Metro du mardi 23 janvier 2018

BRUXELLES Trop souvent, les personnes en situation de pauvreté se contentent de « sous-droits ». Au-delà des difficultés matérielles, cela les empêche de participer activement à la société.

Le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale a publié hier son 9e rapport bisannuel pour la période 2016-2017. Il tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne la difficulté d’accès des personnes en situation de précarité à leurs droits les plus fondamentaux.

Le Service insiste sur l’urgence à rendre plus effectifs ces droits. Ces citoyens doivent souvent se contenter de droits au rabais, par exemple d’une adresse de référence (pour garantir leur inscription dans les registres de la population) au lieu d’un toit, ou de colis alimentaires qui ne répondent pas durablement au droit à l’alimentation.

DIFFICILE DE SE LOGER

Les règles remettent en question le simple droit de vivre en famille, ainsi que la solidarité entre amis dans le besoin, estime le Service. La colocation, qui se développe comme moyen d’accéder à un logement abordable, ou la cohabitation sont de fait très compliquées pour les individus qui dépendent des allocations. « Un homme isolé avec enfant et une femme isolée avec enfant qui perçoivent chacun environ 1.200 € de revenu d’intégration sociale ne recevront ensemble que 1.200 €, et non pas 2.400 € », déplore ainsi un participant au rapport.

OBLIGÉS DE SE DÉVOILER

Plus globalement, le rapport souligne que les personnes en situation de pauvreté subissent plus que les autres une pression sur la vie privée. « N’existe-t-il pas trop souvent une vie privée à deux vitesses ? D’un côté, on demande aux personnes démunies de se mettre à nu, on exige d’elles une transparence totale dans la fourniture d’informations. De l’autre, elles n’ont pas suffisamment accès aux rapports que de nombreux services et administrations possèdent à leur sujet », constate Mme De Boe.

Intitulé « Citoyenneté et pauvreté », le rapport 2016-2017 a été remis à la Conférence interministérielle de l’intégration sociale et de l’économie sociale, une structure de coopération permanente entre l’État fédéral, les Communautés et les Régions.

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