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 Publié à 12h32

Ce n'est sans doute qu'un sursis. Mais la vingtaine de sans abris qui squattent un bâtiment situé au Square Léopold, près de la gare de Namur, n'ont pas été expulsés ce vendredi matin.

Installés dans une ancienne boutique du bâtiment appartenant à la société Besix, les sans abris redoutaient l'arrivée de la police et du huissier de justice à 10h. La société Besix avait en effet déposé une requête en urgence, le 29 août dernier, pour faire évacuer le site voué à la démolition dans quelques mois. L'ordonnance de la justice namuroise avait été rendue dans la foulée, autorisant l'expulsion des occupants des anciennes surfaces commerciales "situées aux n°14-15 du Square Léopold". Dans le courrier officiel que nous avons pu nous procurer, le huissier de justice utilise les termes suivants: "signification-commandement de déguerpir", sous peine d'astreintes. Un document en date du 31 août 2017.

Un sursis, sans plus

L'absence de huissier et de policiers ce vendredi matin s'explique par le délai accordé aux occupants, après la signification de la décision d'expulsion. En d'autres termes, les sans abris ne seront pas expulsés ce vendredi. Mais ils pourraient l'être dès ce samedi 06h du matin, voire ce week-end ou lundi. Sur le fond, aucune solution structurelle n'a été trouvée à ce jour. Le bâtiment sera détruit l'an prochain en vue de la reconversion du site. Et aucune alternative (durable) d'accueil de jour n'a été proposée aux sans abris.

Face à la menace d'expulsion, quelques personnes ont déjà quitté le squat. Les autres n'ont pas l'intention de partir. Ils pourraient temporairement profiter d'une petite erreur dans le texte de l'ordonnance. L'adresse mentionnée concerne les n° 14 et 15 du Square Léopold. Or, un des locaux actuellement squatté se situe au n°13.

Quoiqu'il advienne dans les prochains jours, la problématique de l'aide aux sans abris reste d'actualité. "Après le règlement mendicité, on tente aujourd'hui de nous déloger de ce local qui nous sert aussi d'abri de jour", explique Ludwig Simon, coordinateur des sans abris. "La pauvreté gagne du terrain. Mais elle semble déranger certains personnes. Heureusement, il y a un collectif de citoyens qui nous soutient au niveau moral et au niveau pratique".