criminalité urbaine ne correspondent plus au profil du droit commun ».

Comme le ministre bruxellois des Transports Pascal Smet, Charles Picqué a annoncé la tenue d’une réunion à l’initiative du gouvernement bruxellois, le 10 avril, pour examiner avec les bourgmestres de 6 communes, des chefs de corps de zones de police, et le Parquet, les moyens d’améliorer la gestion de la sécurité sur les réseaux de trams et de bus.

Les politiques de prévention et de la Ville (contrats de quartier, politiques de rénovation…) n’agissent que de manière indirecte face à certains phénomènes qui relèvent des tâches d’autorité, a-t-il affirmé, répondant à de nombreux députés régionaux, lors d’un mini-débat organisé vendredi après-midi au parlement bruxellois.

« Sans verser dans la démagogie, il faut dire que les gens en ont assez. L’enjeu de ce débat est tout simplement celui du bien-être dans la ville. Après avoir assisté par le passé à des phénomènes d’exodes, ou de repli au moment de voter, on se dirige, à situation inchangée, vers des débats sur la privatisation de la sécurité, des phénomènes d’auto-défense et un désaveu de la ville", a-t-il averti.

De son côté, le ministre de la Mobilité, Pascal Smet a estimé que le problème dépassait très largement le cadre de la responsabilité de la Stib à qui il n'incombe pas de créer un service de sécurité parallèle dans les rues de Bruxelles. "Il ne faut pas nier la réalité de la ville. La grande majorité des jeunes gens ne posent pas de problème. Il y a un problème avec une minorité. C'est du ressort de la police", a-t-il dit.

Pour le reste, Pascal Smet a fait le bilan des efforts faits par l'actuel gouvernement bruxellois en matière de sécurité sur le réseau Stib. Cent soixante agents de sécurité supplémentaires ont été engagés (142 affectés à la prévention et 15 à l'intervention). Cent dix caméras supplémentaires ont été installées dans les stations de métro, tous les nouveaux véhicules sont équipés de caméras et les anciens le seront tous d'ici 2009. Par ailleurs, les stations de métro seront progressivement équipées de dispositifs de fermeture et la Stib dispose d'un système de sanctions administratives, a-t-il rappelé.

Plusieurs parlementaires (cdH, PS et Ecolo) ont jugé inadéquate la réaction du directeur général de la Stib au sujet de l'action de grève spontanée des conducteurs de bus et de tram. Alain Flaush avait notamment mis l'action sur le compte de la proximité des élections sociales.

Mais, selon Pascal Smet, il s'en est ensuite excusé, la mettant sur le compte de sa préoccupation face à l'incompréhension de milliers d'usagers du réseau bruxellois de transports publics.

(D’après Belga)

Un dispositif de sécurité commun à Anderlecht

Une réunion de concertation s'est tenue vendredi après-midi à la maison communale d'Anderlecht afin de discuter des récents incidents survenus dans des transports en commun sur le territoire de la commune. Les différents intervenants, à savoir la commune, les sociétés de transports De Lijn et Stib et la police, ont élaboré un dispositif devant renforcer la sécurité autour des lignes de bus et de trams à Anderlecht.

Les différents acteurs ont décidé d'échanger leurs informations relatives à la sécurité sur ces lignes. Ils devraient se revoir dans le courant de la semaine prochaine afin d'évaluer les premières mesures prises pour les vacances de Pâques. Le travail des agents de prévention communaux sera intensifié autour de la place Saint-Guidon et le renforcement policier sera maintenu. Du côté de la Stib, une équipe de dix accompagnateurs aura pour tâche de renforcer la présence humaine dans les bus 75 et 46 et dans les trams 56. Ces lignes seront davantage surveillées par les équipes d'intervention de la Stib.

Les contrôles de titre de transport seront maintenus mais non intensifiés pour éviter la provocation, a annoncé la Stib. Le société de transport intercommunaux de Bruxelles n'a pas l'intention de modifier ni ses horaires ni le tracé des lignes suite aux incidents. "Ce type de fait peut se produire partout. Mais j'ai l'impression qu'il doit exister un lien entre les différents faits car sinon d'autres faits se seraient produits ailleurs. Une vengeance en raison de contrôles est l'une des pistes envisageables. On a connu quelques incidents locaux suite à des opérations de contrôle FIPA mais ce n'est pas systématique", a déclaré le directeur de la communication de la Stib Jean-Pierre Alvin.

Pour le chef de corps de la police de la zone de Bruxelles-Midi, Gérald Noon, le type de faits commis récemment à Cureghem peut survenir à tout moment dans ce quartier réputé difficile en raison de la situation sociale vécue par les habitants. Même l'altercation survenue jeudi soir entre un automobiliste et un chauffeur de bus de la Stib s'inscrit dans un climat général de violence, estime M. Noon.

"On ne va pas abandonner les usagers des transports en commun ni les chauffeurs. Notre démarche n'est pas seulement réactive mais aussi proactive", a dit pour sa part le bourgmestre d'Anderlecht Gaëtan Van Goidsenhoven.

L'échevine de la prévention de la commune Fatiha El Ikdimi a indiqué qu'il fallait éviter de stigmatiser le quartier de Cureghem où un important travail social et associatif est mené. Elle a toutefois indiqué que la commune était consciente des problèmes rencontrés dans le quartier Saint-Guidon et que des contacts avaient déjà été pris par la commune avec la Stib avant le jet mardi du cocktail molotov sur un bus.

(D’après Belga)