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Thi Diem Quach

Publié le mardi 15 août 2017 à 15h29

La nuit dernière, ils étaient une quinzaine à passer la nuit dans l'ancien complexe commercial qui fait face au square Léopold. Depuis dimanche, le collectif "mendiant(e)s d'humanité" a investi cet immeuble qui sera prochainement détruit.

"Ici, nous avons de l'eau, de l'électricité et du gaz. Il y a même une cuisine et un frigo qui fonctionnent. Nous disposons d'une surface assez grande de 80 à 100 mètre carré. C'est tout de même mieux que de dormir dehors, de se cacher car on a peur", explique Ludwig Simon, l'un des occupants des lieux.

Pas d'alcool, de drogues ni de cigarettes

Ce squat, c'est forcément mieux que la rue. L'abri de nuit, fermé depuis un mois, ne rouvrira ses portes que lundi. En attendant, tous espèrent pouvoir rester quelques jours encore, voire peut-être plus. "On peut dire que c'est assez luxueux. Il y a des toilettes et de l'eau. Nous sommes tranquilles", raconte Fred.

Parmi les squatteurs, il y a aussi de jeunes sans-abris."C'est tout même plus confortable d'être dans ce bâtiment. On est à l'abri de la pluie et du vent. Quand on va se réfugier à la gare, lorsque le garde passe, nous devons quitter le hall vers 1h du matin. Je vais donc rester ici.", lance Zemo.

Depuis dimanche, de plus en plus de mendiants sont accueillis la-bas et pour veiller au respect de tous, un règlement d'ordre intérieur a été établi. "Ici à l'intérieur des bâtiments, on ne fume pas, on ne boit dans de l'alcool et on ne prend pas stupéfiants. Le  bien de tous prévaut sur le bien d'une seule personne", détaille Ludwig Simon.

Un propriétaire privé

Les squatteurs le disent, ils ne sont pas là pour voler. Ensemble, ils sont prêts à payer les charges en eau et électricité consommées. La ville de Namur et la police locale ne sont pas intervenus car le bâtiment est privé. Il appartient à Besix, promoteur chargé de la construction d’un centre commercial en lieu et place de l’actuel square Léopold. Jusqu'ici, le groupe n'a pas réagi au squat de leur bâtiment.

Cependant, un service de gardiennage privé effectue des rondes pour s'assurer qu'il n'y ait pas de dégradations de matériel. "La police est tout de même venu inspecter l'immeuble pour voir s'il n'était pas insalubre et si nous étions en sécurité. Quant au garde privé, il fait son tour pour voir si nous n'avons rien cassé. Tout se passe très bien et dans le calme", précise Ludwig.

Pas de manche à Namur

Par ce squat, les mendiants dénoncent toujours le règlement communal qui leur interdit de faire la manche dans les rues de la ville. Soutenus par un collectif citoyen, ils estiment que la manche est la seule façon pour eux pour se nourrir. Le règlement communal court jusqu'au 30 septembre. En attendant la nouvelle règlementation prévue pour octobre, ils sont nombreux à ne pas respecter l'interdiction.