http://www.rtbf.be/info/regions/detail_ixelles-des-enfants-roms-et-leurs-familles-sont-a-la-rue-suite-a-une-expulsion?id=8979929

Ils sont en Belgique depuis plusieurs années. Ils sont originaires de la ville slovaque de Kosice, où la communauté rom est victime de persécutions. Depuis leur arrivée, ils vivent dans des centres d'accueil provisoires, des squats ou en rue. Hébergées pour l'hiver par Fédasil et prises en charge par le Samu social, quatre familles ont quitté ce mercredi leur lieu d'hébergement. Destination? La rue.

Quatre familles roms expulsées - RTBF

Les familles Gazik et Mirga n'en ont pas terminé avec les galères. Malgré l'intervention du délégué général aux Droits de l'Enfant, Bernard De Vos, leur hébergement par l'administration fédérale Fedasil a pris fin ce mercredi. Hommes, femmes et enfants ont rassemblé leurs maigres affaires et pris la direction de la Porte d'Anderlecht pour y passer la nuit sous des tentes. Une situation que Bernard De Vos qualifie "d'indigne". Aucune autorité fédérale ou régionale n'a levé le petit doigt pour venir en aide à ces familles, si ce n'est ponctuellement, dénonce le délégué général aux Droits de l'Enfant. Que vont devenir les enfants, qui ont de 2 à 14-15 ans et suivent, pour la plupart, une scolarité "normale"? Ils n'en savent rien eux-mêmes mais aucune des familles n'envisage de rentrer spontanément en Slovaquie. Là-bas, expliquent-ils, leurs maisons ont été détruites. Les plaintes auprès de la police sont démeurées sans effet. Quand ils se présentent au commissariat, les policiers leur disent de "dégager".

Pas de travail, ni là-bas, ni ici

"Nous voulons travailler", explique l'un des expulsés. "Mais sans papiers, c'est impossible. Et même ceux qui disposent de papiers ne trouvent pas de travail. En Slovaquie non plus nous n'avions pas de travail. Que devons-nous faire?"

Le cabinet du secrétaire d'état à l'asile et à la migration, Theo Francken (N-VA), se retranche derrière la législation. Si ces Slovaques veulent obtenir l'asile, leur demande sera examinée par une instance "indépendante et impartiale", le CGRA (Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides). Sinon, en tant que ressortissants européens, ils peuvent séjourner en Belgique pour autant qu'ils disposent d'un travail ou de revenus suffisants pour ne pas être à la charge de la sécurité sociale belge. Par ailleurs, en tant qu'Européens, ils n'ont normalement pas droit à l'aide de Fédasil mais ont tout même bénéficié de cette "faveur" parce qu'il y avait les enfants, nous précise la porte-parole du secrétaire d'état.

P. Carlot