http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/securite-stib-de-lijn-police-2008-03-22-586298.shtml

PRÉSENCE policière accrue, éducateurs et animateurs supplémentaires : la réponse d’Anderlecht aux incidents.

Un mandat d’arrêt a été requis par le parquet de Bruxelles à l’encontre de Brahim, l’automobiliste de 29 ans, soupçonné de s’en être pris violemment, jeudi vers 21 h 12, à un bus de la Stib, à Anderlecht. Interpellé par la police de la zone Midi, Brahim a avoué s’être emparé d’un cale-volant pour porter un coup dans le pare-brise du bus, à hauteur de la cabine du chauffeur, en raison d’un incident survenu sur la route avec le bus en question. Il a marqué son accord pour indemniser la Stib pour les dégâts occasionnés.

Selon Brahim, il aurait été victime d’un accrochage provoqué par le chauffeur du bus. Il serait alors sorti de ses gonds et aurait insulté l’agent de la Stib. Ce dernier aurait répondu par d’autres injures, un doigt d’honneur et aurait ensuite tenté d’écraser l’automobiliste avant de lui tordre deux doigts…

Son de cloche évidemment différent du côté du chauffeur du bus, âgé de 41 ans. Selon lui, la Renault Clio de Brahim lui a barré la route alors qu’il tentait de dépasser un camion au carrefour formé par les rues Brogniez et de Fiennes. Trois personnes seraient descendues de la voiture, dont Brahim, qui aurait injurié et menacé verbalement le chauffeur.

C’est ensuite qu’un coup a été porté dans le pare-brise du bus ainsi que dans la vitre du côté chauffeur.

À l’arrivée de la police, deux des trois suspects avaient pris la fuite à pied par la rue Jorez. Brahim est lui remonté dans sa voiture et a quitté les lieux avant d’être intercepté.

Du côté de la maison communale, on s’interroge : « J’ai beaucoup de mal à avaler qu’on parle de zone de non-droit ou de chaos à Anderlecht », pestait en fin d’après-midi le maïeur Gaëtan Van Goidsenhoven (MR), à l’issue d’une réunion tenue avec des représentants de la Stib, de De Lijn et des services policiers.

Patrouilles supplémentaires, policiers en civil ou en bleu, agents de prévention, gardiens de parc : les zones concernées par cette recrudescence d’agressions (le quartier de la Porte d’Anderlecht, notamment) seront cadenassées par une présence accrue de l’autorité. Mais la commune ne souhaite pas se satisfaire uniquement de dispositifs répressifs : un paquet d’éducateurs et d’animateurs de quartier seront mobilisés durant les vacances de Pâques pour encadrer les jeunes des quartiers sensibles, a indiqué l’échevine de la prévention, Fatiha El Ikdimi (CDH).

La collaboration entre services communaux, police et sociétés de transport sera également renforcée. « On a identifié des points à améliorer avec De Lijn et la Stib : on s’est rendu compte, lors de l’incident du cocktail Molotov, que l’information n’était pas arrivée assez rapidement aux services policiers. L’incident de jeudi, où la police est intervenue plus rapidement, a montré qu’on avait déjà remédié en partie à ce problème de communication », assure le maïeur anderlechtois.

Qui se rend bien compte que l’atmosphère n’est pas des plus propices à la mise en valeur de sa commune : « Évidemment, ce qui s’est passé est grave, mais ce n’est pas parce que quelques incidents se sont produits qu’on est dans le Bronx ou à Bogotá ! À quoi sert-il de stigmatiser sans cesse le même quartier de Cureghem, que nous souhaitons tirer vers le haut ? »

Vraiment ? s’interrogent déjà tout haut quelques observateurs communaux. « 68 millions d’euros ont été investis à Cureghem depuis 1997. Il est donc absurde de dire qu’on laisse ce quartier à l’abandon. Bien sûr qu’on aimerait faire plus. Mais la commune dispose de peu de moyens. On a néanmoins mis sur pied de nombreuses initiatives d’insertion socioprofessionnelle, une Maison de l’emploi, une Foire du stylisme et du design, etc. Il faut de l’audace pour dire qu’on croit en Cureghem. C’est que nous faisons. »