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Plusieurs dizaines de personnes sans papiers de plus de 40 nationalités, dont des femmes et des enfants, ont investi lundi matin, dès 8 heures, un bâtiment de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), au Solbosch, au 129 de l'avenue Buyl à Ixelles, a annoncé l'Union de défense des sans-papiers de Bruxelles (UDEP).

L'UDEP entend rappeler par cette nouvelle occupation que l'accord gouvernemental des différents partenaires sur le volet "migration" est, selon elle, prometteur mais particulièrement flou. Le bâtiment de trois étages occupé par les sans-papiers serait vide depuis plusieurs années. Il n'est actuellement alimenté ni en eau, ni en électricité. Une soixantaine de personnes au maximum pourraient dormir sur place. La durée de l'occupation est indéterminée et une grève de la faim n'est pas exclue, selon l'UDEP.

Lundi matin, les nouveaux occupants ont reçu la visite de membres du service de sécurité de l'université qui n'ont pas procédé à ce stade à une expulsion. Les autorités académiques devaient tenir un bureau lundi après-midi. Selon le service communication de l'ULB, un point relatif à l'occupation allait certainement être débattu à l'occasion de ce bureau.

"L'effet d'annonce de l'accord gouvernemental risque de mettre toute réforme en stand-by. La société, y compris l'université, doit se mobiliser pour rappeler au gouvernement ses promesses. Il y a urgence. Nous réclamons un calendrier précis relatif à l'application de mesures concrètes", a expliqué Thomas Durant, un étudiant en Histoire de l'ULB.

"Nous les sans-papiers, nous vivons dans le risque et l'on assume aujourd'hui ce risque. Nous pourrions être expulsés mais il vaut mieux prendre une initiative risquée que de rester les bras croisés", a déclaré l'un des occupants. "Nous aurions pu choisir d'autres alternatives comme le mariage blanc mais nous avons opté pour une occupation digne. Nous sommes rentrés ici par la grande porte, pas par la fenêtre", a ajouté un autre sans-papier. Selon l'UDEP-Bruxelles, le nombre de personnes qui assistent à ses assemblées générales est en augmentation depuis qu'un accord a été trouvé par les partenaires gouvernementaux sur le volet "migration". Cet accord suscite des craintes au sein de l'UDEP. "Il s'agit d'un accord de principe qui n'offre pas de garantie.

Même si un grand pas a déjà été effectué, cet accord doit être encore négocié par les partenaires du gouvernement. Ce sera une partie de bras de fer pour laquelle nous devons mettre tout notre poids", a expliqué Gerardo Cornejo, porte-parole de l'UDEP-Bruxelles.

Des occupants ont critiqué les critères de régularisation retenus dans l'accord gouvernemental et "qui ne sont même pas imposés aux candidats qui désirent obtenir la nationalité belge". Ils craignent d'être exploités économiquement. Les occupants du bâtiment de l'ULB réclament au nom de tous les sans-papiers vivant en Belgique une régularisation de leur situation et un moratoire sur les arrestations et les expulsions des sans-papiers.