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Les forces de police sont intervenues mardi matin au 133 de la chaussée d'Ixelles, pour procéder à l'évacuation des sans-papiers qui occupaient le bâtiment depuis le 4 novembre. Il y a eu 19 arrestations administratives. L’Office des étrangers n’a pris aucune mesure à leur égard.

Les forces de police sont intervenues mardi matin à partir de 10 heures au 133 de la chaussée d’Ixelles, à Ixelles, pour procéder à l’évacuation des centaines de personnes sans-papiers qui occupaient le bien depuis le 4 novembre, cela à la suite d’un arrêté du bourgmestre pour raisons de sécurité et à une décision de justice en faveur du propriétaire, Electrabel.

Les occupants ont été invités dans un premier temps par la police à quitter d’eux-mêmes le bâtiment. Selon le bourgmestre d’Ixelles, Willy Decourty (PS), 19 personnes ont été arrêtées administrativement par la police et ont été toutes ensuite relaxées. Ces personnes refusaient de quitter les lieux et se tenaient par les bras, selon les autorités communales.

L’Office des étrangers était présent sur les lieux mais n’a pris aucune mesure à l’égard des personnes arrêtées en raison d’une demande en ce sens du bourgmestre auprès de la ministre de la Politique de l’asile et de la migration Annemie Turtelboom (Open VLD). « Le Bourgmestre ne voulait pas que les personnes arrêtées soient mises à la disposition de l’Office des Etrangers. Pour des raisons d’ordre public, l’Office des Etrangers n’a pas estimé devoir s’opposer à la décision du Bourgmestre », a confirmé une porte-parole de l’Office des étrangers.

Selon un porte-parole des occupants, les derniers occupants qui ont été arrêtés ont fait l’objet de brutalité policière, ce qui est démenti par le bourgmestre d’Ixelles. Douze des dix-neuf personnes arrêtées administrativement sont blessées et seront examinées par un médecin, selon ce porte-parole. Deux personnes ont été évacuées par ambulance. L’une souffrant d’épilepsie était couchée sur le plancher de l’ambulance lors de son transfert. La deuxième personne se serait blessée suite à une chute, selon les autorités communales.

Le bâtiment était occupé par 600 personnes selon les sans-papiers, de 250 à 400 personnes selon les autorités. « Les pompiers avaient rédigé un rapport accablant qui m’a obligé à prendre des mesures et une décision d’expulsion a été rendue par le tribunal de première instance en référé à la demande du propriétaire. Vendredi, j’ai rencontré les occupants pour leur demander d’évacuer sans difficulté puis les syndicats ont tenté à nouveau de les convaincre lundi », a indiqué le bourgmestre Willy Decourty.

La commune a expliqué qu’elle avait pris contact avec le CASU et Fedasil pour trouver des solutions d’hébergement pour les occupants sans-abri. « Une seule famille a demandé à être relogée », a dit le bourgmestre.

Selon les occupants, plusieurs dizaines d’entre eux se retrouvent suite à leur expulsion à la rue. « On comprend l’attitude du bourgmestre qui a été contraint de procéder à l’évacuation mais aucune solution n’a pu être trouvée pour reloger toutes ces personnes alors que certainement des dizaines de bâtiments publics sont vides à Bruxelles », a réagi Gerardo Cornejo, porte-parole de l’Union de défense des sans-papiers de Bruxelles.

« Le parti socialiste tient un double langage. Il promet depuis des mois une circulaire de régularisation pour les sans-papiers et s’était même engagé à ne pas monter dans un gouvernement sans que cette condition soit respectée. D’autre part un bourgmestre socialiste expulse des sans-papiers sans trouver pour eux d’alternatives et la ministre Arena doit refuser faute de place des logements au sein de Fedasil aux demandeurs d’asile », a-t-il ajouté.

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