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Une quarantaine de personnes a pris ses quartiers sur le campus du Solbosch.

Une quarantaine de sans-papiers, parmi lesquels plusieurs familles avec enfants, ont envahi un bâtiment désaffecté du campus de l'ULB lundi matin. Ils ont très vite reçu la visite du service de sécurité de l'université, qui n'a toutefois pas fait procéder à leur évacuation.

Issus d'une vingtaine de nationalités différentes, ces sans-papiers entendent occuper ce bâtiment coupé de tout raccordement à l'eau et à l'électricité pour une durée indéterminée. Une occupation symbolique qui a surtout pour but d'engager un dialogue avec les autorités académiques et d'amener celles-ci à prendre publiquement position sur la question des sans-papiers dans notre pays. "Nous considérons l'ULB comme une alliée potentielle face à l'absence de débat de fond sur les questions de l'immigration, qui correspondent pourtant à un choix de société majeur", a ainsi expliqué un responsable de l'UDEP (Union pour la défense des sans-papiers).

Cette nouvelle action de l'UDEP-Bruxelles s'inscrit pourtant dans un contexte d'avancées majeures envers nombre de ses revendications.

La formation du nouveau gouvernement a en effet débouché, entre-autres, sur la conclusion d'un important accord "migration", qui prévoit notamment la possibilité de régularisation en vertu d'un critère dit "d'ancrage local". L'accord gouvernemental ouvre également la voie à la création d'une commission de régularisation indépendante du pouvoir politique.

Cet accord est cependant jugé "trop flou" par l'UDEP, qui craint un effet d'annonce et appelle la société "à se mobiliser pour rappeler au gouvernement ses promesses." Par cette action, l'UDEP espère vivement pouvoir compter sur un appui des autorités académiques pour maintenir cette vigilance.

On ignorait encore, lundi soir, la réaction officielle de l'université quant à cette occupation. En attendant, les quarante sans-papiers ont reçu le soutien des représentants étudiants du BEA (Bureau des Étudiants Administrateurs).

Ils entendent maintenir leur présence jusqu'à la mise en oeuvre des modalités du nouvel accord "migration".