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Les associations de lutte contre les immeubles vides et de droit au logement déplorent la situation à l’église du Gesù. Depuis cinq ans, elle ne sert que de dépôt communal.

Voici près de cinq ans, un matin, la police débarquait à l’église du Gesù, rue Royale à Saint-Josse. Les lieux étaient occupés depuis plusieurs années par des familles roms. Ce jour-là, sans concertation avec les associations qui les prenaient en charge, le bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir (PS), ordonne l’expulsion de 220 personnes dont 96 enfants. Les familles sont alors emmenée dans différents centres et de solutions de relogement sont trouvées avec beaucoup de difficultés. En même temps, de nombreuses personnes disparaissent dans la nature.

Un bâtiment toujours vide

Depuis, il ne s’est rien passé dans l’ancien couvent. Les locaux servent d’entrepôt pour la commune. Seul le rez-de-chaussée est occupé. Du coup, les associations qui militent pour le droit au logement ont décidé d’interpeller les politiques à quelques jours du scrutin. De manière générale, elles demandent que les occupations précaires ne soient pas mises à mal tant que le projet immobilier ne sera pas sur le point d’être mis en oeuvre et sans que des possibilités de relogement aient été dégagées pour tous les occupants. Elles souhaitent aussi une construction de logements d’urgence et que soit retirée la loi anti-squat de 2017.

Concernant le Gesù, les associations demandent que le bâtiment soit racheté par la Région afin d’y créer des logements sociaux.

Un projet à l’arrêt

En 2015, le projet de transformation de l’église en hôtel de luxe et près de 70 logements obtient ses permis mais aussi ses recours. L’Arau et InterEnvironnement Bruxelles en déposent un auprès du conseil d’Etat par rapport aux charges d’urbanisme. Pour les associations, elles ne sont pas assez élevées. Du coup, Pierre Buyssens, le propriétaire, ne peut démarrer les travaux. Et cela fait 14 ans qu’il propose des projets, les amendent et engage des avocats pour se défendre devant le conseil d’Etat.

L’an dernier, il avouait penser à jeter l’éponge. Il travaille sur un nouveau projet qui disposerait de 8.000m² de surfaces commerciales et de 14.000m² de logements. Seules les 195 places de parking sont conservées. Pierre Buyssens a déjà investi plus de 25 millions d’euros dans le projet.

A l’heure actuelle, il n’a toujours pas déposé une demande de permis d’urbanisme pour le nouveau projet. Il espère toujours que la décision du conseil d’Etat soit rendue prochainement.

Vanessa Lhuillier/crédit: Belga