http://www.rtbf.be/info/regions/detail_deja-5-bougies-pour-l-occupation-du-numero-123-rue-royale?id=7777392

Cela fait cinq ans maintenant qu’un bâtiment de l'administration situé au 123, rue Royale est occupé par une soixantaine de personnes précarisées; des mal-logés comme on les appelle parfois.  Au départ, cet immeuble de bureaux vides a été occupé de force avant qu'une convention ne soit signée avec la Région wallonne, qui est propriétaire des lieux.

D'un squat, on est passé en cinq ans à un habitat solidaire. Ils étaient 40 au départ, 65 aujourd'hui. Réginald était parmi les premiers occupants du 123 rue Royale.

Il explique: ''Ici, non seulement c’était un projet commun pour habiter ensemble, mais c’était aussi des luttes pour les mal-logés et plein d’autres activités qui ont pu se développer ici pendant ces cinq ans. Chaque année, il y a de nouveaux ateliers qui s’ouvrent, chaque année c’est un peu plus propre que l’année précédente. Ca ressemble en fait de plus en plus à un vrai logement à part entière par rapport à il y a cinq ans où l’on était un peu des naufragés.’’

Des naufragés, unis dans un combat pour le droit au logement, unis aussi dans un projet de vie collective. Aujourd'hui, pour Saïd Deraoui, le co-président de l'ASBL à l'origine de l'expérience, le bilan est plus que positif. ''Après cinq ans, on se rend compte que s’il était resté vide, il serait resté vide pendant de nombreuses années, sans vie, avec probablement une dégradation globale dans le quartier et dans la vie du quartier. Ca montre aussi où se placent le temporaire et le précaire. On a toujours tendance à croire que le temporaire veut dire insécurisant ou veut dire précaire. Ici, tous les gens que j’ai rencontrés ont des objectifs et sont bien installés, et ils sont installés depuis longtemps.’’

Aujourd'hui, l'association reçoit chaque semaine des dizaines de demandes. Voilà pourquoi elle compte bien reproduire l'expérience, comme elle l'a déjà fait à Schaerbeek, rue du Progrès par exemple. Il faut dire qu'à Bruxelles ce ne sont pas les bureaux vides qui manquent.

Pierre Vandenbulcke