http://www.lesoir.be/583973/article/actualite/regions/2014-06-27/familles-en-errance-disposeraient-trois-mois-repit

Vanessa Lhuillier
Mis en ligne il y a 38 minutes 

BRUXELLES Les 28 familles hébergées au Samu social pourraient avoir un délai. La ministre de l’Aide aux personnes, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), a proposé de mettre 390.000 euros supplémentaires à la disposition du Samu social.


Les familles expulsées du Gesù en novembre pourront rester encore trois mois dans les locaux du Samu social.

Les familles expulsées du Gesù en novembre pourront rester encore trois mois dans les locaux du Samu social.

Le Samu social n’ose pas encore se réjouir, mais l’affaire semble être en bonne voie. La ministre de l’Aide aux personnes, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), a proposé de mettre 390.000 euros supplémentaires à la disposition de l’institution pour qu’elle puisse garder les 28 familles vivant dans le centre de l’avenue du Trône. Cet argent leur permettrait de les loger pendant trois mois.

Pour rappel, le 4 novembre dernier, le Samu social a dû prendre en charge une partie des familles expulsées de l’église du Gesù de Saint-Josse. En tout, 130 personnes ont été abritées en urgence rue du Petit Rempart. Quelques jours après, la commune de Saint-Josse a fourni des logements pour neuf familles, quatre autres ont pu obtenir un logement du Fonds du logement à Forest et Anderlecht, et deux ménages ont eu un appartement à Watermael-Boitsfort. Sauf pour les habitations de transit de Saint-Josse, il s’agit de logements obtenus via une convention d’occupation précaire de six mois signée entre la commune, le Fonds du logement et la Fébul (Fédération bruxelloise de l’union pour le Logement) qui doit suivre socialement les familles.

Durant l’hiver, les familles restant au Samu social ont été déplacées vers le centre de l’avenue du Trône afin d’éviter les contacts avec la population habituelle des sans-abri souffrant de pathologies peu compatibles avec la présence d’enfants. Entre-temps, d’autres familles ont rejoint le centre. Une première prolongation a été accordée à la fin du Plan Hiver, mais arrivait à échéance ce lundi 30 juin. Les associations ainsi que la Fébul et le Samu social ont donc tiré la sonnette d’alarme.

En effet, début avril, une cinquantaine de familles occupaient encore le bâtiment. « En onze semaines, nous avons réussi à trouver des solutions pour 25 familles, explique Christophe Thielens, du Samu social. Certaines ont obtenu un logement, d’autres sont rentrées dans leur pays, quelques-unes sont logées par des amis. Il nous reste 28 familles, ce qui représente 103 personnes dont 65 enfants. Nous savons que des solutions existent, mais il nous faut plus de temps. Nous ne pouvons pas tout faire en même temps. »

Afin d’accorder ce délai supplémentaire, la Région a été sollicitée. Une discussion était en cours ce jeudi au gouvernement bruxellois en affaires courantes pour attribuer une enveloppe supplémentaire au Samu social. La ministre Huytebroeck a donc proposé d’ajouter 390.000 euros afin de permettre au Samu social de garder ouvert le centre de l’avenue du Trône pendant trois mois de plus. Ainsi il ne manquera plus qu’un mois pour faire la jonction avec le prochain Plan Hiver. « Nous ne voulons pas calculer ainsi, précise toutefois Christophe Thielens. Nous demandons depuis des années un plan structurel pour toute l’année et un centre spécifique pour les familles en errance. Actuellement, elles vivent dans le stress permanent. J’espère que le prochain gouvernement nous annoncera une solution définitive. »

Le Samu attend donc avec impatience l’enveloppe tout comme les 68.000 euros que doit encore lui payer la commune de Saint-Josse pour avoir accueilli en urgence les expulsés du Gesù avant le début officiel du Plan Hiver. Le bourgmestre Emir Kir (PS) affirme qu’il tiendra ses engagements. Il tenterait d’obtenir cette somme de la Région, qui ne semble pas encline à lui donner.

La demande de « plan 4 saisons » est également relayée par les associations qui travaillent avec les sans-abri et par la Fébul. Elles manifesteront d’ailleurs ce vendredi matin devant la gare du Luxembourg. Pour la Fébul, le travail n’est pas terminé car les familles qui occupaient des logements régionaux ou à Watermael-Boitsfort voient leur convention d’occupation précaire arriver à terme.

Ce mardi, le conseil communal de Watermael-Boitsfort a d’ailleurs voté le lancement de la procédure d’expulsion d’une des deux familles dont la convention a pris fin le 31 mai. Comme elle n’est toujours pas partie, il faudra passer par le tribunal de première instance.

Sur le même sujet